Des Boulets Rouges contre un « Bic Rouge » ! ! !

10 02 2009

La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de Communication (HAAC-TOGO) a vertement accusé, lundi 02 février Radio Nostalgie-Lomé et son journaliste Erick Kaglan de défier son autorité et partant, celle du Chef de l’Etat à travers l’animation de l’émission « A Votre Bic Rouge ». Ceci malgré son interdiction verbale.
Cette accusation est intervenue lors d’une réunion qu’une délégation de la radio a eue avec six (6) membres de la HAAC à la suite de l’animation sur Radio Nostalgie du 5ème numéro de cette émission.

Une émission au cours de laquelle les auditeurs notent sur 10 l’action du gouvernement, de l’opposition, de la société civile, des personnalités et des institutions. Ce, depuis lundi 26 janvier 2009.
Un bref rappel,
Pour le tout premier numéro, lundi 26 janvier, il s’est agi de noter l’action du premier ministre comme il l’a d’ailleurs demandé, lui même. Nos auditeurs l’ont crédité d’une moyenne de 2 sur 10.
L’opposition togolaise recueillera, mercredi 28 janvier une moyenne de 4 sur 10 pour sa « désunion ». Une moyenne qui montera à 6 sur 10 le lendemain jeudi 29 janvier, pour la décision de l’opposition parlementaire de se choisir un « candidat commun » pour la Présidentielle de 2010.
Les auditeurs apprécieront également, vendredi 30 janvier, la tournée de présentation de vœux du Président de la république dans plusieurs régions du Togo. Faure Gnassingbé obtiendra au bout du compte une moyenne de 2 sur 10.
******************
La délégation de la radio qui a rencontré la HAAC ce lundi est composée de Kiki Hyacintus, Directeur des Opérations, Fabbi Kouassi, Directrice des Programmes, et Erick Kaglan le journaliste, animateur de l’émission.
La HAAC accuse la radio d’avoir bravé son interdiction verbale du vendredi 30 janvier en animant cette émission le lundi 02 février.
« Ce n’est rien de plus qu’un défi de l’autorité de la HAAC, et même celle du Président de la République », a grogné son président Philip Evenyo. Des propos soutenus tour à tour par ses collaborateurs Pouyi, Gbadayi et Mussa Senghor.
« Nous ne comprenons pas pourquoi vous pouvez encore animer cette émission alors qu’on l’a suspendue, s’est étonné Philip Evenyo, avant de lancer aux représentants de la radio : est-ce qu’on était obligé de vous le signifier par écrit? ».
Il est à rappeler que le président de la HAAC et certains de ses collaborateurs n’ont cessé de faire pleurer les téléphones portables des responsables de Radio Nostalgie en cette mi-journée du vendredi 30 janvier, demandant impérativement à les rencontrer, accompagné du journaliste Erick Kaglan, dans les trois heures qui suivent, c’est à dire à 15 heures.
« Ce n’est pas possible de vous rencontrer au moment indiqué vu le programme très chargé au niveau de l’administration et de l’antenne », leur a expliqué Kiki Hyacintus, le directeur des opérations.
Pour rappel, Nostalgie animait ce vendredi une journée spéciale au sujet du bilan des 100 jours du Premier ministre Houngbo, avec des éditions spéciales toutes les 30 minutes, de 7 heures du matin à 19h30 le soir.
« J’ai alors demandé aux responsables de la HAAC s’il était possible de remettre le rendez-vous à mardi, 03 février », a proposé le Directeur des Opérations de radio Nostalgie au président de la Haac.
Une proposition aussitôt rejetée, la Haac rappelant que sa demande de rencontrer Nostalgie était impérative.
Et suit la décision de la Haac: « Toutes les émissions interactives sont suspendues sur la radio jusqu’à ce qu’il ne soit possible pour les deux parties de se rencontrer ».
« Nous sommes une radio qui respecte l’Autorité et nous avons pris bonne note de ce que vous avez dit », lui a répondu Monsieur Hyacintus.
Après concertation avec le reste de l’administration et l’ensemble de la rédaction, il a été convenu d’envoyer un « fax rapide » à la Haac, lui demandant de notifier sa décision par écrit. Une façon de procéder qui, aux yeux de Nostalgie, serait plus responsable et la mettrait à l’abri de toute interprétation erronée de la décision de la Haac.
« Les écrits restent, les paroles s’envolent « , a t- on coutume de dire.
Nous en resterons là ce vendredi 30 janvier, incertains de ce que sera la suite des événements.
Le couperet suspendu sur la gorge, nous nous retrouvons tous, lundi 02 février à la radio.
Il est 6 heures. Le Journal doit passer à 7 heures sur l’antenne, suivi de l’émission « A Votre Bic Rouge » à partir de 7 h 30. Rien ne prouve toujours à la rédaction de Nostalgie l’interdiction de la Haac.
« Que dire aux auditeurs? Que leur émission ne passe plus?
Et pour quelle raison? », se demande l’équipe de la rédaction.
Soudain, il nous vint à l’idée d’animer un « A Votre Bic Rouge Spécial », pour évaluer le poids de l’émission avant qu’elle ne soit éventuellement interdite. Nous avons alors demandé à nos auditeurs de nous noter sur 10 avec le serment que nous-mêmes, n’étions plus prêts à continuer cette émission si nous n’obtenions pas la moyenne à la fin.
Nous avons reçu des Zéro; nous avons reçu des Dix. En fin de compte, nous avons totalisé 502 points sur 570 parce que le nombre des appels s’élevait à 57 (soit en 25 minutes). Donc une moyenne de 8.80 sur 10.
« Qu’est ce que vous avez voulu nous prouver ?, Que vous avez le soutien de vos auditeurs ? Ou bien, vous pensez que si nous voulions vous sanctionner, nous allions vous demander ou demander la permission à vos auditeurs avant de sortir une décision? », nous a demandé le président de la Haute Autorité.
« D’ailleurs, monsieur Erick Kaglan, a-t-il interpelé violemment, pourquoi animez-vous cette émission ?».
« Nous avons décidé d’animer cette émission après le passage à la Télévision nationale du Premier ministre Gilbert Houngbo pour le bilan de ses 100 jours. Quand le journaliste de la TVT lui a posé la question de savoir quelle note il pouvait se donner, le Premier ministre a déclaré que les Togolais étaient mieux placés pour juger son action, a expliqué le journaliste, poursuivant : cela nous a beaucoup inspiré et c’est un démocrate à notre avis, sinon il n’aurait pas fait une pareille déclaration et nous tenons à lui tirer chapeau pour son courage».
Et subitement, à notre grande surprise, cette exclamation du président de la Haac :
« Le Premier ministre… Démocrate !!!».
« Le Premier ministre… Démocrate !!! », a t-il répété sans sourciller.
Une attitude qui nous a tous surpris.
« Philipe Evenyo manquerait-il d’égard au Premier ministre comme c’est le cas avec ses interlocuteurs de radio Nostalgie qu’il considère comme des moins que rien ? », avons-nous murmuré.
« Vous ne valez rien du tout, au même titre que vos collègues de TV7, dont j’appréciais le journal de 20 heures. Mais depuis un certain temps, ni vous, ni eux, ne faites preuve de responsabilité. Des irresponsables !!! Voilà ce que vous êtes. Vous faites preuve de légèreté, de manque d’initiative criard, de manque d’imagination», nous a t-il lancé.
« Nous nous sommes tenus cois dans notre coin étant donné que le moindre acquiescement de tête commençait à être interprété comme un signe de défiance envers la toute puissante autorité », a rapporté Fabbi Kouassi, la Directrice des programmes.
« Nous avons tous acquiescé de la tête ou même souri, quand certains des propos des membres de la Haac nous surprenaient. Et ce qui nous a le plus surpris est qu’ils se soient principalement attaqués à Erick Kaglan, tirant à boulets rouges sur lui », a-t-elle ajouté.
« Au fait, vous comprenez quelle langue ?, a repris le très révérend Philipe Evenyo, avant d’ajouter sur un ton dédaigneux : J’ai parlé français non !!!???
Il poursuit sur le ton d’un éminent professeur de l’Ecole Supérieure de Journalisme d’Agbalépédogan : « On ne crée pas une radio pour la faire entretenir par des auditeurs. Trois émissions interactives sur une radio en une journée, mais… c’est trop !!! Qu’est-ce que vous faites, vous les journalistes ? Le plateau de la rédaction ? Qu’est-ce qu’il fait ? Le journal, les reportages, les émissions ? Vous ne faites rien d’autre que d’ouvrir votre antenne à des quidams, à des indisciplinés ».
Il se tourne de nouveau vers Erick Kaglan : « Je vous écoute souvent ! Il vous arrive souvent de vouloir discipliner certains de vos auditeurs. Et c’est là que moi, je vous trouve malheureux. Non, pitoyable ! Comment vous monsieur Erick, pouvez discipliner les indisciplinés ».
Etc… Etc…
Et la réunion s’est poursuivie en remontrances, en menaces à peine voilées, en intimidations à l’endroit du journaliste, comme en témoigne cet autre propos : « On te parle, tu souris, tu fais des grimaces. Nous tous qui sommes ici pouvons te mettre au monde !!!».
«Et puis vous insistiez que Zeus Aziadouvo, le directeur de la publication de Liberté Hebdo rentre en ligne pour commenter son article qu’il a écrit sur votre radio», s’est étonné le vice-président Pouyi.
Il sera interrompu par son collègue Mussa Senghor qui lance ironiquement au journaliste : « Zeus Aziadouvo, c’est votre mentor ? »
Et les deux en riront pendant un bon bout de temps pendant que nous assistions impuissants à ce qui est convenu d’appeler la fameuse « Opération-Destruction-Nostalgie ».
« Si on peut animer des émissions interactives ailleurs, ce n’est pas possible au Togo parce que le Togo est un pays atypique », est revenu à charge Monsieur Pouyi.
Seul l’ancien ministre Agbéka nous a semblé diplomate et éloquent dans son approche, ne versant pas dans la confusion et le dénigrement comme ses autres collègues avec en tête Philipe Evenyo.
Finalement, il n’y aura pas de décision de la Haac. Ses responsables nous intiment l’ordre de rectifier sur notre antenne ce que nous n’avons pas dit. Chose curieuse, nous nous sommes tués durant cette réunion à leur répéter que nous n’avons jamais dit sur notre radio que « la Haac a suspendu les émissions interactives sur Nostalgie ».
Mais plutôt :
« La Haac veut interdire toute émission interactive sur radio Nostalgie ».
Une façon de présenter l’information qui nous a semblé somme toute assez logique, étant donné que les coups de fil répétés de la Haac étaient à priori de nature à nous dissuader.
En plus, aucune décision formelle ne pouvait attester que nous étions déjà suspendus.
Autre chose, et il est important de le relever.
Ayant mesuré la délicatesse de cette rencontre, nous avons pris sur nous d’enregistrer discrètement les différentes interventions. Le Président de la Haac s’en est rendu compte et a tempêté pour cela pendant un moment. Cela ne nous empêchera pas de continuer à « immortaliser » cet événement.
Après nous avoir proprement sermonnés, la Haac nous libère enfin, mais avec la ferme menace du président Evenyo de « prendre ses responsabilités », si jamais on diffusait « un seul mot de cet enregistrement » sur notre antenne.
« En somme, la rencontre de ce lundi 02 février avec la Haac n’a été rien de plus qu’une tentative d’influence à notre endroit », commentera plus tard Kiki Hyacintus, le directeur des opérations sur les antennes de la radio dans le journal du lendemain matin.
Il ajoutera : « Je pense que le Président de la Haac et ses collaborateurs ont eu des mots très durs à l’endroit de nos auditeurs qu’ils considèrent comme n’importe qui. Cela va de soi étant donné la considération qu’ils ont pour eux. Mais nous, nous disons que nos auditeurs sont importants pour nous parce que sans eux, la radio n’existe pas. Ils sont même allés jusqu’à avoir des mots menaçants envers notre journaliste ».
Lomé, le 03 février 09
La Rédaction de Nostalgie


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