togo, intrusion de la gendarmerie au siège de l’UFC, un témoin raconte

16 04 2010

Mercredi dernier, lorsqu’il sonnait 16 heures, j’ai quitté le marché pour voir si les gens sont déjà arrivés. A mon arrivée, j’ai remarqué qu’on installait les chaises sous l’apatam où devait se tenir la veillée de prières et de chants organisée par le FRAC. Il y avait aussi quelques militants ainsi que quelques vieillards qui étaient assis sous l’apatam. Moi aussi, je me suis installée à côté d’eux. Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre commencent par nous encercler. Vu leur nombre impressionnant, nous avions eu peur. C’est de là que le responsable de la jeunesse nous la recommandé de rentrer dans l’enceinte du siège. Je suis entrée, puis j’ai pris place à l’entrée de la salle de réunion du parti. Soudain, les forces de l’ordre ont fait irruption sous l’apatam et sont rentrées dans l’enceinte du siège. Nous nous sommes précipités pour rentrer dans la salle. Comme cela ne suffisait pas, elles ont commencé à défoncer les portes de l’extérieur. Nous sommes partis nous enfermer dans la douche. Elles sont entrées dans la salle et ont interpellé tous ceux qui s’y trouvaient et emporté quelques objets.

Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre sont revenues défoncer la porte de la douche où nous nous sommes réfugiés. « Vous n’avez encore rien vu », menaçaient-elles. Elles nous ont bastonnés. Et puis, elles nous ont conduits y compris les vieillards, jusqu’au dehors. « Vous n’avez rien vu. C’est à cause de vous qu’on ne dort plus. Vous allez voir », vociféraient les agents.

Lorsqu’ils m’emmenaient, ils ont retiré mon pagne. J’ai crié en leur disant qu’il y avait 15 000 FCFA au bout du pagne et en leur signifiant que ce n’était pas mon argent. Ils ont pris l’argent et me traitaient de pute. Au moment de nous embarquer dans leur véhicule, un agent des forces de l’ordre a mis son doigt dans mon sexe. Quand j’ai riposté, il m’a giflée et son second a fait la même chose pour une amie avec qui j’étais et qui est aussi arrêtée. Ils nous ont dit que c’est ce qu’on leur a demandé de faire. Nous avons pleuré tout au long du trajet jusqu’à la gendarmerie. Là, les agents nous ont demandé de nous asseoir par terre. Certaines parmi nous protestaient contre le traitement inhumain qu’ils nous infligeaient. Ils nous ont dit : « C’est votre Fabre là qu’on cherchait. C’est à cause de vous qu’on nous dérange. Au lieu de rester tranquille et soutenir Faure, vous, vous défiez l’armée. Vous allez voir ».

Au même moment, les autres militants qui sont arrêtés, sont molestés. Certains parmi eux rampaient au sol. Les femmes âgées qui sont dans le groupe n’avaient d’autres solutions que de pleurer. Après ces exactions, ils nous ont photographiés, ils nous ont remis une ardoise sur laquelle sont écrits nos noms respectifs. La situation que nous avons vécue est inhumaine et dégradante. Je rappelle qu’ils ne m’ont pas retourné l’argent.

Source : libertetg.com

FRONT REPUBLICAIN POUR L’ALTERNANCE ET LE CHANGEMENT (FRAC) UFC, SURSAUT-TOGO, ADDI, ALLIANCE, PSR

Communiqué de presse

Le mercredi 14 Avril 2010, la veillée de prières et de chants organisée au siège de l’UFC par le FRAC et ses alliés a été empêchée par des éléments de la gendarmerie nationale.

Dès 16h00 le siège de l’UFC et ses environs ont été bouclés par un dispositif musclé fort de plusieurs centaines de gendarmes.

Quelques instants plus tard, les éléments de la gendarmerie ont fait irruption dans les locaux du siège de l’UFC qu’ils ont saccagés, emportant le matériel informatique, une dizaine de téléphones fixes, cinq ventilateurs, et le matériel de confection des cartes de membres, avec des milliers de cartes de membres vierges, de même qu’une somme de 22 MILLIONS CINQ CENT MILLE FCFA.

Une centaine de personnes se trouvant sur les lieux, en majorité des femmes, ont été arrêtées et emmenées avec brutalité à la gendarmerie, la plupart menottées et malmenées.

Lors des interpellations et dans les locaux de la gendarmerie, toutes les personnes arrêtées, notamment les jeunes, ont été passés à tabac. Certaines femmes ont subi des touchers vaginaux, des viols et autres traitements inhumains et dégradants. Des rafles se sont poursuivies tard dans la nuit tandis que le siège de l’UFC restait occupé par des gendarmes.

Dans les environs du siège de l’UFC, il y eu des échauffourées entre les jeunes militants indignés et les gendarmes.

Le FRAC condamne avec la plus grande fermeté, les actes de gangstérisme, l’arbitraire et la violence gratuite dont ses membres et sympathisants ainsi que les paisibles populations de Lomé ont été victimes à l’occasion d’une veillée de prières et de recueillement. Il dénonce le cambriolage des locaux de l’UFC par des gendarmes censés protéger la sécurité des personnes et des biens.

Le FRAC exige la libération sans condition de toutes les personnes arrêtées, la restitution immédiate des sommes et des matériels volés ainsi que la remise en état des locaux et des meubles saccagés au siège de l’UFC. Il demande que les auteurs et les commanditaires de ces actes criminels soient traduits devant les tribunaux.

Le FRAC exprime sa compassion à toutes les victimes des exactions, humiliations et harcèlements perpétrés par la gendarmerie.

Le FRAC appelle les populations togolaises à se mobiliser davantage et à participer plus massivement que jamais, à la marche du samedi 17 Avril 2010.

Fait à Lomé, le 15 Avril 2010,

Pour le FRAC,

Le Vice-Président de l’UFC,

Signé

Patrick Lawson

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