Assassinats de deux jeunes à Dapaong au nord-Togo, le gouvernement dit mettre en place commission d’enquête. Encore du bluff

24 04 2013

arton3347L’annonce de la mise en place d’une commission mixte Police-Gendarmerie pour faire la lumière sur les circonstances du décès de l’élève Sinandaré Gouyano Anselme a été faite ce mardi  à Lomé par le ministre de la sécurité et de la protection civile Yark Damehane, qui jure par tous les dieux que l’auteur du tir mortel sera traduit en justice. Ce qui serait une première, si tel venait à être le cas car l’une des méthodes de gouvernance de ce régime de père en fils qui totalise bientôt cinquante (50) ans de règne, c’est bien évidemment l’impunité.

Depuis l’assassinat du Premier Président démocratiquement élu du Togo, Sylvanus Olympio par le sergent Chef Gnassingbé Eyadema qui a d’ailleurs revendiqué sa mort dans le temps avant de ravaler sa langue, l’impunité est devenue une seconde nature de ce régime militaro fasciste où ses apparatchiks peuvent tuer les togolais sans avoir  à s’inquiéter de qui que ce soit, de quoi que ce soit et devant n’importe quelque juridiction que ce soit.

« Yark DAMEHANE indique que les trois fonctionnaires de police ayant exécuté les tirs de sommation ainsi que le commandant de l’unité ont été immédiatement mis aux arrêts de rigueur. Quant à l’auteur du tir, il sera traduit en justice conformément à la procédure en vigueur », déclare pompeusement  le Ministre. Difficile pour les togolais de vérifier tous ses propos qui ne sont que des effets annonces habituels pour contribuer  à contourner les problèmes au lieu de leur trouver des solutions, à faire descendre la tension sociale juste pour un temps. Monsieur le ministre de la sécurité est d’ailleurs un habitué de ces genres de déclarations qui sont finalement des réflexes acquis au nom du système.

Quand le confrère Yonglove Egbéboua Amavi a au cours d’une manifestation de journalistes été atteint à bout portant par une balle blanche, Monsieur le Ministre a dit ouvrir une enquête mais elle n’a jamais été bouclée comme toutes les enquêtes que font semblant de mener les gouvernants de ce pays.

Monsieur Yark,  au nom du principe de la présomption d’innocence dont il se rappelle subitement quand il s’agit de ces frères d’armes, estime que les assassins du jeune Anselme ne seront connus que devant les juridictions togolaises qui sont toutes sauf indépendantes.

Il nous souvient que dans le dossier ténébreux des incendies, le même ministre et ses autres collègues ont ignoré royalement le principe de la présomption d’innocence ; l’objectif étant de mettre aux arrêts, d’inculper les responsables et membres du Collectif Sauvons le Togo (CST). Sacré Togo.

Quant à Douti Sinaleng, que les forces dites de sécurité ont battu à mort, Monsieur le ministre soutien que les investigations se poursuivent, pour déterminer les circonstances de son décès.

Argument non convaincant de la part d’un gouvernement habitué à la banalisation du crime et  l’apologie de l’impunité. Il est important ici de rappeler que selon les témoins et habitants de la localité, « suite à l’émoi et la révolte crées par l’assassinat du jeune Anselme, les manifestations ont été violentes avec jets de pierres pour les manifestants contre grenades lacrymogènes pour les forces de sécurité. C’est dans ces circonstances que le jeune Douti dans la fuite pour se mettre  l’abri est tombé dans un caniveau. Ayant été repéré comme faisant partie des protestataires, il fut sorti du caniveau et bien tabassés par les policiers qui lui ont donné plusieurs coups de crosses à la tête ».

 De quelles circonstances parle Monsieur le Ministre habitué  a dénaturé les faits. Ensuite les proches  de Douti affirment bel et bien qu’avant de rendre l’âme, « leur enfant a attesté avoir été tabassé à mort par les forces de sécurité ». Qui monsieur Yark peut-il convaincre avec ces arguments tirés par les cheveux ?

Il est fort probable que les togolais ne connaitront jamais la vérité sur ces assassinats de plus et de trop. Dans un pays champion de falsifications de faits où des tirs de sommation peuvent tuer un élève, ou des fumées de grenades lacrymogènes peuvent casser les vitres d’une église, où des morts peuvent  quitter la morgue de Lomé pour se retrouver dans la lagune de Bè, il est quasiment impossible que de tels mythomanes retrouvent d’un coup les vertus de l’honnêteté et de la vérité.

Seules des missions d’enquêtes internationales pourront élucider un de ces jours ces milliers de crimes d’états perpétrés en un demi siècle d’exercice de pouvoir familio-clanique.

 

 


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