Le ras-le-bol des expropriés de Lomé 2

12 03 2009

Les victimes veulent rencontrer Faure Gnassingbé

          La construction du Palais Présidentiel de Lomé 2 avait nécessité beaucoup d’espace. Outre le domaine foncier devant abriter le Palais, des raisons relevant de la sécurité du Chef de l’Etat ont été évoquées pour confisquer aux propriétaires terriens de la zone, plusieurs hectares de terres. Des gens qui vivaient ou travaillaient tranquillement la terre dans le périmètre sollicité ont été tout simplement dépossédés de leurs biens. Depuis, ils ont tout perdu et vivent dans la galère.

 

(faure gnassingbé)

(faure gnassingbé)

 

Les victimes de cette mesure d’expropriation ont plus d’une fois déjà, engagé des démarches pour obtenir réparation. Mais leurs complaintes semblent toujours tomber dans des oreilles de sourds.

          On en était là lorsque, dans le cadre des préparatifs du sommet de l’OUA qui devait se tenir à Lomé en 2000, il a été prévu la construction d’une cité avec des villas de grand standing qui devraient servir à loger les chefs d’Etat. Et comme pour bien faire, c’est le site de Lomé 2 qui a été choisi pour abriter cette cité. Suite aux appels de l’Etat, des particuliers et autres entreprises s’étaient portés candidats pour la construction desdites villas. Afin de leur faciliter la tâche, l’Etat avait mis gracieusement les terrains à leur disposition. Dès lors que l’Etat offre gracieusement des terrains à des particuliers pour construire des villas qui en définitive restent des biens privés, les terrains qui étaient naguère considérés comme faisant partie d’une réserve administrative sortent du patrimoine de l’Etat pour devenir la propriété des particuliers en question.

          Il n’en fallait pas plus pour que l’affaire des terrains de Lomé 2 ressuscite. Les premiers propriétaires qui estiment avoir été spoliés au profit d’autres exigent que leurs terres leur soient rétrocédées. Ils ne comprennent pas au nom de quoi l’Etat peut faire cadeau de leur domaine foncier à des particuliers. Et puis, à partir du moment où les terrains confisqués doivent servir à d’autres fins que celles évoquées au moment de la confiscation, ils estiment que le problème de la sécurité du Chef de l’Etat ne se pose plus et qu’ils peuvent rentrer dans leurs biens.

          Au cours de leurs démarches, il avait été proposé à certaines victimes, de choisir entre garder leur terrain ou se faire reloger ailleurs. Mais en réalité, il ne s’agissait que d’une grosse arnaque car toutes les victimes sont encore aujourd’hui logées à la même enseigne. Ceux qui ont accepté de se faire reloger ailleurs ont été, après moult péripéties, réinstallés. Mais en fin de compte, ils ont été chassés par les propriétaires des lieux avec la complicité – passive ou active – de la Justice et sous le regard cynique des autorités. Aujourd’hui, tout comme ceux qui avaient rejeté l’offre de la réinstallation, ils se retrouvent sur le carreau, sans rien et vivent dans le dénuement total. Certains parmi eux ploient sous le poids de l’âge et sont minés par la maladie mais ne peuvent même pas se soigner.

          Selon des informations largement répandues, sous le prétexte de la sécurité du Palais Présidentiel, des hauts galonnés et des barons du régime auraient fait main basse sur des hectares entiers qu’ils se sont partagés au détriment de pauvres populations qui en détiennent les titres fonciers. C’est, dit-on, pour cette raison que les démarches des victimes n’aboutissent pas.

          Depuis plusieurs années, tous les ministres en charge de l’urbanisme et de l’habitat saisis du dossier se sont contentés et se contentent encore de tromper les victimes et de les tourner en bourrique en faisant des promesses qu’ils ne tiennent pas. Certains de ces ministres reconnaissent en privé le bien-fondé des démarches des victimes mais s’avouent impuissants, au motif que cette affaire les dépasse. Jusqu’à quand laissera-t-on perdurer cette situation d’injustice flagrante ?

          Dans un pays qui se respecte et au nom de la Justice, il serait indiqué de procéder à l’évaluation des terrains confisqués et au dédommagement des victimes.

          Des informations indiquent que les victimes envisagent de s’organiser pour rencontrer le Chef de l’Etat afin de lui exposer la situation. Mais Dieu seul sait si les grands voleurs de terrain au nom de l’Etat qu’ils trouveront malheureusement sur le chemin ne leur barreront pas la route qui mène au Palais présidentiel.

 

source:www.togoforum.com


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