Togo, Les autorités ferment toutes les écoles.

5 11 2013

Le gouvernement togolais décide de  fermer toutes  les écoles du primaire, du secondaire et  les lycées sur toute l’étendue du territoire jusqu’à nouvel ordre. Cette mesure concerne aussi les établissements privés. Face à la grève des enseignants qui continuent depuis des années de réclamer de meilleures conditions de travail et de vie,  le gouvernement Ahumey Zunu n’a trouvé mieux à faire que de renvoyer enseignants et élèves à la maison pour une durée indéterminée.

Il faut rappeler que le début de la rentrée a déjà été problématique et repoussé à maintes reprises parce que justement le corps enseignants menaçait de rentrer en grève si leurs revendications notamment la question des primes n’est pas réglée. Nonobstant cette menace, le gouvernement togolais a maintenu la rentrée sans chercher à régler le problème que posent les enseignants depuis belle lurette.

Rentrée scolaire et année scolaire riment dorénavant au Togo  avec grève  des enseignants et manifestations de rues des élèves qui réclament les cours. C’est d’ailleurs au cours de ces manifestations que les jeunes élèves Anselme Sinandaré et Douti Sinalengue ont été assassinés par les forces de sécurité l’année dernière.

D’ailleurs le très zélé ministre des enseignements primaires et secondaires, Florent Maganawè  se cache derrière ces évènements malheureux pour justifier cette fermeture des écoles. Il n’est pas superflu de  rappeler que jusqu’à ce jour les assassins de ces deux jeunes élèves continuent de circuler librement en toute impunité. L’enquête dite ouverte par le ministre de la sécurité n’est toujours pas fermée comme toutes les enquêtes made in Togo. Les nombreuses campagnes initiées, les concerts, les pétitions n’ont fait fléchir ce pouvoir dynastique qui continue de protéger les assassins de ces deux élèves.

Décider de fermer toutes les écoles publiques et privées est une mesure inique et impopulaire car la fermeture des  écoles ne peut  empêcher la grève et les manifestations publiques. Les autorités togolaises feraient mieux de satisfaire les revendications des enseignants dans un pays où la clique dirigeante depuis bientôt un demi-siècle  mène une vie sultanesque.

Un pays où il y a juste quelques jours un milliard a été subtilisé dans le coffre fort de la mère du chef de l’état ne peut être incapable de répondre au besoin les plus élémentaires et légitimes des acteurs de l’éducation.  Le Togo a bel et bien  les moyens de satisfaire les revendications des employés de  tous les secteurs en ébullition.  

Il est scandaleux de constater qu’un ministre en charge de l’éducation,  sensé avoir des relations de partenariat avec le corps enseignant et d’avoir comme priorité l’éducation de la jeunesse togolaise se verse dans le zèle, le dénigrement, des menaces vis-à-vis des acteurs de l’éducation brimés dans leur droit.

Le ministre Maganawè au lieu d’œuvrer à faire baisser la pression a réussi plutôt à braquer les enseignants qui maintiennent la grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications.

Le même ministre est toujours à couteaux tirés avec les élèves-enseignants des écoles normales des instituteurs du Togo.

Le présent mouvement de grève des enseignants et largement suivi à en croire nos différentes sources fait suite à la décision du  tout puissant ministre togolais de l’Economie et des  Finances, Adji Otteth Ayassaor qui à réussi à provoquer l’ire des acteurs de l’éducation en prenant un arrêté le  20 septembre 2013 permettant désormais aux inspecteurs généraux d’Etat, aux inspecteurs d’Etat de jouir des indemnités de fonction, de logement, et des primes de risque. Une politique de deux poids deux mesures que les enseignants ne comptent plus digérer.

L’année académique 2013-2014 est ainsi mise à rude épreuve avec des programmes scolaires qui vont se passer dans la précipitation et des examens de fins d’années dans  des conditions catastrophiques s’ils arrivent à se tenir. Les autorités togolaises depuis les évènements de 1990 et son cortège d’années blanches ont juré de tenir les examens vaille que vaille, une situation malheureuse pour un pays qui dit pourtant  avoir comme l’une des priorités l’éducation.

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