Dialogue au Togo, Faure Gnassingbé et apparatchiks toujours dans la logique de conserver le pouvoir.

10 07 2013

imagesLes togolais ont suivi hébété, le communiqué qui a sanctionné les discussions entre pouvoir et opposition ces derniers jours sous la présidence de Monseigneur Nicodème Barrigah. Autant le dire de facto rien n’à se mettre sous la dent contrairement à l’annonce d’un accord qui serait en gestation. Aucun accord n’a été signé. Que de chapelets de bonnes intentions. Avec un pouvoir cinquantenaire qui n’a jamais intégré la  possibilité de quitter un jour le pouvoir,  aucun dialogue, aucune compétition électorale ne peut  venir à bout de ce syndrome du pouvoir éternel. L’opposition togolaise l’apprend une énième fois encore à ses dépens, elle  doit le comprendre et cesser de faire le jeu de  la clique dirigeante dont elle devient une complice de plus en plus consentante.

Quatre jours de discussions pour quatre jours de report des législatives, une décision prise unilatéralement par le pouvoir de Faure sans consulter ses partenaires en discussions, une vraie insulte pour le peuple togolais. De la mauvaise foi qui fait comprendre pourquoi les sbires de Faure Gnassingbé qui devraient en ce dernier jour des discussions prendre certaines mesures se sont pointés bredouilles à la table des négociations. Seule réponse, « les mesures vont être prises ». Aucune précision, que de dilatoire, sans surprise d’ailleurs, l’une des marques de fabrique de ce pouvoir héréditaire.

Selon certains soutiens à la dictature, l’opposition aurait listé trop de préalables qui ne peuvent être satisfaits dans le cadre de ce dialogue. Il est juste à rappeler que les préalables sont des problèmes créés de toute pièces par le pouvoir en place et lui demander de les régler n’est que logique et responsable.

Demander  par exemple que :

          Les  assassins de Anselme Sinandaré et de Douti Sinaleng assassinés froidement par les forces de sécurité à Dapaong soient traduits devant les juridictions est faisable et relève du bon sens dans un régime de droit, mais pour les sécurocrates c’est de la sinécure;

          L’arrêt de la cour de la CEDEAO soit exécuté dans les différents dossiers est-il de la mer à boire ?

          Les personnes innocemment détenues dans le dossier puant des incendies des marchés de Lomé et de Kara est-il une aberration aux yeux de Faure et comparses ?

          Les conditions d’organisation des législatives répondent aux standards démocratiques est-il un sacrilège pour la minorité au pouvoir ?

Bref, le pouvoir de Faure Gnassingbé démontre de nouveau par l’échec retentissant de cet autre dialogue qu’il n’est aucunement disposé à faire du Togo un état de droit mais plutôt un pays hors série abonné aux violations des droits humains et des textes où la vie et la dignité humaine n’ont aucune espèce d’importance. Lire le reste de cette entrée »