Face à la menace d’une grève du corps enseignant l’Etat togolais reporte la rentrée scolaire d’une semaine.

1 10 2013

Le tout puissant ministre togolais de l’Economie et des  Finances, Adji Otteth Ayassaor à réussi à provoquer l’ire des acteurs de l’éducation qui menacent de rentrer en grève dès la rentrée scolaire. Avec cet arrêté daté du 20 septembre 2013  qui permet désormais aux inspecteurs généraux d’Etat, aux inspecteurs d’Etat de jouir des indemnités de fonction, de logement, et des primes de risque, les enseignants réclament leur part d’indemnités et à raison.

Selon le décret, Les indemnités de fonction sont comprises en 40% et 25% de la solde de base indiciaire. Les indemnités de logement entre 80.000 et 30.000 FCFA et les primes de risque entre 200.000 et 75.000 FCFA.

La réaction des fédérations des syndicats de l’enseignement ne s’est pas fait attendre. Dans une lettre en date du 26 septembre 2013, adressée aux ministères des enseignements primaires et secondaires et de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, les enseignants lancent un préavis de grève de 72 heures pour compter du 07 octobre 2013, date initiale de la rentrée scolaire. « Un mot d’ordre reconductible en cas de non satisfaction des  doléances »,  martèlent les syndicats.

Les problèmes du corps enseignant sont légions et ressurgissent à chaque nouvelle année académique. Il y a belle lurette que les acteurs de l’éducation crient à tue tête à une meilleure éducation pour tous et à de meilleures conditions de vie des acteurs de l’éducation.

C’est le même chapelet de réclamations qui est égrené dans la lettre de préavis. « Face à la dégradation permanente des conditions de vie et de travail des enseignants vis-à-vis des nouveaux enjeux de l’éducation, les enseignants demandent, un octroi des primes d’éloignement, de logement, des travaux de nuit, de risques inhérents à l’emploi, de rendement ou mérite et de surcharge des classes ». Par ailleurs, ils exigent « l’annulation des mutations punitives des représentants et délégués syndicaux d’enseignants et la révision à la hausse des subventions annuelles accordées aux enseignants volontaires ». Peut-on lire en substance dans cette lettre de rappelle du syndicat des enseignants.

« Exaspérés par les promesses non tenues, les Fédérations des Syndicats de l’Enseignement décident d’observer une grève les trois premiers jours de la rentrée scolaire 2013-2014, reconductible, si aucune solution n’est trouvée ». Souligne plus loin le courrier.

Quelle mouche a piqué l’indéboulonnable Ministre Ayassor de prendre un décret pour satisfaire les inspecteurs et autres et de laisser les enseignants à leur triste sort ?

On en était là quand le ministre des enseignements primaires et secondaire, Florent Maganawé qui a fait du zèle sur les radios pour démontrer comment sont parti, UNIR  a « frauduleusement obtenu les 61 sièges au parlement », annonçait le report sine die de la rentrée scolaire.

Les élèves reprendront donc le chemin de l’école le 14 octobre 2013. Un report d’une semaine qui ne règle pas la question des revendications légitimes des enseignants dont leur situation n’a rien d’enviable  à celle de leurs collègues de la sous-région qui sont mieux lotis.

Les autorités togolaises feraient mieux de satisfaire les différentes revendications du corps enseignant pour éviter que cette rentrée académique ne rime avec grèves comme ce fut le cas ces dernières années dont le plus récent douloureux exemple reste le souvenir des élèves Anselme Sinandaré et Douti Sinanlengue froidement assassinés par des forces de sécurité qui revendiquaient justement de meilleures conditions d’études.

Les syndicats et autres associations qui luttent pour une meilleure éducation pour tous au Togo ne comptent pas baisser les bras. La tension dans ce secteur risque de revenir si l’Etat ne prend les dispositions idoines dans les meilleurs délais.

Le désormais grand absent de la suite et sans doute pas la fin de cette lutte pour une meilleure éducation reste le combattant Ferdinand Yaovi Dossou, Président de l’association des parents d’élèves, fauché par un accident de circulation le 16 septembre 2013. Rien que pour rendre hommage à son combat inlassable ses camarades de lutte, soutiennent aller jusqu’au bout pour que l’éducation au Togo retrouve ses lettres de noblesse. Pour rappel, sa mort est intervenue au lendemain d’une émission télévisée où il n’a pas mâché ses mots. Certains de ses amis susurrent qu’il serait judicieux d’ouvrir une enquête pour éclaircir l’opinion sur les circonstances réelles de cette mort subite, surtout,  quand on sait qu’au Togo, un accident de circulation peut être l’œuvre des barbouzes pour faire taire les empêcheurs de tourner en rond comme l’était Di Fernand Dossou comme ses collègues l’appelaient amicalement.

Quoi qu’il en soit la  rentrée académique 2013-2014 réserve d’énormes surprises.

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