la societe civile togolaise en panel a Geneve.

5 10 2011

Les droits de l’homme on ne le dira jamais assez restent sont attachés aux idées sous-jacentes contenues dans les divers instruments internationaux que  notre pays, le Togo, a ratifiés ou auxquels il a adhéré. Ce sont, entre autres, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP) et son Protocole facultatif, le Pacte International relatif aux Droits Économiques, Sociaux et Culturels (PIDESC), la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) qui énoncent tous des principes qui sont également contenus dans la Constitution togolaise du 14 octobre 1992, la loi fondamentale qui régit la vie de notre nation.

Ce sont pèle mêle ses outils ses instruments de référence qui permettent à la société civile de défendre les droits humains.

 Mais  dans une situation sociopolitique aussi trouble que la notre où l’autorité de l’État même est  ébranlée par des crises où les  ressentiments au sein des populations sont palpables, le combat de la société civile pour le respect et la sauvegarde des droits et libertés fondamentaux n’est pas du tout aisé. Dans ce paysage quel peut être la contribution de la société civile en matière de défense des droits de l’homme ?

Mesdames et messieurs, mes propos seront très brefs et se résumeront en quelques interrogations et propositions.

Vu le libellé du thème on se demanderait si c’est une colle ou une répétition mais telle que formuler nous nous devons d’y réfléchir une énième fois. Contribution des organisations de la société civile à l’effort de défense des droits humains au  Togo

Mais au fait qu’est ce que la société civile togolaise n’a pas fait à l’effort de défense des droits de l’homme se demandent beaucoup d’acteurs? (séminaires, ateliers, conférences, tables rondes, panels, plaidoyer, lobbying, publication de rapport et bien d’autres

La société civile a fait beaucoup et continue de secouer le cocotier de ceux qui n’ont pas compris que les droits humains sont sacrés et inaliénables  et que la question des droits de l’homme ne concerne pas seulement les autres mais nous tous et ont tendance à les violer allègrement.

Imaginer un seul instant le Togo sans la société civile malgré   insuffisances?

Mais l’autre interrogation qui mérite une étude approfondie est que fait au juste la société civile togolaise ? Quelle est sa contribution ?

Car le constat est amer aujourd’hui avec une société civile désorganisée, manipulée, divisée, politisée. N’ayons pas peur des mots. La société civile togolaise est malade des ses responsables, de ses membres, des acteurs politiques qui gagnent à diviser cette force active sensée peser de tout son poids auprès des décideurs en vue d’obtenir le bien être et le mieux être pour tous  sans distinction, qui gagnent à coopter certains de ces responsables non représentatifs pour siéger au sein des instances en vue de jouer le jeu des politiques.

« Nous ne jouirons pas de sécurité sans développement, nous ne jouirons pas de développement sans sécurité et nous jouirons de rien sans le respect des droits de l’homme comme le martelait il y a quelques année koffi anan alors secrétaire général des nations unies.

Que fait la société civile togolaise, si ce n’est cette interminable guerre de leadership, la course aux privilèges et aux rencontres internationales.

Or notre apport en matière de défense des droits humains est déterminant et ne peut être efficace avec  ses tiraillements qui caractérisent notre société civile.

En réalité que peut apporter dans la durée une telle société civile, déjà fragile et fragilisée dans un pays où le combat pour le respect des droits humains est plus qu’une priorité. Dans un pays où la torture a repris ses droits de cités, où l’insécurité arrive à être un fait divers, où l’impunité à pignon sur rue, où la justice est tout sauf indépendante et aux mains du pouvoir, s’aplatissant devant les galons de la hiérarchie militaire,  où l’armée est toute puissante et loin des vertus républicaines, donnant des ordres à l’institution judiciaire,  où l’accès aux premiers soins dans les hôpitaux publics est un casse tête chinois, où les représentants du peuple peuvent être chassés du parlement, où les députés sont jugés sans levée de leur immunité parlementaire,  où les résultats des urnes ne reflètent jamais l’expression de la volonté populaire,  où des citoyens peuvent être arrêtés pour un oui ou pour un non, où les togolais sont traqués, suivis permanemment, et mis constamment sur écoute téléphonique etc.

Et pourtant malgré cette atmosphère délétère dans laquelle elle travaille, la société civile togolaise n’a jamais cessé de tirer sur la sonnette d’alarme sur des cas de violations des droits de l’homme.

Elle multiplie à cet effet, le monitoring et la documentation sur les cas de violations, les rencontres avec les autorités compétentes, les dénonciations  par voie de presse, conférences de presse, marches pacifiques de protestation parfois violemment réprimées, publication de rapports constatant des cas de violations.

 Le Togo et les togolais ont plus que besoin d’une société civile responsable et travaillant en synergie pour des résultats probants. Chers acteurs et défenseurs, notre combat vise le respect des droits des faibles et des forts, des victimes et des bourreaux, des accusés et des accusateurs, des opprimés et des oppresseurs, de ceux qui auront toujours raison et de  ceux qui auront toujours torts.

Comme le souligne Mary Robinson du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, nous devons comprendre le rôle des droits de l’homme comme l’autonomisation des individus et des communautés. En protégeant ces droits nous pouvons aider à prévenir les nombreux conflits  fondés sur la pauvreté, la discrimination et l’exclusion sociale, économique et politique qui continuent d’affliger l’humanité et de détruire des décennies des efforts de développement. Ce cercle vicieux de violations des droits humains qui conduit à des conflits qui à son tour conduit à davantage de violations doit être brisé. Et, je crois qu’en tant que société civile nous pouvons et devons briser ces chaines en luttant pour le respect de tous les droits,  de tous les êtres humains.

Les dernières actualités de ces derniers mois, de ces dernières semaines et de ses derniers jours au Togo avec l’affaire redémarre et l’arrestation et la détention arbitraire  de son promoteur Sama Essohamlon, avant sa récente libération,  l’arrestation  de l’homme d’affaire togolais Bertin agba qui a subi les affres de la torture à l’ANR, menotté sur son lit de malade et transféré dans une prison autre que celle relevant du ressort de la juridiction d’instruction chargée de son dossier  et surtout  le procès de kpatcha Gnassingbé demi frère du chef de l’état  et Co accusés et ses révélations  qui continuent  d’alimenter les conversations au pays, nous démontrent à suffisance chers défenseurs que notre combat ne fait que commencer. 20 ans après le début de la lutte démocratique avec la création de la CNDH et de la première association de défense des droits de l’homme, la ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH), la lutte pour le respect des droits de l’homme, de la dignité de l’homme reste un vaste chantier où chaque acteur doit jouer sa partition pour sauver les hommes, tous les hommes parce que nés libres égaux en dignité et en droits comme le stipule la déclaration universel des droits de l’homme en son article premier.

Car aujourd’hui par exemple, la prison peut devenir notre domicile à tous. Ceux qui ont soutenu que la prison n’est pas un hôtel quatre étoiles pour qu’on y améliore les conditions de détention reviennent  à de meilleurs sentiments et doivent  œuvrer  plutôt pour  l’amélioration des conditions carcérales.

Les exemples démontrent de part le monde que la société civile peut influencer significativement, positivement le développement et participer activement à la mise en œuvre des droits humains.

En toute modestie et pour notre part pour une meilleure et nouvelle contribution de la société civile à l’effort de défense des droits humains, nous proposons que soit tenu dans les meilleurs délais les états généraux de la société civile togolaise pour remettre tout à plat et repartir sur de bonnes bases où seul le respect de la dignité humaine sera au centre de toutes les actions.

L’élaboration de nouvelles stratégies en matière de défense, de promotion et de protection des droits humains

L’élaboration d’une politique de communication en matière de défense des droits de l’homme pour  une sensibilisation plus accrue des populations

Le passage du Togo, notre pays à l’EPU nous démontre encore une fois que tout ce joue dans nos pays et tout dépend de la bonne organisation de la société civile qui une fois mieux organisée avec les moyens adéquats  arrivera certainement à influer sur le cours des évènements et des décisions. Sans cette organisations  les formules toutes faites  du genre nous félicitons l’état x pour ses efforts, nous encourageons l’état y à mieux faire, nous souhaitons meilleurs vœux à l’état Z, les jargons du genre tout va bien alors que rien ne va vont continuer de plus belle. La balle est donc dans notre camp.

J’aimerais conclure avec cette réflexion de Koffi Anan. Même s’il peut voter choisir ses chefs, un jeune homme atteint de sida qui ne peut ni lire, ni écrire et vit dans la misère n’est pas réellement libre. De même, si elle gagne assez pour vivre, une femme qui vit dans l’ombre de la violence quotidienne et n’a aucun mot à dire dans la façon dont son pays est dirigé n’est pas vraiment libre.

La société civile a l’impérieux devoir d’œuvrer à plus de liberté, de respect de l’être humain car les hommes et les femmes du monde entier ont le droit d’être régis par leur propre consentement, sous la loi dans une société où tous les individus peuvent sans discrimination vivre librement

Mesdames et messieurs chers défenseurs, pour une contribution efficace à l’effort de défense des droits humains, taisons nos divergences, nos intérêts personnels  et mettons l’homme, tout individu qui vit sur le territoire, le togolais  au centre de nos préoccupations,  car Œuvrer pour les droits de l’homme pour tous est la seule alternative pour un monde plus juste et plus paisible. Nous tenons tous cette hypothèse pour vraie que la défense des droits de l’homme reste un sacerdoce et une conviction et ne peut y faire carrière que des individus effectivement convaincus et forts engagés.

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