Alassane Ouattara et Goodluck Jonathan au Togo pour ramener Faure Gnassingbé à la raison ?

19 07 2013

De sources bien informées les Présidents ivoirien et nigérian sont dépêchés à Lomé par la CEDEAO pour échanger avec Faure Gnassingbé sur les conditions assez particulières et dangereuses dans lesquelles s’organisent les prochaines législatives. Cette mission intervient au moment où la CEDEAO vient de terminer son 43èm sommet tenu à Abuja ce jeudi. Interpellés de part et d’autres les Chefs d’Etats de la sous région craignent le syndrome de 2005 qui a porté Faure Gnassingbé au pouvoir dans le sang.

Il faut rappeler que cette rencontre fait suite à celle de Yamoussoukro, en avril dernier entre les Présidents Compaoré, Ouattara et Gnassingbé sur la situation sociopolitique délétère du Togo. A cette rencontre le numéro un togolais a été invité à prendre des mesures d’apaisement et d’ouvrir les discussions avec l’opposition. Une source nous confirmera plus tard que pour toute réponse le prince national a promis y réfléchir et consulter son état major. Une rencontre à laquelle participait en catimini mais très inquiet un certain Gilchrist Olympio qui ne voulait pas du tout d’un dialogue avec l’opposition mais qui voudrait faire intervenir les présidents burkinabè et ivoirien d’un deal qui serait entre lui et Faure sur le ticket présidentiel avec un « mandat cadeau » dont il devrait jouir en 2015. Comme quoi les  élections se font ailleurs au dos du peuple souverain.

Pour cette nouvelle visite, même si le site vuvuzéliste du pouvoir estime que Alassane Ouattara et Gooluck Jonathan sont à Lomé pour discuter de la sous-région et des élections au Mali, comme s’il fallait venir au Togo pour en discuter, des sources concordantes confirment l’inquiétude des Chefs d’Etats de la sous-région à voir le Togo sombré dans la violence aux lendemains des législatives du 25 juillet prochain.

Il est à rappeler que les institutions internationales et sous régionales notamment la CEDEAO sont responsables du massacre d’un millier de togolais en 2005 pour avoir avalisé la présidentielle qui a consacré l’ascension dynastique de Faure Gnassingbé au pouvoir. La même CEDEAO  a pris l’option de non assistance à personne en danger vis-à-vis des togolais au travers d’observateurs alimentaires et pervers comme un certain Mai Manga Bouka, qui ont préféré les valises à frics du pouvoir sanguinaire à la dignité de la vie humaine.

Que cette CEDEAO s’inquiète subitement du sort des populations au lendemain des élections législatives est plutôt surprenant. Il est à noter qu’outres les interpellations de la société civile qui continue d’appeler à la suspension du processus électoral organisé à pas de charge, d’autres actions diplomatiques sont entreprises par des togolais pour demander à cette communauté sous régionale et internationale de prendre pour une fois ses responsabilités.

Faure Gnassingbé qui jusqu’à maintenant est resté autiste face à l’appel des religieux, de la communauté internationale et de la société civile entendra t-il raison face à la CEDEAO, en stoppant la fin de ce cirque électoral qui ne répond à aucune norme démocratique ? La fin de cette mission éclairera davantage l’opinion.

Quand on sait que le très zélé ministre de l’administration territoriale Gilbert Bawara, a cru devoir répondre aux organisations de la société civile sur leur demande de la suspension du processus électoral, arguant que cette société civile n’est pas crédible et pousse l’audace de les mettre en garde, on peut facilement présager de la suite de cette mission. Une attitude plutôt irresponsable d’un ministre de la République qui manque toujours des occasions de se taire exacerbant davantage le climat socio politique déjà tendu. Les togolais se souviennent d’un certain François Boko ministre de l’intérieur en 2005 qui avait demandé tout comme la société civile en ce moment  l’arrêt du processus. Il a été traité en ce temps de tous les noms d’oiseau par ses amis du pouvoir. La suite un quasi génocide qui a marqué la venue de Faure au pouvoir.

La CEDEAO qui a toujours été un soutien à la dictature est bien placée pour savoir que le régime togolais ne s’est pas départi de sa logique, « on vote et on vole, advienne que pourra ».

La société civile qui ne serait pas crédible aux yeux du ministre qui a traité les togolais de badauds il y a quelques temps, rencontre aussi les envoyés de la CEDEAO, elle ne manquera pas certainement de réitérer sa position ; la suspension du processus électoral pour préserver la vie des pauvres populations qui ont déjà payé un lourd tribut du fait des hold up électoraux.

Les togolais, trop habitués à ces missions de verbiages savent qu’il n’en sortira pas grand chose. Bonne chance néanmoins aux envoyés Ouattara et Goodluck auprès de leur homologue togolais scotché à sa logique, « les élections auront bel et bien lieu s’il le faut dans le sang ».

 

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