EYADEMA EN QUELQUES LIGNES…

18 02 2009

(Feu Président Gnassingbe Eyadema)

(Feu Président Gnassingbe Eyadema)

Gnassingbé Eyadema est né le 26 décembre 1935 à Pya au nord Togo, il décédait  le 5 février 2005 à 10 km du sol tunisien. Il a occupé durant 38 ans, de 1967 à sa mort, le poste de président de la République du Togo.

 

Issu d’une modeste famille paysanne , Étienne Eyadéma  est né le 26 décembre 1935  de Gnassimbgé et de N’danida, qui sera connue plus tard comme Maman N’Danida, « mère vénérée des Togolais », et qui fera l’objet de tout un culte personnel. Il perd son père très tôt, qui aurait succombé après avoir été passé à tabac suite à une altercation avec des éléments de l’armée coloniale, les fameux Abongo sodja, dirigés au moment des faits par un certain Alfa Wissi, originaire de la même région que Gnassimgbé, dans des circonstances obscures.

 

Des sources racontent qu’Eyadema, après sa prise de pouvoir, aurait vengé son père en commanditant l’assassinat d’Alfa Wissi. Après la mort de son père, Eyadéma s’inscrit à l’Ecole primaire catholique de Pya, où il ne dépassera pas le cours élémentaire. La légende raconte qu’il était sorti champion des luttes traditionnelles qui servent de rites préparatoires pour le passage de l’adolescence au monde des adultes. En fait, Eyadéma n’était pas champion: il a créé cette légende de toute pièce pour renforcer l’image d’ « élu de Dieu » qu’il s’était créée aux yeux des Togolais. La preuve en est que lors de l’initiation d’un des fils d’Eyadema passant les mêmes rites en 1997, il devait affronter un des fils de celui-là même qui avait battu Eyadéma. Il aurait exhorté son fils à « laver l’affront » que constituait son élimination par le père de l’adversaire de son fils. Ce dernier effectivement lava l’affront et terrassa son adversaire. Après avoir travaillé comme métayer chez un agriculteur de Kabou-Sara, en pays Bassar à l’ouest de Kara, Eyadéma part pour Ouidah au Dahomey voisin, actuelle République du Bénin, où il se fait recruter dans les rangs de l’armée coloniale française en 1954. Envoyé en Indochine puis en Algérie, il atteint le grade de sergent à la fin de la guerre. Suite à l’indépendance politique du Togo et à la fin de la Guerre d’Algérie, Eyadéma et d’autres combattants indigènes de l’armée coloniale sont démobilisés sans autre forme de procès et poliment priés de rentrer dans leurs pays nouvellement indépendants en 1962.

Contrairement aux autres Etats qui avaient incorporé les démobilisés de l’armée coloniale dans les toutes nouvelles armées nationales, l’Etat togolais avait refusé d’incorporer les démobilisés dans la gendarmerie nationale togolaise, officiellement pour des raisons budgétaires. En effet, le président Sylvanus Olympio, alors chef de l’Etat togolais, tenait une ligne budgétaire stricte et dure connue de tous et n’entendait pas du tout gonfler les dépenses de l’Etat en augmentant le budget de l’armée, qui à l’époque comptait 300 hommes et une seule caserne de gendarmerie à Lomé, sous le commandement du commandant Georges Maîtrier, gendarme français envoyé au Togo comme coopérant et conseiller militaire du chef de l’Etat togolais. Olympio aurait proposé aux démobilisés de leur octroyer un fonds afin qu’ils investissent dans le projet de leur choix.

En janvier 1963, Gnassingbé Eyadéma participe activement à l’assassinat de Sylvanus Olympio, premier président du Togo depuis l’indépendance en 1960. Il revendiquera dans la presse cet assassinat.

 

Rejoignant l’armée togolaise, il devient le 1er novembre 1965 chef d’état-major des armées avec le grade de lieutenant-colonel.

Le 13 janvier 1967, Gnassingbé Eyadema renverse Nicolas Grunitzky, second président de la République et prend le pouvoir. Le 15 avril, il devient officiellement président de la république, chef du gouvernement et ministre de la défense.

En 1969, il fonde le Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti unique du pays.

Le 9 janvier 1972, Gnassingbé Eyadema  est replacé  à la tête de l’État par des élections fantaisistes, en 1979, 1986, 1993, 1998 et 2003.

Le 13 janvier 1980 est proclamée la IIIe république.

Le 24 septembre 1986, suite à l’attaque d’un commando à Lomé, les autorités mettent en cause le Ghana et le Burkina Faso qui démentent. Le président Gnassingbé Eyadema, en vertu des accords militaires franco-togolais, demande l’aide militaire de la France. Des soldats français débarquent à Lomé.

En 1990, des grèves et des manifestations secouent le pays. En octobre 1990, l’armée disperse par la force une manifestation de soutien à de jeunes opposants. Les troubles politiques et sociaux au début des années 1990 ont fait plusieurs centaines de morts.

En avril 1991, Gnassingbé Eyadema est obligé d’instaurer le multipartisme, suite aux pressions du président français François Mitterrand.

Du 8 juillet au 28 août 1991, se tient une « conférence nationale », qui opte pour la mise en place d’un régime semi-présidentiel, institue un Haut conseil de la République (HCR) et impose la nomination d’un premier ministre.

En décembre 1991, à Lomé, les chars tirent sur les bureaux du chef de gouvernement. Gnassingbé Eyadema récupère alors toutes ses prérogatives. Il fait adopter une nouvelle Constitution le 27 septembre 1992. Le 16 novembre, commence une grève générale de plusieurs mois pour obtenir la neutralité politique de l’armée.

Le 25 janvier 1993, la police tire sur une manifestation de l’opposition à Lomé: au moins 16 morts à en croire les sources médicales, plus de 50 selon l’opposition. La Communauté européenne suspend sa coopération.

Le 21 juin 1998, il est réélu lors d’un scrutin contesté par l’opposition et mis en doute par de nombreux observateurs européens qui revendique la victoire pour le candidat de l’Union des forces de changement.

Le 21 mars 1999, le Rassemblement du peuple togolais (RPT) du président Gnassingbé Eyadema remporte la quasi-totalité des sièges du Parlement lors de législatives boycottées par l’opposition. En juillet, Gnassingbé Eyadema s’engage à quitter le pouvoir en 2003 à la fin de son mandat. Un accord est signé entre le pouvoir et l’opposition qui prévoit de nouvelles élections législatives. Plusieurs fois repoussées, elles auront lieu en 2002.

 

Le 8 février 2002, le Parlement procède à la modification du code électoral, déclenchant la colère de l’opposition. Le 27 juin, le Premier ministre Agbéyomé  Kodjo est démis de ses fonctions. M. Kodjo, qui affirme avoir pris la décision de démissionner, se lance dans une diatribe d’une rare violence contre le chef de l’État et son régime. Les législatives anticipées ont lieu le 27 octobre mais sont boudées par les principaux partis d’opposition dits « traditionnels ». Le RPT confirme sa suprématie à l’Assemblée.

Le 30 décembre 2002, le Parlement modifie l’article 59 de la Constitution qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels, ouvrant la voie à une nouvelle candidature de Gnassingbé Eyadema. Le 2 mai 2003, la candidature de l’opposant Gilchrist Olympio à la présidentielle n’est pas retenue par la Commission électorale pour cause de « dossier incomplet » . Le 21 mai, Gilchrist Olympio dénonce « le coup d’État permanent » du chef de l’État.

Le 1er juin, Gnassingbé Eyadéma est réélu pour un troisième mandat de cinq ans avec 57,78% des voix lors d’un scrutin dont les résultats sont contestés par plusieurs dirigeants de l’opposition. Le 20 juin, il prête serment devant sept chefs d’État africains.

En 2004, suite à l’engagement de la tenue d’élections législatives en 2005, l’Union européenne normalise partiellement ses relations avec le Togo.

Il meurt le 5 février 2005, d’une crise cardiaque, loin de sa ville natale alité qu’il était à bord de son Boeing 707 présidentiel Togo 01, 10 km le séparant du sol tunisien ce jour-là.

A l’annonce de son décès, le président français Jacques Chirac a présenté ses condoléances à sa famille en rappelant : « Avec lui disparaît un ami de la France qui était pour moi un ami personnel »

Dès sa prise de pouvoir, par un coup d’État militaire, Gnassingbé Eyadema reçoit le soutien de la France. Il conserve ce soutien de la part des différents présidents français, de Charles de Gaulle à Jacques Chirac. Il est le fer de lance de la politique française et de la défense des intérêts français dans la sous-région.

Les organisations de défense des droits de l’homme, tant togolaises qu’internationales, ont régulièrement dénoncé les atteintes aux droits de l’homme commis par le régime de Gnassingbé Eyadema. En 2003, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) accable le régime dans un rapport intitulé « Togo, l’arbitraire comme norme et 37 ans de dictature » où elle dénonce « la torture systématique dans les commissariats en toute impunité, la justice aux ordres du pouvoir, les prisons surpeuplées et les élections truquées »

Le 5 mai 1999, Amnesty International, dans un rapport intitulé « Le règne de la terreur » accuse le pouvoir d’avoir exécuté des centaines de personnes et jeté leur corps à la mer après la proclamation des résultats de l’élection de 1998.

Alors que la Constitution prévoit que le président de l’Assemblée nationale doit assurer l’intérim jusqu’à la tenue de nouvelles élections, 60 jours après le décès du président en exercice, l’armée togolaise prend le pouvoir à la mort de Gnassingbé Eyadema, prétextant que le président de l’Assemblée nationale n’est pas présent dans le pays. En toute hâte, le parlement élit un de ses fils, Faure Gnassingbé, président de l’Assemblée nationale, et modifie la constitution afin de prolonger son mandat jusqu’à la fin normale de celui de son père.

 

L’Union africaine dénonce un coup d’Etat militaire. Le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, demande que la Constitution soit respectée. La Fédération internationale des droits de l’homme et la Ligue togolaise des droits de l’homme dénoncent la « dictature héréditaire » dans un communiqué.

Le 25 février, suite très certainement aux pressions internationales, Faure Gnassingbé annonce qu’il renonce à la présidence, que des élections seront organisées dans les prochaines semaines et qu’il se porte candidat à la présidence. Il est élu le 4 mai 2005.

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