Incendies des marchés au Togo, trois nouvelles inculpations dans les rangs de l’opposition.

4 11 2013

claude-ameganviSans surprise aucune la justice togolaise vient d’inculper Claude Améganvi du Parti des Travailleurs, Eric Dupuy et Alexandre Amorin de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dans la ténébreuse affaire des incendies des marchés de Lomé et de  Kara. La justice togolaise par ces nouvelles inculpations reste fidèle à sa manie de biaiser le droit et d’être plutôt un instrument de répressions judiciaires et de règlements de comptes politiques  en fonction des désirs de l’Exécutif contre de paisibles citoyens.

Le Togo ne manque aucune occasion pour prouver au monde qu’il est un Etat policier. Une simple présentation  chez le doyen des juges d’instruction de trois responsables politiques sous forte protection de la police, de la gendarmerie et d’autres unités spéciales avec leur armada habituelle, grenades lacrymogènes, matraques et autres, c’est ça le Togo. Un dispositif juste pour impressionner « les futurs inculpés » qui ne devraient pas s’étonner de l’issue de cette audience malgré son côté non sens. Un dispositif plutôt « sauvage » destiné à intimider les militants de l’opposition qui ont toujours manifesté leur soutien aux responsables inculpés du Collectif Sauvons le Togo (CST).

dupuyUne audience de presque trois heures d’horloge pour arriver aux résultats que tout le monde savait ; de la fantaisie judiciaire qui est en réalité une insulte à l’intelligence des togolais.

Sans trop revenir sur les détails de ce dossier, le juge estime que ces trois responsables sont inculpés parce que cités par le principal témoin, Mohamed Loum alias toussaint Tomety. Un témoin qu’il n’est plus besoin de rappeler a soutenu avoir porté ces accusations sous le coup de la torture. Il n’y a qu’au Togo où  un juge ne sait pas que quand un inculpé fait de telles déclarations, toute la procédure est mise entre parenthèse pour ouvrir d’abord une enquête sur les allégations de torture avant la reprise de l’instruction.

Dans le cas d’espèce, il est à rappeler que Monsieur Alexandre Amorin n’est pas au Togo quand les marchés ont été incendiés de sources proches de son parti, à moins que nos juges estiment qu’on peut avoir le don d’ubiquité, être ailleurs et commandité des incendies. A supposer que ça soit une éventualité quelles sont les enquêtes que les fameux juges ont mené pour inculper quelqu’un qui n’était pas sur le territoire au moment des faits et qui n’était d’ailleurs à l’audience de ce matin parce que toujours à l’extérieur ?

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Deuxième exemple, Monsieur Claude Améganvi comme il a eu à le rappeler dans un communiqué, son parti avait déjà démissionné du Collectif avant les incendies. Comment le juge peut –il justifier cette inculpation totalement fantaisiste ?

Il est quand même extraordinaire que pendant qu’une grande majorité de l’opinion togolaise est convaincue que les auteurs de ces actes criminels sont ailleurs et du côté du pouvoir, la justice ne se donne même pas de la peine d’explorer cette piste en écoutant quelques responsables notamment les ministres de la sécurité, de l’administration territoriale, la directrice du marché ne serait-ce que pour faire semblant.

La justice en refusant de répondre aux interrogations légitimes du commun des togolais prouve qu’elle est en pleine comédie en s’amusant dangereusement avec la vie des citoyens.

Que dit la justice sur les déclarations de la Directrice du marché de Lomé à la veille de l’incendie ?

Comment la justice explique que certains commerçants ont pu sécuriser leurs marchandises ?

Pourquoi la justice ne dit pas aux togolais où est passée la brigade motorisée le soir du drame ?

Que dit la justice sur le fait que les pompiers ghanéens ont été empêchés pendant des heures d’accéder au sol togolais pour éteindre le feu ?

Que dit la justice de l’utilisation du kérosène pour incendier le marché de Lomé ?

Voila une partie des interrogations que les togolais posent sans aucune réponse de la part de ces juges qui soutiennent poursuivre une instruction aussi bancale qu’aberrante.

Cet entêtement de poursuivre une procédure telle l’autruche, la tête enfouie dans le sable,  malgré les interpellations de l’opinion nationale et internationale, prouve à suffisance que cette affaire des incendies reste un acte terroriste pensé, planifié et exécuté par des individus assurés d’une totale impunité dans un pays de non droit.

La même justice ne daigne lever le petit doigt pour trouver les assassins de Etienne Yakanou, militant de l’ANC, détenu dans cette affaire et décédé dans des conditions troubles dans les mains de la gendarmerie togolaise. Et pourtant c’est le même dossier.

Un pays sans morale, sans justice, sans vérité reste une jungle où les forts ne sont pas fatigués de bouffer les faibles sans jamais se rassasiés et c’est malheureusement le cas du Togo.

Tel ce scénario sordide est monté avec son lot fantaisistes d’inculpations avec des restrictions totalement insensées du genre « interdiction de sortir du pays sans avis judiciaire » ou encore « interdiction de parler de ce dossier »,  tel sera le procès si les autorités togolaises daignent en faire un.

 

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