TOGO: Détention arbitraire et torture au Togo.

5 10 2011

Arrêtés en juillet 2010 pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’Etat
puis torturés à l’ANR, deux proches de Yamgnane lancent un cri de détresse

A la longue liste des victimes de l’arbitraire du régime togolais,
viennent s’ajouter des noms de deux militants de l’opposition
appréhendés en juillet 2010 pour « groupement de malfaiteurs et
tentative d’atteinte contre la sûreté de l’Etat » et gardés à la prison
civile de Lomé depuis lors sans jugement. Ces personnes, comme de
nombreuses autres, rapportent avoir été l’objet de torture et de
traitements dégradants et inhumains dans les locaux de l’Anr, point de
passage obligé des personnes soupçonnées de vouloir attenter à la sûreté
du fauteuil présidentiel.

« Groupement de malfaiteurs et tentative d’atteinte contre la sûreté de
l’Etat », ils sont nombreux ces Togolais qui croupissent dans les geôles
du pays pour ces deux chefs d’accusation taillés sur mesure pour les
adversaires du «Prince». C’est le cas de deux jeunes proches du
Franco-togolais Kofi Yamgnane appréhendés en juillet 2010 à la suite de
l’élection présidentielle et gardés jusqu’alors à la prison civile de
Lomé. Il s’agit de MM. Azanléko Dosseh Kpanou Narcisse et Assima
Innocent Kokou.

Selon les informations, il est reproché à ces deux jeunes hommes d’avoir
voulu renverser les institutions de la République quelques mois après
l’élection présidentielle de 2010. Il y a donc plus de 17 mois que ces
deux jeunes croupissent en prison, sans jugement. Ont-ils réellement
commis ce dont ils sont accusés ou sont-ils étrangers à tout cela ? Nul
ne saurait le dire. Ce qu’on sait avec certitude, c’est que le droit à
la présomption d’innocence de ces accusés a été royalement bafoué, ce
qui fait de facto d’eux, des coupables tout faits aux yeux de leurs
détracteurs.
D’après les informations recueillies des sources proches du dossier, ces
deux personnes ont été arrêtées le 1er juillet 2010 par les Services de
renseignement intérieur (Sri) dépendants de la Gendarmerie nationale qui
les ont immédiatement remises entre les mains de Massina Yotroféï pour
faire l’expérience des conditions carcérales qui ont cours à l’Anr. « A
la suite de leur arrestation, ils ont été conduits et gardés à l’Anr
pendant 105 jours (plus de 36 mois). Pendant tout le temps passé là-bas,
ils ont été torturés et ont aujourd’hui des séquelles sur le corps »,
rapporte une source sous le sceau de l’anonymat. Ces jeunes opposants,
soulignent cette source, étaient menottés le bras droit contre le pied
gauche et le bras gauche contre le pied droit, et parfois les mains
contre le lit de leur cellules, ce qui réduisait leur liberté de
mouvement. « Ils ne sont même pas capables de tuer une mouche»,
s’indigne cette source. Certains prévenus avaient même parlé de leur cas
lors du procès Kpatcha Gnassingbé et coaccusés.

Après avoir subi toutes les différentes formes de tortures, russe,
chinoise, française, japonaise… ils ont été reconduits à la Sri qui les
a ensuite déposés, quasi mourants, à la prison civile de Lomé où ils
croupissent jusqu’à présent, dans l’indifférence aussi bien des partis
de l’opposition, des Organisations de défense des droits de l’Homme que
des représentations diplomatiques en place au Togo. « Ils sont
actuellement gardés à la prison civile de Lomé et surtout, abandonnés à
leur triste sort sans secours », dénoncent leurs proches.

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