Le Ministre togolais des Affaires Etrangères ou le déni de la réalité.

19 10 2013

Robert Dussey, Ministre  flambant neuf de la diplomatie togolaise qui fait feu de tout bois ces dernières semaines pour dit-on donner à la diplomatie togolaise une image dynamique et moderne  surtout à l’international  s’est illustré au cours d’une interview sur Radio France Internationale (RFI) en un diplomate plutôt rétrograde et  négationniste, exactement comme ses prédécesseurs, obligé, d’user de zèle pour se conformer à la moule de la dictature cinquantenaire histoire de rester dans les bonnes grâce du premier et du plus « Faure » des togolais.

Robert-Dussey

Ce  déni de la réalité, mieux ce refus de la  réalité dont font montrent les dirigeants togolais au-delà du cynisme est une pathologie.  Une pathologie tel un cancer qui a gangréné tout l’appareil d’Etat de ce petit pays avec en ce siècle de modernité des dirigeants qui  se refusent à admettre que le Togo n’est pas un pays qui respecte les droits de l’homme ce qui n’est qu’un secret de polichinelle pour le monde entier. Des dirigeants qui refusent de reconnaitre  que le Togo continue de traiter les prisonniers comme des chiens. Comment peuvent-ils face à ce refus penser à humaniser les conditions carcérales comme toutes les instances en matière de droits de l’homme le leur recommandent ?

Pour revenir à la pathologie, pour les spécialistes notamment les psychologues, « une personne peut refuser le monde tel qu’il est et le considérer de manière totalement autre. Mais la plupart des dénis de ce genre dénotent de la  faiblesse et de la fragilité des  individus atteint de cette pathologie» …s’il faut commenter cette assertion des psychologues, il faut juste comprendre qu’en fait le Togo a des dirigeants faibles et fragiles. De telles personnes devraient susciter plus de la pitié que de la colère ou de l’indignation.

Pour revenir à l’interview en question que le Ministre Dussey a accordée aux confrères de RFI et au micro de Christophe Boisbouvier,  nous prendrons juste le pan qui concerne les droits de l’homme.

Quand à la question, « ce qui n’a pas arrangé les relations entre Lomé été Paris au début de cette année, c’est la détention de Loïk Le Floch-Prigent pendant cinq mois au Togo. A sa libération, l’homme d’affaires français a révélé qu’il avait été témoin d’actes de torture commis sur des codétenus togolais, est-ce que cela n’a pas nui à l’image de votre pays » ?

Le ministre Dussey a cru devoir  en homme intelligent sur le sujet de la détention arbitraire de Monsieur Loïc le Floch Prigent,  dardé, « je ne crois pas du tout et je vous rassure que votre compatriote a été bien traité quand il était au Togo. Et ce débat à ce sujet est déjà dépassé, le Togo s’est inscrit définitivement dans l’amélioration des conditions des prisonniers togolais ».

A la lumière de cette déclaration qui a ému plus d’un, il est évident que les populations sont  véritablement en face d’un déni des réalités togolaises. Tous les togolais ou presque savent les conditions dans lesquelles Monsieur Loïc le Floch Prigent a  été arrêté puis traité à la gendarmerie nationale du Togo tout au long de sa détention. Comme d’ailleurs c’est le cas pour la plupart des prisonniers au Togo. Dans des conditions inhumaines. En plus,  il n’y a pas meilleure illustration que les propos de Monsieur Prigent lui-même qui sont plus convaincants  que les gesticulations d’un Ministre  en mission de saupoudrage et de lifting médiatique malgré que le monde entier sait que le Togo est un pays de tous les travers mais surtout pas de droit.

Plus évocatrice aussi, la réaction spontanée de l’Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITTO), qui estime que les propos du ministre « sont belliqueux et mettent  les victimes dans une grande indignation et dans une situation de révolte ».

« Ce Ministre au delà du mépris qu’il a exprimé à l’endroit des victimes s’est moqué de la communauté internationale qui ne cesse de demander la réparation à l’endroit des victimes des actes de torture listées par le rapport de la CNDH » poursuit le communiqué de l’association du Commandant Olivier Amah Poko qui continue de croupir de façon arbitraire dans les geôles de la prison d’Atakpamé.

En effet, les exemples de traitements  cruels inhumains ou dégradants dans les lieux de détention au Togo sont légions.  On peut citer pêle-mêle, Loïc le Floch Prigent , Pascal Bodjona, Agba Bertin, Abass kaboua, Olivier Amah, Agbéyomé Kodjo, Jean Eklu, Alphonse Kpogo, Gérard Adja, Mohamed Loum, Pasteur Edoh Komi, Kpatcha Gnassingbé, Eugène Atigan, Lambert Adjinon, Seydou Ougbakiti, Casimir Dontéma, Efoé Sassou etc. La liste est vraiment longue, mais tous ces gens sont des témoins vivants  à même  d’ attester  des conditions inhumaines dans les prisons togolaises, plutôt que de laisser le soin aux apparatchiks du régime, toujours dans leur tour d’ivoire en s’offrant une vie princière et rassurée de la politique de l’impunité, dire le contraire des réalités auxquelles les togolais sont confrontés depuis presque un demi-siècle de dictature clanique et familiale.

On ne peut passer sous silence ces milliers de détenus anonymes et les nombreux décès enregistrés en milieu carcéral au Togo.

Si tout allait si bien dans le meilleur des mondes, pourquoi le rapport de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) dans l’affaire de complot contre la sûreté intérieure de l’Etat confirme que des détenus ont subi la torture dans un pays qui a pourtant ratifié la convention contre cet acte vil et d’une autre époque ?

En réalité étant dans une espèce de pathologie, les gouvernants togolais, tels des sourds n’entendront jamais les cris des milliers de togolais qui crient à une justice sociale.  Comme des aveugles, ils ne regarderont jamais la détresse des togolais en proie à une misère noire où le repas quotidien est un parcours de combattant pour les ménages, de même que l’éducation, le logement,  les soins de santé et autres.

Au regard de ces évidences le togolais est juste dans l’abîme et laissé à son triste sort et ne peut se sauver qu’à trouver les voies et moyens pour reconquérir sa dignité d’être humain capable de  dire non face à l’inhumanité et l’indignité. Mais les ravages des 50 ans de dictature sur l’être togolais en ont fait un individu réduit à néant, tétanisé, déshumanisé,  incapable de bouger le petit doigt pour réclamer à être traité décemment conformément à l’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH), « tous les êtres humains naissent libres, égaux en dignité et en droit ».

 

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