La cour constitutionnelle légitime un nouveau coup de force électorale.

19 03 2010

(agbéyomé kodjo)

En faisant le choix d’entériner par sa décision N° E-012/10 DU 17 mars 2010, les résultats de l’élection présidentielle, pratiquement dans les mêmes termes que ceux provisoires publiés par la CENI, la Cour Constitutionnelle du Togo, au lieu de dire le droit s’est délibérément rangée au service d’un clan et non de la République du Togo ! En refusant de dire le droit, la Cour Constitutionnelle porte désormais la responsabilité en dernier recours d’avoir légitimé des résultats électoraux entachés de fraude, et d’une certaine manière de perpétuer un système politique dictatorial qui ne dit pas son nom puisqu’il se pare faussement des oripeaux d’une démocratie au rabais.

Par cette décision partiale, et surtout non motivée elle vient de ruiner les espoirs d’une véritable réconciliation nationale au Togo.

En rejetant comme non fondés, tous les recours en annulation formulés par les candidats à l’élection présidentielle du 4 mars, sans pour autant rendre d’avis motivé tant sur la validité (sauf un pour forclusion), que sur les considérations, la Cour Constitutionnelle porte la plus grande responsabilité en dernier ressort, du coup de force électoral qui vient de se produire au Togo. Par ailleurs, la décision N°E-012/10 DU 17 mars 2010, se contente d’égrener une suite de résultats, préfecture par préfecture, et ne livre aucune appréciation sur le déroulement du scrutin, et encore moins sur les motifs qui l’ont conduit à rectifier dans une infime mesure certains résultats.

Si Faure Gnassingbé s’imagine que cet arrêt lui donne la légitimité après laquelle il court depuis 2005, il se trompe sur toute la ligne.

Tant que dans notre pays, toutes les institutions judiciaires sans exception, du premier au dernier degré de hiérarchie, se conduiront comme des auxiliaires partiaux et asservis au pouvoir politique, comment s’étonner que le peuple ne leur accorde aucun crédit, particulièrement à celles qui sont théoriquement chargées de défendre les intérêts collectifs. Il est dommageable pour le prestige de la Cour Constitutionnelle, qui doit en toutes circonstances être irréprochable et républicaine, qu’elle prête encore une fois le flanc aux critiques, en devenant un acteur de ce nouveau coup de force électoral !

Rien n’a donc changé dans l’espace judiciaire du Togo !

Nous nous livrions dès le 15 mars à une analyse du scrutin du 4 mars et des violences post électorales perpétrées par le pouvoir sortant. Nous posions alors trois questions relatives au comportement possible de la Cour Constitutionnelle, tout en sachant que les poser c’était déjà en grande partie y répondre :
-  La Cour Constitutionnelle a-t-elle envie de dire le droit en toute indépendance en invalidant les résultats tels que publiés ou en recourant à des nouvelles élections présidentielles ?
-  La Cour Constitutionnelle jouit-elle de l’indépendance suffisante pour dire le droit, afin de rétablir la justice et la vérité des urnes ?
-  La Cour Constitutionnelle est-elle préservée de toute pression politique ou militaire pour pouvoir dire le droit de manière impartiale sans aucune interférence politique ou autres ?

A la première question le Peuple Togolais répond NON à une écrasante majorité, équivalant aux suffrages volés à tous les autres candidats par Faure GNASSINGBE et ses sbires !

A la deuxième question le Peuple Togolais répond NON à une écrasante majorité proportionnelle au degré de prévarication qui règne au sein des plus hautes institutions judiciaires la République du Togo !

A la troisième question le Peuple Togolais répond NON à une écrasante majorité, proportionnelle au degré de confusion, de partialité, et à l’importance du détournement de la puissance publique au service des intérêts partisans du pouvoir au Togo depuis le 14 avril 1967.

Le tribunal du peuple du Togo ayant jugé, le peuple Togolais sait maintenant qu’il est trahi par bien des institutions, nationales ou internationales, sur lesquelles il aurait dû normalement pouvoir légitimement compter. Il n’a d’autre solution pour faire valoir ses droits à une élection libre et juste, que de continuer plus que jamais de façon intrépide sa lutte, sans baisser la garde pour faire valoir ses droits à la Liberté et à la Dignité !

Nous appelons à la mobilisation générale du peuple Togolais et de sa diaspora, et invitons de tout cœur tous les Patriotes de quelque bord que ce soit à se montrer actifs et déterminés au sein du Collectif pour la Vérité des Urnes (CVU), qui s’engage à mettre en œuvre tous les moyens pour qu’enfin la justice électorale triomphe au Togo !

Tel l’Homme Courageux, allons tous ensemble main dans la main, subtilement et humblement au-delà des limites apparentes qui s’offrent à nous à ce tournant décisif de notre éprouvante lutte pour la Libération Nationale !

Ensemble, défendons résolument et à cœur vaillant la République en péril !

Vive la République, et vive la démocratie apaisée !

Que Dieu bénisse le Togo et chacun de ses enfants !

Lomé, le 18 mars 2010.

Le Président National de OBUTS,

Agbéyomé KODJO.

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