Grève des travailleurs togolais, les élèves continuent d’investir les rues du pays.

12 04 2013

Depuis trois jours que dure la grève des travailleurs, la situation est plus que préoccupante et  la tension ne fait qu’augmenter dans les secteurs de la santé et l’éducation.

Les élèves qui sont à quelques semaines des examens de fins d’années ne décolèrent pas face à cette situation de grève surtout que les cours qui devraient être dispensés durant la grève sont considérés par les enseignants comme faits et ne peuvent plus faire l’objet de quelque séance de rattrapage.

30551_490907700956825_584427070_n

Dans la foulée les examens sport qui devraient se tenir cette semaine n’ont pu se avoir lieu. La colère dans le milieu scolaire est indescriptible. Les élèves du primaire, du collège et du lycée sur toute l’étendue du territoire manifestent  avec détermination leur ras le bol face à la gouvernance catastrophique de Faure Gnassingbé.

Pour la seule journée de ce vendredi, dernier jour des soixante douze (72) heures de grève, presque tous les quartiers de la capitale sont  secoués par ces manifestations spontanées des élèves.

Barricades jets de pierres contre grenades lacrymogènes. Même les touts petits élèves ont vu de leurs propres yeux  la sauvagerie ave laquelle les force de sécurité au Togo font montre  de violence avec beaucoup de joie quand il s’agit de « maintenir l’ordre » selon leur propre jargon. Ces forces de sécurité reste une catégorie de togolais qui est formée rien que pour mater les citoyens.

Un air du 05 octobre 1990 version 2013 et version élèves, collégiens, lycéens avec le soutien de quelques parents d’élèves. Les établissements privés et confessionnels qui ont eu le toupet d’organiser les cours comme si de rien n’était ont eu la visite surprise empreinte de colère des élèves-manifestants.

Même le quartier Deckon, qui est la « cité imprenable » du régime notamment du ministre de l’administration territoriale Gilbert Bawara, qui interdit toute manifestation en ce lieu a visiblement perdu sa langue et son zéle outrancier, identité remarquable de tous les apparatchiks du pouvoir de Faure Gnassingbé.

DSC_0143

Les élèves ont bel bien manifesté leur colère à Deckon, plus courageux même que ceux  qui mènent la lutte politique. A lancé un retraité hébété de voir ces jeunes élèves dans les rues.

 Après Deckon, les élèves étaient à la Présidence de la République et au lieu que celui qui occupe ce lieu par la force des choses les reçoive et réponde à leurs préoccupations,  c’est encore la politique du muscle qui a prévalu. Des grenades lacrymogènes pour disperser les élèves. De toutes les façons il ne les recevra pas, car il est dans son soi disant fief de Kara, pour un meeting. A supposé même qu’il était à Lomé il n’accorderait aucune importance aux cris légitimes de ces élève qui ne demandent qu’on mettent les enseignants dans des conditions idoines afin qu’ils puissent étudier dans de bonnes conditions. Le Chef de l’Etat togolais depuis son arrivée rocambolesque au pouvoir n’a jamais eu que faire des cris du peuple togolais.

Aux cris de slogans, de chants et de pancartes improvisées pour la circonstance, la relève de demain n’a cessé de crier, « gouvernement voleur, incapable, inconscient, arrêtez de traiter nos professeurs comme des ouvriers »… 

Côté santé, second pôle fort de cette grève, les nouvelles ne sont pas bonnes. Seuls les cas d’urgences sont traités, les malades et les parents sont désemparés et la plupart ne cessent de relever l’inhumanité de la bande à Faure Gnassingbé qui se soigne plutôt à l’extérieur.  En presque cinquante (50) ans de règne du père en fils, le plus grand centre hospitalier du Togo est un mouroir avec un scanner qui est constamment en panne, où les blocs opératoires sont défectueux et les chirurgiens  manquent du nécessaire pour leurs multiples interventions y compris de l’eau. Pour la petite histoire nos médecins sont obligés de se laver les mains avec de l’eau en sachet communément appelée pure water après les opérations chirurgicales.

Malgré que le Premier Ministre, Arthème Ahumey Zunu,  fait semblant de multiplier le réunions avec les différents ministres concernés de jours comme de nuits pour dit-on faire une proposition concrète à la synergie des travailleurs du Togo (STT), qui a lancé cette grève avec le soutien des bases syndicales, le gouvernement togolais qui dit ne reconnaitre que les corrompues de centrales syndicales, comme à son habitude continue de faire diversion en soutenant que ce sont les responsables syndicaux qui ont demandé aux élèves de manifester dans les rues. Une attitude d’irresponsables à plusieurs égards.

 Il suffit de voir ces milliers de gamins dans les rues sans orientation pour se rendre compte qu’ils n’ont de meneurs ni de responsables devant ses mouvements. Les quelques parents qui y étaient n’ont pas manqué de souligner qui ils étaient et de rappeler qu’ils se saignent pour subvenir aux besoins de leurs enfants.

Une fillette de huit (08) ans soutient d’ailleurs que sa maman vend du riz et c’est avec cet argent qu’elle a pu la mettre à l’école et qu’il est hors de question que cette année parte en fumée en cause de l’irresponsabilité d’un gouvernement incompétent.

A l’analyse, il est ahurissant et inconcevable  que des individus qui sont à la tête de ce pays dont la plupart sont des milliardaires, qui mènent une vie digne des princes du royaume du pétrole, qui se soignent en occident pour un simple mal de tête, qui ont mis leur nombreuse progéniture dans des écoles les plus huppées  au monde, qui pillent systématiquement les ressources du pays sont incapables de satisfaire les revendications qu’eux-mêmes qualifient  de légitimes et cherchent plutôt des auteurs à ses différents fronts sociaux qui s’allument tous azimuts dans le pays.

Pour sa part, la Synergie des Travailleurs du Togo reste ferme. Elle est d’ailleurs en Assemblée Générale pour  sans doute durcie encore plus le ton tout à l’heure malgré les manœuvres du pouvoir pour  les empêcher de se réunir et de prendre d’autres initiatives. Aux dernières nouvelles le dernier lieu retenu vient d’être investi par quelques partisans de RPT-UNIR au pouvoir qui prétendent avoir une réunion.

Quoi qu’il en soit l’assemblée générale aura lieu,  rassure la coordination de la synergie.

« Si 90% de nos revendications en huit (08) points contenus dans notre plate forme ne sont pas satisfaites le mouvement va devenir très difficile pour tout le monde » a menacé un fonctionnaire plus que déterminé.

En même temps que Faure Gnassingbé et ses amis  font le choix de rester éternellement à la tête du Togo contre la volonté des citoyens,  ils ont décidé de ne satisfaire aucune revendication des gouvernés, mais ne veulent pas non plus de mouvements d’humeur. Un véritable paradoxe pathologique d’un régime monarchico dictatorial incapable de se rendre compte que le monde change et qu’aucun régime de cet acabit ne peut perdurer indéfiniment.

 

 

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :