Togo, affaire d’incendie, le journaliste Zeus Aziadouvo inculpé.

25 03 2013

zeus-aziadouvoLe directeur de publication du quotidien privé liberté est inculpé cette semaine par la justice suite à un article publié dans son journal sur les incendies de Lomé et de Kara révélant que le principal faux témoin déniché par les très controversés « gendarmes enquêteurs », Mohamed Loum aurait été torturé afin d’incriminer les responsable du Collectif Sauvons le Togo (CST).

« Complicité d’incendies »,  « groupement de malfaiteurs », sont entres autres les charges qui sont retenues contre notre confrère.

Une inculpation rocambolesque, un acharnement contre la liberté de presse, une autre méthode pour museler une certaine presse jugée critique, les mots ne manquent pas aux journalistes et organisations de presse pour qualifier cette inculpation qui est une autre togolaiserie.

Depuis quand la publication d’un article peut vouloir dire qu’un journaliste fait partie des complices qui ont incendié des marchés ? Se sont étonné la plupart des confrères dans les débats radiophoniques cette semaine. Certains vont plus loin en se demandant si un papier et une plume peuvent mettre le feu à des marchés ?

Il est à rappeler que l’article publié le lundi 18 mars dans les colonnes du journal liberté  révélait les  tortures qui auraient été commises sur la personne de Tométy Toussain alias Mohamed Loum. Fort heureusement l’intéressé lui-même lors de la confrontation avec Monsieur Agbéyomé Kodjo a soutenu et confirmé les écrits de notre confrère. Il n’a pas manqué de citer les capitaines Akakpo, patron du service de recherches et d’investigations (SRI), et ses collaborateurs, Agbenda, Yanani et un certain chef des logis prénommé Alidou qui l’auraient torturé pour qu’il incrimine les responsables du CST.

Un témoignage que le fameux Loum a repris dans une lettre mea-culpa adressée à Monsieur Fabre le Président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC). Difficile de trouver à partir de ce moment comment on peut inculper  un journaliste de groupements de malfaiteurs pour avoir  fait des révélations qui sont confirmées plus tard par l’intéressé lui-même, principal témoin qui a confirmé les écrits du journal non devant ses amis mais devant le procureur de la République et le doyen des juges d’instruction ?

Une autre aberration, le confrère a été inculpé sur la base du code pénal alors que le code de la presse et de la communication existe bel et bien. Une disposition élémentaire du droit que les juges de Faure Gnassingbé sont incapables d’appliquer malgré les rappels à l’ordre des avocats ils ont préféré obéir à leurs interlocuteurs à l’autre bout du fil. Il est à souligner que tout au long de l’interrogatoire les juges du pouvoir n’ont cessé de sortir de la salle pour prendre des instructions. Les décisions de justice par ici étant prises dans d’autres officines, le confère Aziadouvo, confiera plus tard qu’il a découvert son inculpation, le même scénario a été observé dans l’affaire Bodjona Pascal où la fiche d’inculpation était déjà remplis avant son arrivée.

Une comédie de très mauvais goût qui fait dire à maître Claude Amégan avocat de notre confrère « j’ai peur pour notre justice. M. Aziadouvo est journaliste et il y a un code de la presse qui régit la profession de journaliste au Togo. C’est ce code qui sanctionne le journaliste en cas de délit de presse, en cas d’infraction et ce n’est pas le juge d’instruction qui peut appeler un journaliste et l’inculper pour un délit de presse, nous disons qu’il y a un sérieux problème », dénonce maître Amégan abasourdi et inquiet.

Zeus Aziadouvo comme les responsables du CST, est inculpé et placé sous contrôle judiciaire.

Avec les témoignages accablant de Mohamed Loum ce dossier s’écroule soutien pour sa part maitre Dodji Apevon conseil de la plupart des inculpés.

Quelle recette le pouvoir qui a fait l’option d’une enquête bâclée et téléguidée va- t-il trouver pour ébahir encore les populations togolaises pourtant habituées à près de cinquante (50) ans de tripatouillage des faits ? C’est le wait and see. Quoi qu’il en soit depuis les croustillantes révélations de Mohamed Loum, la panique s’est emparée des « enquêteurs tortionnaires » de la République, le principal témoin torturé et manipulé vient de craquer annulant de facto tout le montage gauchement orchestré.

Les organisations de presse tout en dénonçant cet acharnement contre Zeus Aziadouvo, appellent tous les journaux à reproduire l’article qui a valu l’inculpation fantaisiste à notre confrère.

Advertisements

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :