Togo, incendie du grand marché de Lomé, les pyromanes détruisent les preuves et empochent 600 millions de FCFA.

13 09 2013

Huit (08)mois après les incendies des marchés de Lomé et de Kara, préparés et exécutés par  des criminels, incendies  qui ont ravagé des générations de dures labeurs et mis en milles morceaux des vies humaines, les autorités togolaises décident de démolir le bâtiment principal du grand marché de Lomé et démolir par la même occasion les preuves contenues dans cet édifice, théâtre de flammes gigantesques ce petit matin du 12 janvier 2013.

Incendie-grand-marché-de-Lomé

Par cet acte de démolition d’un édifice incendié alors même qu’aucune enquête sérieuse n’a situé l’opinion qui a néanmoins droit à la vérité, le  Togo s’illustre dans son atypisme négatif et mérite « la palme des innovations les plus ridicules ». Comble du machiavélisme ou simple coïncidence, le processus de démolition qui devrait durer huit semaines, démarre le 11 septembre 2013, la date où les tours jumelles du World Trade Center des Etats-Unis ont été la cible d’attaques terroristes.

Contrairement aux Etats-Unis qui a commis des missions d’enquêtes avec la publication de différents rapports dans le cadre des drames du 11 septembre, le Togo a préféré plutôt une  «opération brouille-piste », car  au moment même où le bâtiment principal  du grand marché est entrain d’être détruit, les togolais ne savent pas ce qui s’est réellement passé et qui en sont les véritables auteurs. Une certitude néanmoins, en  50 ans de gouvernance calamiteuse du pays,  le commun des togolais sait qui peut avoir le toupet et le cynisme nécessaires d’incendier la vie des battantes femmes togolaises qui ont bâtit une renommé et une richesse par le travail bien fait.

Pour revenir aux  tours jumelles, L’Agence fédérale des situations d’urgence (FEMA) a entrepris une étude de la résistance des bâtiments, achevée en mai 2002. Elle concluait que la conception des tours était bonne et attribuait les effondrements à des facteurs échappant totalement au contrôle des constructeurs. L’enquête initiale de la FEMA a été révisée par une enquête plus détaillée du National Institute of Standards and Technology (NIST), terminée en septembre 2005. La démolition des bâtiments continua même lorsque de nouvelles constructions eurent commencé. Voilà qui prouve à suffisance que face à de tels drames dans un pays normal, l’Etat a le devoir d’éclairer l’opinion à travers plusieurs expertises avant le déclenchement du processus de démolition.

A ce jour le pouvoir togolais n’a daigné apporter des réponses aux interrogations pourtant pertinentes de l’opinion nationale et internationale.

En effet, le régime de Faure Gnassingbé  est incapable de dire au peuple togolais où était la Directrice du marché alors même que la veille elle a rassuré les femmes que les dispositions sont prises pour sécuriser le grand marché de Lomé, tirant leçons de l’incendie du marché de Kara qui s’est produit avant celui de Lomé.

Aucune explication sur la disparition des vigiles aux abords du grand marché la nuit du drame. Il en est de même pour, la brigade motorisée qui a quitté les lieux comme par magie.

On se rappelle aussi que des pompiers ghanéens appelés pourtant au secours par le Togo ont été retardés près de deux (02) heures à la frontière Lomé-Aflao. Par qui ? Mystère. Et dans quel but ? Les togolais ne le sauront jamais.

De plus pour anéantir les adversaires politiques que sont les responsables du Collectif Sauvons le Togo (CST)  dont la plupart restent inculpés de façon innocentes au vue des zones d’ombres qui émaillent ce puant dossier monté de toutes pièces, il nous souvient que le pouvoir à arguer que les incendies ont été déclenchés avec  des cocktails Molotov, une affirmation qui a fait sursauter tout âme sensée. Avec les réactions de la presse internationale et  des pompiers ghanéens, nonobstant celle des experts français qui ont  tous soutenu que les incendies ont été plutôt déclenchés avec du kérosène, le régime togolais s’est ravisé pour parler tel un perroquet de kérosène. Oubliant sans doute que ce liquide hautement inflammable est sous contrôle de l’Etat lui même. Plus ridicule, certains journalistes maison ont soutenu que du kérosène pouvait se trouver dans de l’essence ordinaire.

Selon   une source militaire qui a recueilli l’anonymat, « l’incendie du marché de Lomé est l’œuvre des connaisseurs, des artificiers ».

Il n’est pas superflu de rappeler que dans cette affaire, des témoins de toutes pièces ont été fabriqués comme le dossier lui-même et que l’un d’eux, le principal, qui grâce à son témoignage a fait inculper tous les responsables et certains membres du CST  s’est rétracté soutenant devant le doyen des juges d’instruction que ses déclarations ont été obtenues sous torture. Une sortie de Mohamed Loum puisque c’est de lui qu’il s’agit, qui a fait trembler la Présidence Togolaise dont les sorties médiatiques ont été des plus malencontreuses au plus  gauches, avec des arguments totalement décousus.

A ce jour,  les multiples  appels à une enquête internationale et indépendante pour éclairer l’opinion sont restés sans suite. Le Service de Recherches et d’Investigation (SRI) en charge de l’enquête  s’est illustré dans la prestidigitation avec une  enquête viciée, téléguidée sans oublier les aberrations juridiques dont s’égosille la justice togolaise dans ce dossier.

Il est important de rappeler  les réactions de l’international, notamment, la position rendue publique par le Parti socialiste, le Parti de gauche, les Verts français, le SPD allemand et l’association SURVIE, sans oublier les recommandations formulées par l’Union Européenne. Toutes ces réactions  n‘ont fait ni chaud, ni froid  à ce pouvoir qui continue de narguer l’opinion nationale et  internationale.

Dans ces incendies criminels, l’opinion nationale n’oubliera jamais que le détenu Etienne Yakanou, militant de l’opposition,  a perdu la vie dans des conditions floues. Une chose est sure, « la gendarmerie nationale  l’a laissé mourir » a soutenu entre autre son épouse qui a ému les populations par son  témoignage qui a retracé les circonstances dans lesquelles son mari a été tué. A ce jour aucune  enquête n’a été diligentée. Tous ces coupables de non assistance à personne en danger sont libres de leurs mouvements et maintenus à leurs postes. Aucune enquête, non plus,  n’a été ouverte en ce qui concerne  les séances de tortures dont les détenus disent avoir  été victimes au nom du SRI, qui obéit plutôt aux caprices des pyromanes.

Que les autorités togolaises s’empressent de démolir le marché de Lomé relève d’une opération de destruction des preuves tangibles qui devraient éclairer les citoyens et surtout ces femmes et hommes qui ont assisté impuissants à la destruction de leur vie. Ca s’appelle de la transparence vis-à-vis de ceux que la clique dirigeante prétend gouverner. Mais pour Faure Gnassingbé et compagnie, le message de mépris est constant, « nous n’avons de compte à rendre à personne ».

C’est d’une absurdité d’entendre le Président de la Délégation Spéciale de Lomé, le Contre-amiral Fogan Adégnon soutenir  que « Le bâtiment du marché d’Adawlato dans son état actuel, peut s’écrouler à tout moment. Et personne ne sait de quel côté il peut basculer ». Argument repris en chœur par les responsables de la très controversée société CECO BTP,  dont les togolais savent qui en est la propriétaire. Pas étonnant que les plus de 600 millions qui vont servir à brouiller les pistes pour causes de démolition soient allées à cette entreprise dit-on chargée des travaux.

Sans doute que les autorités qui ont décidé de faire disparaitre ce bâtiment connaisent les auteurs de ces actes criminels qui au nom de la politique de l’impunité resteront sans suite.

Ni une enquête sérieuse, encore moins un  procès digne de ce nom n’ont eu lieu mais  les responsables de la municipalité et CECO BTP  s’empressent de dire aux togolais, « c’est un miracle que ce bâtiment tienne encore », ou encore « ce bâtiment est une bombe à retardement » comme ci ces litanies  suffisent à rétablir la vérité,  à situer les responsabilités et l’opinion.

 Quand on sait que le Togo est un pays qui est pillé à ciel ouvert par une minorité, il est normal que ce soit cette entreprise qui saute pieds joints pour s’accaparer de ce marché de plus de 600 millions appelé pompeusement « processus de démolition du grand marché de Lomé ».

En l’absence totale de preuve, 35 personnes du Collectif Sauvons le Togo sont contre tout bon sens inculpées. Certains sous liberté provisoire d’autres toujours en détention pour des actes ignobles  dont les auteurs se pavanent toujours avec la bénédiction du clan pour  rééditer cet exploit criminel, quand l’envie leur en prendra un de ces quatre.

En attendant l’avènement d’un Etat de droit le règne de l’impunité et du  gangstérisme d’Etat se poursuivent au nom du fils du père.

 

 

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :