Les enseignements d’un processus électoral controversé et dévoyé.

7 03 2010

Le Togo est de nouveau plongé dans une crise politique aux issues incertaines. Comme en 1993, 1998, 2003 et 2005, les résultats du scrutin présidentiel du 4 mars 2010 sont catégoriquement rejetés par l’immense majorité des opposants. De même, les observateurs de la CEDEAO ont relevé des irrégularités dans le dépouillement des votes. Il en est de même de la mission de l’Union européenne. Le mode de compilation des résultats s’écarte fondamentalement des procédures légales. Les partisans de l’opposition regroupés au sein du FRAC ont tenté de manifester le samedi 6 mars à Lomé pour protester contre un nouveau coup d’Etat électoral. Jean-pierre Fabre, président élu du Togo aurait été arrêté ce matin au siège du l’UFC puis relâché. Le retard pris dans la proclamation des résultats confirme les inquiétudes des opposants quant au détournement du vrai verdict des urnes. Les dispositifs parallèles de fraudes déployés par le camp présidentiel constitue également une preuve tangible de la manipulation du choix du souverain peuple togolais. La brutale répression de la manifestation pacifique du FRAC a permis la proclamation des résultats préfabriqués par la CENI de Taffa Tabiou qui vient d’inscrire son nom dans les annales noires de l’histoire du peuple togolais.

La multiplicité des candidats de l’opposition à ce scrutin présidentiel évoquée comme une justification de la victoire de Faure Gnassingbé constitue tout simplement une pléthore insignifiante. Cet argument est démenti par la vérité des urnes. Le peuple togolais aspire dans sa grande majorité à une alternance politique. Cette alternance est la seule et unique condition d’une véritable, réelle et sincère réconciliation au Togo. Une autre démarche serait tout simplement une manœuvre dilatoire destinée à gagner du temps et à berner l’opinion internationale et la fameuse communauté internationale qui n’existe que de nom.

Le peuple souverain, à travers son choix légitime, vient une fois de plus de désavouer Me Yaovi Agboyibo qui n’a jamais eu un jeu clair depuis le processus de démocratisation du Togo. Le peuple a également sanctionné la CDPA du professeur Léopold Messan Gnininvi. La candidate de la CDPA Brigitte Adjamagbo Jonhson, lors de la rencontre de Paris initiée par François Boko aurait posé deux exigences avant d’intégrer le FRAC, à savoir, travailler avec le pouvoir en place et prendre la présidence de la cour constitutionnelle. Le communiqué laconique que vient de publier le professeur Gnininvi vient confirmer les propos de ceux qui estiment qu’il est au service du régime de Faure Gnassingbé. Qu’attendre d’une cour constitutionnelle qui est une aile marchante du RPT ? En revanche, l’attitude audacieuse de Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo mérite d’être saluée et encouragée. Le peuple togolais n’a pas et n’a jamais eu la mémoire courte. Il sait aussi pardonner pourvu qu’on pose des actes sincères de repentance et de renoncement à ses pratiques contraires à son intérêt général.

Le peuple togolais est un peuple très intelligent et courageux qui détecte vite la fourberie de ses traitres et de tous ceux qui prétendent le manipuler. Le 4 mars 2010, ce peuple martyr a accompli son devoir citoyen et patriotique. Hélas, son choix souverain vient de faire l’objet une fois de plus d’un coup d’Etat électoral. Ce coup n’a pas pu être empêché par le déploiement significatif de touristes, non d’observateurs internationaux. Quels enseignements tirés de cet échec ?

Il y a lieu de récuser la médiation du putschiste et françafricain Blaise Compaoré. Avant la proclamation des résultats, l’axe Lomé-Ouagadougou-Paris et maintenant Accra a beaucoup fonctionné. C’est à la suite des garanties obtenues à la suite de concessions obscures qu’il a été ordonné la proclamation des résultats adaptés à la pléthore insignifiante des candidats dits de l’opposition.

Le nouveau hold up électoral est la preuve que l’élection du 4 mars 2010 est un marché de dupes, un simulacre à des fins extérieures. De même, il rend improbable toute réconciliation au Togo. La Commission vérité réconciliation est une contrainte imposée au régime RPT par l’Union européenne. Ses débuts très laborieux sont compromis par l’obstination du régime RPT à violer systématiquement la vérité des urnes.

Ce nouveau coup d’Etat électoral ne doit surtout pas décourager, déstabiliser, démoraliser tous ceux qui aspirent à un Togo nouveau résolument engagé dans le respect des droits de l’homme, de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance. La nuit est longue, mais le jour vient. La lutte continue.

source: www.togocity.com

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