Togo : l’inexorable naufrage de Faure Gnassingbé ?

15 07 2011

Avec la déclaration du 6 juillet 2011 de l’ambassadrice des USA au Togo, Mme Patricia HAWKINS, le CVU se demande si pour une fois les chancelleries occidentales au Togo auront le courage d’abandonner la langue de bois diplomatique pour allier à la défense de leurs intérêts géostratégiques celle de la juste cause de l’épanouissement du Peuple togolais.

Le CVU prend acte de ce que la diplomate américaine a malgré elle constaté ce qu’il n’a de cesse de seriner depuis des mois, à savoir que le Togo sous la gouvernance de Faure GNASSINGBE est un Etat failli où l’éthique a déserté le champ de l’action politique.

Mais il y a quelque chose de troublant dans les propos de l’ambassadrice qui est affirmative sur les prétendus succès du régime en place et adopte une surprenante forme interrogative en abordant les graves dérives politiques, économiques, et les violations massives des droits humains dont est coupable le régime de Faure GNASSINGBE, de même que la corruption qui gangrène plusieurs secteurs d’activité et une partie de l’administration judiciaire

En rendant un hommage laudatif à la contre vérité des urnes consacrée par la présidentielle de mars 2010 qui a maintenu Faure GNASSINGBE au sommet de l’Etat, la diplomate américaine a révélé à ceux qui en doutaient encore les desseins réels d’une certaine diplomatie occidentale au Togo. Ce discours lénifiant sur la bonne gouvernance et les qualités des Togolais est un satisfecit du coup d’état permanent institutionnalisé au Togo, et fait fi du rapport de la Mission d’Observation Electorale de l’Union Européenne (MOEUE).

Face à l’ébullition du front social et à la violence d’Etat opposée, le silence du corps diplomatique sur la détresse du peuple togolais dans un contexte de grave marasme politique, social et économique, devient fort troublant. Ce silence pesant interroge par ailleurs sur sa complicité de fait avec les tenants du statu quo actuel qui sert aussi bien les intérêts étrangers qu’il profite à Faure GNASSINGBE et la Nomenklatura au pouvoir. A ce titre le bilan de la gouvernance politique, économique et sociale de Faure GNASSINGBE durant le premier semestre 2011 est évocateur quant au questionnement du CVU sur le rôle des chancelleries occidentales au Togo !

Les derniers développements de l’actualité sociopolitique à la fin du premier semestre 2011 ont révélé davantage que le Pouvoir de Faure GNASSINGBE est une imposture qui ne tient que grâce à l’attentisme du Peuple togolais quasi démobilisé et désabusé par le manque de vision stratégique de ses leaders politiques. La mobilisation exemplaire des partis politiques et de la société civile dans le cadre de la crise universitaire a révélé une fois de plus qu’une plateforme commune des forces de l’alternance et du changement démocratique au Togo constitue la meilleure alternative pour ébranler la dictature néocolonialiste de Faure GNASSINGBE, et mettre un terme à l’arbitraire et aux crimes sur la Terre de nos Aïeux. C’est bien l’unique point pivot qui doit être privilégié pour crédibiliser davantage le difficile et intrépide combat que mène depuis plus de quatre décennies le Peuple togolais pour la véritable Libération Nationale et la prospérité partagée.

1. Bilan synoptique des événements politiques du premier semestre 2011
- Accord RPT/AGO : échec cuisant sur tous les plans, frisant un acte de traitrise du Peuple togolais, par la coalition au pouvoir
- Absence de réformes politiques et institutionnelles, malgré la signature depuis août 2006 de l’APG
- Absence de volonté politique pour la mise en place d’un cadre électoral fiable et transparent garant de la vérité des urnes au Togo, pour preuve toutes les observations pertinentes contenues dans le rapport de la MOEUE à l’issue de la présidentielle du 04 mars 2010 sont restées lettre morte

- Perpétuation des coups de force politico-juridiques avec la tentative de modification unilatérale de la Constitution en juin dernier

- Violation massive des droits humains et constitutionnels avec une violence d’Etat sans précédent
- Malaise sans précédent au sein de la Nomenklatura (divers scandales de corruption, graves différends politiques) et incapacité de restructuration stratégique de l’opposition

- Aggravation de l’impasse politique avec l’assignation à domicile les jeudis du président national de l’ANC, Jean Pierre Fabre, et le refus délibéré d’un véritable dialogue avec l’opposition, la société civile et la diaspora togolaises.

2. Bilan synoptique sur le plan économique du premier semestre 2011

-  Budget 2011 assez faible malgré le niveau d’activité économique du pays et l’allègement du service de la dette

-  Manque de traçabilité des recettes fiscales, douanières, et absence de transparence dans la gestion des sociétés d’Etat

-  Coût prohibitif des denrées de première nécessité en dépit de la cascade de remises des dettes et des appuis budgétaires des pays occidentaux

-  Absence d’une politique économique audacieuse et créatrice de valeur ajoutée pour véritablement poser les jalons du développement économique du Togo

- Persistance de l’inégale répartition des fruits de la croissance.

3. Bilan synoptique des événements sociaux du premier semestre 2011

-  Cherté de la vie avec absence de visibilité des fruits de la croissance

-  Désespérance accrue de la population

-  Ebullition du front social : crises dans les milieux universitaire, de la santé et dans lieux d’extraction de richesses du sous sol (Vogan, Hahotoé, Bandjéli)

-  Absence de véritable politique sociale ambitieuse : aucune initiative pour préserver la population des effets néfastes des cycles d’inondation que connaît le pays, aucune mesure d’urgence pour réduire les prix des produits de première nécessité et alléger le panier de la ménagère, pas de plan stratégique de lutte contre le chômage endémique des jeunes.

4. Analyse

Les événements majeurs qui ont jalonné l’actualité sociopolitique et économique au cours du premier semestre 2011 indiquent sans ambigüité que le Pouvoir RPT/AGO est loin de combler les attentes légitimes de la population.

Le problème de la légitimité de Faure GNASSINGBE et de son Gouvernement ne fait que s’aggraver étant donné que sur le plan politique aucun consensus national n’a émergé sur la gouvernance du Togo. Les réformes politiques et institutionnelles n’ont pas été faites, et le dialogue politique annoncé pour sortir de l’impasse n’a guère vu le jour nonobstant les engagements publics de Faure GNASSINGBE. En lieu et place, c’est l’apologie de la violence d’Etat avec la violation systématique des droits humains et constitutionnels à tous les niveaux.

Sur le plan économique, un an après la déclaration de juillet 2010 de Philip ENGLISH de la Banque Mondiale selon laquelle « le Togo est un pays potentiellement riche mais mal géré », le constat de la mal gouvernance reste d’actualité comme l’atteste la déclaration du 6 juillet 2011 de la diplomate américaine, Patricia HAWKINS. Le Togo demeure un Etat dépendant et failli nonobstant l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE dans la mesure où aucune réforme structurelle de taille dans le sens du développement de capacités productives n’a été menée. La croissance clamée de 3,5% du PIB en 2010 est loin de s’allier à la vérité des comptes publics dans la mesure où le Togo continue par faire les frais d’une piètre gouvernance économique due à la défaillance chronique et entretenue de véritables organes de contrôle. Il en résulte la pauvreté déshumanisante de la population dont la désespérance est indicible.

La conséquence du pilotage à vue politique et économique de Faure GNASSINGBE est l’absence de politique sociale ambitieuse de prospérité partagée, d’où le désastre social actuel marqué par l’ébullition du front social en plus de la tension politique. Le drame, c’est que tout cela laisse de marbre le pouvoir RPT/AGO qui ne tient même pas ses engagements vis-à-vis du personnel de la santé et des étudiants dont la grogne a été sans précédent ces dernières semaines.

En témoigne le non paiement de l’appoint annuel 2009 de 180.000 FCFA aux professionnels de la santé de 25 districts sanitaires sur 35 et 4 CHR sur 6 contrairement aux engagements pris en juin dernier par le Pouvoir RPT/AGO pour la levée de la grève du SYNPHOT. De même que l’absence d’accord avec le MEET (divergences sur les crédits octroyés dans le cadre du système LMD, sur le délai de report des examens de fin d’année académique, et non levée totale de la décision de radiation des universités du Togo du président du MEET, Adou Séibou) pour une issue heureuse de la crise universitaire. Ce qui ne laisse présager rien de bon pour l’avenir du pays dans la mesure où le SYNPHOT et le MEET menacent de reprendre le chemin de la contestation.

Ces quelques constatations indiquent à suffisance que le Pouvoir RPT/AGO n’est pas crédible, et de surcroît Faure GNASSINGBE dont la duplicité et le cynisme politique ne sont plus à démontrer. La conclusion est que Faure GNASSINGBE n’est pas un interlocuteur fiable, encore moins un visionnaire et un stratège homme d’Etat à même de sortir le Togo de son impasse actuelle. Seule sa démission sans délai peut éviter à la Terre de nos Aïeux le pire cataclysme de son histoire !

5. Perspectives

-  Impérieuse nécessité de constituer le Front des Indignés du Togo (FID) pour exiger la démission sans délai de Faure GNASSINGBE et de véritables réformes politiques et institutionnelles

-  Devoir de vérité et de responsabilité des chancelleries surtout occidentales au Togo pour faciliter un véritable processus de transition démocratique

-  Nécessité d’ouvrir sans délai un véritable dialogue national qui associe toutes les forces du pays et de la diaspora pour mettre en place une feuille de route et un plan de relance stratégique en vue d’une sortie de crise heureuse pour une véritable relance socioéconomique et politique du Togo.

Le point pivot de la contestation sociale à savoir la justice sociale et la prospérité partagée doit devenir pour toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier l’axe de convergence pour réclamer à l’unisson la démission pure et simple de Faure GNASSINGBE et de sa bande de prédateurs pervertis. Face à l’intraitable mauvaise foi caractérisée du Gouvernement comme l’illustrent les lendemains de l’accord conclu avec le SYNPHOT et de l’annonce d’annulation de la décision de radiation de six années des universités du Togo du président du MEET, Adou Séibou, plus rien n’autorise l’illusion d’un quelconque consensus politique avec le Pouvoir RPT/AGO qui a délibérément choisi le mépris de la condition humaine et la carence d’éthique comme pierre angulaire de sa gouvernance.

Tout indique qu’inexorable est le naufrage de Faure GNASSINGBE car le Togo est en déficit sévère d’autorité, de vision stratégique et de vertu politique. L’armée, la classe politique, la société civile et la diaspora togolaises auraient intérêt à choisir dès à présent la stratégie gagnante à même de sauver le navire Togo et ramener rapidement la confiance en vue de la refondation démocratique, morale et spirituelle de la Terre de nos Aïeux !

Dr Edem Atsou KWASI

Coordinateur International Provisoire

Sylvestre APEDO

Secrétaire International Provisoire

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