Togo, l’opposition doit sortir de la stratégie des faux dialogues même sous l’impulsion de la communauté internationale ou de la hiérarchie catholique qui se comportent en alliées de la dictature de père en fils. Koffi Yamgnane fait une analyse pertinente sur la question…

15 03 2013

15036Que valent les dialogues et pourparlers en Afrique ? C’est l’interrogation que soulève le franco-togolais Kofi Yamgnane (photo) dans un pamphlet dont l’Agence Afreepress a obtenu copie. « … le Togo entame aujourd’hui son 20e dialogue en 20 ans ! Le record africain absolu ! Il s’en est tenu à Lomé, à Strasbourg, à Paris, à Ouagadougou… etc. Nous avons vu passer des facilitateurs de tous ordres et de tous niveaux, rien n’y a fait », écrit avec regret le patron de Sursaut-Togo qui poursuit son argumentaire en s’interrogeant sur les nouvelles tentatives de dialogue inter-togolais entamées par le « G5 » et un « haut dignitaire de l’Église catholique ». « Réussiront-ils là où les nombreux autres ont échoué ? On est en droit de s’interroger », avance le candidat recalé aux élections présidentielles de mai 2010 pour une question de date de naissance.

Le « G5 », qui regroupe selon M. Yamgnane, les ambassades de France, d’Allemagne, des États-Unis ainsi que l’Union européenne et le PNUD conserve « peu » de chance de réussir dans sa mission. « Concernant les délégations étrangères accréditées au Togo et regroupées pour la cause, sous le pompeux nom autoproclamé de “G5” pour sans doute parodier le G8 ou le G20, nous les avons vues précédemment à l’œuvre, notamment lors des présidentielles de 2010. Quelle plus-value ont-elles apportée réellement ? Malgré les très fortes réserves de la mission d’observation de l’Union européenne (MOE) présidée par un élu du parlement européen, malgré les nombreuses mises en cause des acteurs politiques nationaux, elles ont purement et simplement fermé les yeux. Tous les membres du G5 connaissaient pourtant les termes exacts du rapport des techniciens de la MOE pour les élections présidentielles de 2010. Ils ont eu « in vivo » les commentaires écrits et non écrits du Président de la MOE, le député PPE espagnol Juan de Marfil. Mais contre toute attente, ils ont décidé de fermer les yeux sur toutes les irrégularités du processus électoral dont ils étaient tous témoins pourtant : les chiffres surgonflés du recensement électoral ; le refus par le RPT des bulletins de vote infalsifiables et identifiables à souches, procurés à ses frais par l’UE ; l’existence de bulletins de vote sauvages confectionnés par des imprimeries non moins sauvages installées par le pouvoir à Atakpamé et à Kara ; les inscriptions massives de mineurs et d’étrangers sur les listes électorales ; le jour du scrutin, le tripatouillage nocturne des résultats sortis des urnes, exécuté par le « congrès extraordinaire des présidents de CELI tenu nuitamment d’urgence dans une caserne militaire de Kara ; la « panne » du VSAT… etc., nos diplomates du G5 ont tout couvert et tout légitimé au nom de leurs gouvernements respectifs ! Cette farce a coûté la bagatelle de 16 millions d’euros au contribuable européen et 1 million de dollars à l’américain ! », dénonce l’ancien maire de Saint Coulitz.

L’homme affirme détenir des informations faisant état de ce que « ces diplomates avaient pris comme habitude d’envoyer à leurs gouvernements leurs télégrammes journaliers rédigés à “l’eau tiède” concernant la situation sociopolitique du Togo, pourtant plutôt inquiétante ».

« Si tous ces “spécialistes de l’Afrique”, c’est ainsi qu’ils s’auto-désignent, sont envoyés au Togo sans la volonté de nous aider à faire changer concrètement les choses, alors qu’ils restent dans leurs bureaux climatisés et qu’ils laissent les Togolais régler leurs problèmes entre eux », conseille Kofi Yamgnane qui a également un mot pour la « hiérarchie de l’Église catholique ».

Pour Kofi Yamgnane, la « hiérarchie de l’Église catholique » est « complice » de la situation sociopolitique prévalant au Togo. « Après avoir donné de gré ou de force sa bénédiction à toutes les malversations du RPT sous Eyadema, je l’ai vue fermer les yeux sur l’attaque en règle menée par les militaires contre le Sésal à Tokoin, propriété de l’Épiscopat. Je l’ai vue accepter de mystifier les Togolais en présidant cette fameuse CVJR dont il n’est rien sorti. Je l’ai vue finir par digérer le saccage par les gendarmes, de sa paroisse d’Amoutivé… et j’en passe. Voilà les raisons qui ont contribué à couper les prêtres de base et leurs paroissiens de la hiérarchie de l’Église. Eux qui vivent avec leurs fidèles la même galère quotidienne, eux qui observent toutes les injustices faites aux Togolais, eux qui entendent gémir tous les dimanches leurs “brebis”, ils ne comprennent pas la passivité et la résignation de leur hiérarchie », lance le natif de Banjeli.

Kofi Yamgnane est président de « Sursaut Togo », une association qu’il vient de transformer en formation politique. Le nouveau parti présentera des candidatures aux prochaines élections législatives et locales, annonce-t-on dans ses rangs.

Olivier A.

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