ALAIN MABANCKOU ET SON BLACK BAZAR

11 02 2009

Originaire du Congo, résidant à Paris depuis une quinzaine d’années, amoureux des cols italiens à trois boutons et des chaussures Weston, le narrateur est une sorte de dandy africain qui voit son existence basculer du jour au lendemain lorsque sa compagne le quitte pour suivre un compatriote qui joue du tam-tam dans un groupe qui n’est pas connu en France, ‘y compris à Monaco et en Corse’. Il partage désormais son temps entre sa machine à écrire et le jip’s, un bar du 1er arrondissement fréquenté par la plupart de ses amis, personnages truculents aux noms inoubliables. Tous pensent qu’il s’est mis à l’écriture pour noyer son chagrin et exprimer sa colère. En réalité, c’est le journal d’un homme révolté qu’il entreprend d’écrire, croquant la folie du monde qui l’entoure.

 

(alain mabanckou,écrivain congolais)

(alain mabanckou,écrivain congolais)

Le nouveau roman de l’écrivain Alain Mabanckou s’inscrit dans le prolongement direct de ‘Verre cassé’, sorti en 2005. Toujours aussi truculent, l’auteur y fustige le racisme des ignorants et l’exclusion la plus détestable.

 

 

Celle de votre « frère », de celui qui vous ressemble. Celle de votre voisin, tel cet hypocondriaque acariâtre surnommé “Hippocrate”, un de ces Noirs qui ne sait pas qu’il est noir. Pour Mabanckou, le bazar, c’est celui des immigrés africains qui se retrouvent dans les rues animées du quartier parisien de Château Rouge. On y vend du poisson séché. On y course les femmes tout juste débarquées. Le bazar, c’est surtout celui des communautés, de cet enchevêtrement de parcours, d’origines, de valeurs et de cultures. Enfin, c’est aussi celui d’une vie personnelle sens dessus dessous. Celle de “Fessologue”, cet anti-héros amateur de la « face B » des femmes et largué par la sienne. Parce que l’habit fait définitivement le moine, il est devenu « Sapeur », membre de la prestigieuse « Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes ». A l’attaque en ligne, l’écrivain préfère la subtilité de la dérision et le sarcasme burlesque. Mabanckou replace l’individu au coeur du problème pour mieux le responsabiliser. Et comme dans tous ses livres, le mal est insidieux et ordinaire. La bêtise, partagée par tous, entre gauloiseries anti-négraille et vieux préjugés colonialistes. Au comptoir du Jip’s, ce bar afro-cubain du Ier arrondissement de Paris, les brèves coulent à flot : la dette coloniale, le communautarisme… et les femmes, toujours. Avec ‘Black Bazar’, Alain Mabanckou dresse le portrait d’une Afrique étonnamment désunie, explosant au passage la flopée des mythes importés et fabriqués depuis l’Europe.

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