Quand le ministre togolais de la sécurité s’intéresse subitement aux relations forces de sécurité et professionnels de la communication.

13 06 2013

imagesLes togolais sont désormais habitués à ces entreprises sordides à l’approche des échéances électorales où les autorités pensent pouvoir mettre les journalistes dans un canevas pour regarder dans une certaine direction. A l’approche de la prochaine frauduleuse, le ministère de la sécurité et ses acolytes du Haut Commissariat des Nations-Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) et de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ont trouvé le moyen au détour d’une rencontre dite d’échanges de débiter des chapelets de bonnes intentions comme s’il suffisait des prêchi-prêcha pour que les forces de sécurité du Togo apprennent à s’humaniser et se conformer à leur déontologie surtout dans le domaine de maintien de l’ordre.

Tout le monde sait au Togo qu’entre les  forces de sécurité et  les journalistes c’est du « je t’aime moi non plus » et ce n’est pas au détour d’une rencontre de quelques heures que le grand amour va surgir comme par magie. Quoi qu’il en soit cette comédie qui consiste à adouber la presse pour qu’elle ne dénonce pas des législatives frauduleuses en perspectives est déjà un échec avéré.

Depuis 2007, année des dernières élections législatives tout aussi frauduleuses que toutes les autres qu’organise le pouvoir en place, la presse togolaise à gagner en maturité et sait qu’il faut être au service de l’information et des populations conformément aux canons du métier. Il n’est écrit dans aucun texte de lois que la presse doit soutenir les dérives totalitaires d’un régime dynastique.

En plus de quoi Monsieur le ministre de la sécurité et ses comparses ont –ils peur ? Ils ont leurs presses qui regardent dans leur direction et diffusent des contre-vérités, ils ont l’argent et l’armée pour mater tous ceux qui vont dénoncer le hold-up électoral. Quoi qu’il en soit le chien aboiera mais la caravane de la fraude et de la violence passera avec la complicité sans doute de ce HCDH, institution onusienne  qui s’est associé à la rencontre de ce jour.

Il n’est point superflu de rappeler le silence sépulcral de ces trois entités quand des confrères ont été agressés.

La HAAC a mis aux placards ses prérogatives d’œuvrer pour la sécurité des professionnels de la communication  pour se trouver des attributs de gendarmes. Par la voix de son président, militant avéré et zélé du parti au pouvoir, alors que l’institution qu’il préside est sensée  être indépendante,  Monsieur Kokou Tozoun, n’a pas honte de darder que des dispositions sont entrain d’être prise pour une couverture dans de bonnes conditions des prochaines législatives par la presse. On se rappelle qu’en 2007,  cette institution avait fait signer un code de bonne conduite bidon, truffés d’incongruités aux organes de presse dans le but  de les faire taire  malgré les fraudes et irrégularités orchestrées à ciel ouvert. A lire de près ce code de bonne conduite quelques années après certains journalises ont regretté avoir signé un document aussi irréfléchi.

Le ministère de la sécurité quant à lui est  champion toutes catégories des enquêtes ouvertes mais jamais bouclées sur les cas des journalistes  agressés par ses éléments. En plus dans un passé très récent l’actuel Colonel de Ministre Yark Damehane, alors qu’il était patron de la gendarmerie avait ordonné qu’on réprime des journalistes qui étaient  entrain de manifester pour protester à juste titre  contre l’agression d’un confrère. Comment devenue ministre, la même personne  peut-elle changer subitement d’attitude et de mentalité ? Du bluff, soutiennent certains journalistes à raison.

Quant au HCDH, il a failli à sa mission en jouant aux médecins après la mort et en roulant pour le régime. A ce jour cette institution onusienne est incapable de sauver les citoyens victimes de violations des droits de l’homme. C’était devant lui que Abass Kaboua et Olivier Amah ont été enlevés par des éléments de la gendarmerie.

Quelques interrogations à cet effet méritent d’être posées. Où étaient ces trois regroupements quand :

          Le vendredi 2 Mars 2012: Frédo ATTIPOU, reporter d’images  a été roué de coups de bâton et de ceinture par les forces de l’ordre ?

          Le 27 Avril 2012, le journaliste Noel Kokou TADEGNON  a été assommé  par des agents sous le commandement du Commissaire SAMA ?

          Le vendredi 05 Octobre 2012, le journaliste Justin ANANI a été victime d’une violence inouïe de la part d’un officier de police ? Le journaliste s’est retrouvé à terre après avoir reçu un coup et un tacle de la part du Commissaire de police BABARIM

          Le jeudi 14 Mars 2013, des forces de sécurité n’ont ménagé aucun effort à tirer de grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des journalistes à bout portant. Le journaliste Younglove Egbeboua AMAVI, en a fait les frais avec sa mandibule droite fracturée et beaucoup de lésions dans la bouche.

Ces cas qui ne sont que quelques uns parmi tant d’autres sont restés lettres mortes de la part des fameuses autorités du Togo qui se disent soudainement préoccupés par la sécurité des journalistes.

Par ailleurs, le ministre  de la sécurité et compagnie invitent les journalistes au respect de la déontologie. La chanson revient sur les lèvres. Soit, mais les forces de sécurité former par les institutions onusiennes notamment le bureau des nations-unies pour le désarmement (UNREC) qui leur a demandé de mettre de l’humanisme dans la gestion des manifestations mais ne font qu’à leur tête, qui va leur rappeler qu’ils se comportent comme de véritables sauvages sur les lieux de manifestations ? Les forces de sécurité malgré les multiples ateliers continuent de tirer à bout portant sur des citoyens aux mains nues en ce siècle de mondialisation et de globalisation. Le ministre et ses acolytes sont vraiment mal placés pour donner des leçons de déontologie à la presse qui pour l’instant est toujours mains nues et ne possèdent que des  caméras, des micros et des stylos  alors que les éléments de Monsieur le Ministre ont des outils  pouvant fauché  la vie à d’autres citoyens sans défense.

Cette rencontre plutôt inutile relève du carnage électoral en préparation car elle s’est déroulée en présence de la présidente de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), des Directeurs généraux de la police et de la gendarmerie et de quelques responsables d’organes de presse.

 

 

 

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