La presse togolaise rend un dernier hommage à Radji Yèkini.

20 08 2010

Ils étaient tous là, tous les journalistes de la presse privée toutes catégories, toutes tendances. Malgré les divergences d’opinion ils étaient tous là pour s’incliner devant la mémoire de notre confrère et ami Radji Yèkini Faustin parti accidentellement.

La vie ne tien qu’à un fil. Elle ne vaut rien, mais rien ne la vaut. Deux heures de veillée qui doit permettre aux  journalistes de se rendre compte que nous faisons un métier à risque et ce dernier est permanent. 24h sur 24.

Radji est il mort accidentellement ou faudrait il voir la main de quelqu’un derrière. Une chose est certaine, cette disparition tragique est intervenue à un moment où les journalistes du moins ceux jugés critiques à l’endroit du pouvoir ont leur vie en danger.

Quand on sait que l’intéressé a approché certains confrères et deux organisations de défense des droits de l’homme quant à un dossier sensible, il y a de quoi rester perplexe face à cette mort accidentelle.

On sait qu’au Togo un accident est vite arrivé avec l’état piteux de nos infrastructures, il est vite arrivé par la volonté d’un certain pouvoir qui a mille et une manière d’en finir avec les gens trop gênants.

Quelle est cette information sensible que Radji détenait ? Qui à intérêt à ce que cette information ne soit pas portée à la connaissance des togolais ? Est  ce pour cela qu’il a fait un accident surtout que celui qui l’a cogné serait en vie ?

Autant d’interrogations qui assaillent tout bon sens.

C’est le lieu de rappeler à la vigilance de tous les confrères qui font leur travail en âme et conscience pour un Togo plus juste demain, de faire plus attention dans l’exercice de notre profession. Ceux qui ont une moto comme Radji et ou qui prennent des taxis motos non seulement doivent redoubler de vigilance mais doivent  s’acheter un casque.

Une chose est sûre, si Radji avait un casque, il serait des nôtres sur le terrain de reportages en ces temps chauds où les gaz lacrymogènes sont les choses les mieux partagées sur le terrain en ces temps de vives tensions et de crises profondes.

La disparition de Radji pose d’autres problèmes liés aux conditions mêmes des journalistes.

Combien sont ils payés tous ces jeunes qui ont eu le tort d’embrasser un métier qui les passionne ?

Comment sont ils traités par ces patrons qui n’ont aucune notion d’une entreprise de presse et qui continuent de gérer les radios, les télés, les presses écrites comme des épiceries.

Ces patrons qui mangent la laine sur le dos des mordus du micros  et de la plume menant une vie de prince à s’offrant des voyages, des femmes à gogo, en puisant comme ce n’est pas permis dans les caisses de la boîte, en plaçant leurs copines, leurs bureaux ou leurs enfants sur les opportunités de stages de perfectionnement sont les premiers responsables de ces genres de situation .

Il nous revient à nous autres qui se disent victimes de ces patrons d’œuvrer pour la convention collective tant clamée sur tous les toits. Mais pour y arriver nous devons avoir des organisations dignes de  ce nom qui se respectent mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

Le réflexe pour un journaliste qui serait en danger n’est pas d’alerter une organisation de la profession mais des structures internationales comme le haut commissariat des nations unies aux droits de l’homme (HCDH). La crise de confiance est là, si les journalistes ne peuvent plus avoir confiance en d’autres journalistes, il faut avoir le courage de reconnaître que le malaise est là et mérite d’être combattu. Vouloir se comporter comme si tout va bien dans le meilleur des mondes est pure hypocrisie.


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