Togo, la société civile appelle de nouveau à la suspension du processus électoral.

19 07 2013

Urnes_25_07Il n’est un secret pour personne que les législatives du 25 juillet 2013 sont organisées dans des conditions rocambolesques. Une organisation anti démocratique qui viole les lois en République togolaise et le protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance. Un protocole élaboré pour éviter les violences post électorales ; protocole auquel pourtant le Togo a fait semblant de signer. Pour ceux qui ne le savent pas, le Togo reste un champion dans la signature et la ratification des textes et conventions mais ne les respecte jamais.

Un énième processus électoral vicié à tout point de vue. De la composition de la commission électorale où le pouvoir se taille la part du lion, du recensement électoral avec l’enrôlement des étrangers et mineurs, de la validation des candidatures par une  cour constitutionnelle aux ordres qui pousse l’outrecuidance de permettre à des personnes qui ne sont pas encore nées d’être candidats, aux personnes de plus de 100 ans mais dont on dit qu’elles sont actives professionnellement de postuler pour ces législatives mais la même cour trouve le moyen de refuser aux candidats de l’opposition de se présenter dans les fiefs dits acquis au pouvoir notamment la kozah. Ces législatives se déroulent comme un match de football où l’équipe qui se croit la plus forte parce que ayant usurpé tout, a prépare le terrain, choisit ses adversaires, les arbitres, et fixe toutes les règles du jeu sans que son adversaire n’ait le droit de se prononcer.

Une élection bien fraudée d’avance vue les conditions de son organisation où le pouvoir et son allié, l’UFC de Gilchrist Olympio, mettent la main sur tout.

Fait assez révélateur, le Ministre de l’Administration territoriale, le très zélé Gilbert Bawara, alors même que la campagne se poursuit, invite déjà les acteurs à accepter les résultats qui seront proclamés. Cette réaction viendrait au lendemain du scrutin que l’opinion comprendrait. Mais avant même le vote tenir ces propos laisse entrevoir déjà l’issue de ces élections organisées à pas de charge malgré les appels de part et d’autres à prendre le temps d’organiser ces joutes de façon consensuelle.

La société civile togolaise, pour sa part  prend ses responsabilités de la plus belle des manières en restant fidèle à son appel de la suspension du processus avant même  l’ouverture des discussions entre pouvoir et opposition.

Elle réitère donc son appel à l’arrêt du processus. Une position responsable au regard de la pagaille électorale savamment planifiée par l’équipe dirigeante. Une attitude saluée par l’opinion nationale. Si d’aventure au lendemain des élections, des contentieux venaient à faire jour, la société civile togolaise aura joué son rôle d’éveil et de veille en appelant les acteurs politiques.

L’histoire retiendra que cette société civile à adresser un mémorandum aux différents acteurs sur les dangers que courre le peuple togolais à participer à ces élections qui ne répondent en aucune manière aux normes d’un scrutin libre, transparent et démocratique.

Tout en prenant acte du communiqué ayant sanctionné les dernières discussions entre pouvoir et opposition la société civile rappelle que ce dialogue n’a réglé aucun problème de fond devant garantir la sincérité du scrutin. Des élections qui devraient prendre en compte les préoccupations légitimes des populations au-delà de se partager quelques sièges entre acteurs politiques.

Au regard de ce constat amer, les organisations de la société civile demande instamment  au Chef de l’Etat de faire suspendre le processus électoral et de relancer les discussions. De prendre des mesures pour libérer les militants et responsables de l’opposition toujours en détention, de même que des mesures pour éviter des violences comme celles de 2005 aux populations. A ce jour ces doléances sont restées lettres mortes et les acteurs foncent tête baissée dans un scrutin suicidaire.

La société civile ne manque pas d’interpeller la communauté internationale en lui demandant de prendre des mesures préventives afin que les prochaines législatives ne débouchent sur des violences.

Face à cet entêtement de la classe politique, le peuple souverain est invité à prendre son destin en main et la société civile exhorte les togolais à se défaire du diktat des partis car rappelle t-elle, dans une démocratie le pouvoir appartient au peuple et non aux partis politiques.

Pour l’heure les politiques continuent de foncer dans un scrutin aux lendemains incertains faisant fi des interpellations de la société civile.

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