Il y a quarante ans disparaissait Bella Bellow, une mort à élucider.

11 12 2013

Le 10 décembre 1973, l’artiste togolaise de la chanson, star mondialement connue, Georgette Afiavi Bella Bellow trouvait la mort dans un accident de circulation à seulement 27 ans. 40 ans après cette tragique disparition les togolais ont le droit de savoir tout sur sa mort. Est-ce un simple accident de circulation ? Un complot déguisé en accident ? Quels étaient les rapports de la diva adulée partout où elle a presté avec le régime de Gnassingbé Eyadema ? Cet article tout en lui rendant hommage pose un certain nombre d’interrogations sur les circonstances réelles de la mort de Bella la belle.

De même père avec l’autre diva togolaise,  Bellow Rafiatou, alias Fifi Rafiatou, Bella Bellow, ainée d’une famille de sept 07 enfants  vit le jour en janvier 1945 à Tsévié. Elle a fait une partie de sa scolarité notamment primaire et secondaire à Lomé avant d’aller à Abidjan en côte d’ivoire pour des cours de secrétariat. Parallèlement elle a  suivi des cours de solfège à l’Institut des Arts. Elle prestait déjà au cours des récitals et autres manifestations.

Grande voix de la musique africaine des années 60 et 70 Bella a marqué des salles mythiques, notamment l’Olympia de Paris , le stade de Maracana du Brésil à guichets fermés devant plus de 100.000 spectateurs. Sans oublié la Guyane, la Yougoslavie, la Grèce et presque toutes les grandes villes africaines qui ont eu le bonheur de l’applaudir et d’apprécier sa légendaire et unique voix. Les africains de Dakar n’oublieront jamais son passage en avril 1966 au festival les arts nègres de Dakar.

En 1972, Bella Bellow convola en noces avec le magistrat Théophile Jamier. De cette union naitra la seule et unique fille de Bella, Nadia.

Monsieur Jamier qui était très sollicité à chaque date anniversaire de la disparition de sa femme pour rappeler cette dame, sa vie, sa carrière son parcours,  va beaucoup manqué à la presse puisqu’il s’en est également allé dans la plus grande tristesse des suites d’une longue maladie.

Il est important de rappeler la rencontre de Bella avec Gérard Akuesson (le mari de l’artiste congolaise Abeti Massikini) qui devient son impresario. Cette rencontre s’est faite grâce au grand peintre togolais Paul ahyi, qui fut le professeur de dessin de la diva togolaise à Sokodé. Gérard Akuesson rassemble autour de l’artiste une équipe de musiciens dont le camerounais Manu Dibango au clavier et à l’arrangement. Pour divergences d’opinions elle se sépare  Gérard  et crée l’orchestre « Gabada »

Bella  sort en 1969 l’album Rockya dont tout le répertoire est connu de la plupart des togolais. Elle n’a pas eu le temps d’entamer sa tournée américaine avec Manu Dibango quand la mort l’a fauché aux togolais et aux mélomanes du monde.

Autant adulée dans le monde entier, Bella n’était pas qu’aimée. Comme dans la vie et avec le parcours qui fut le sien on ne fait pas toujours l’unanimité. Nous n’en voulons pour preuve que la chanson prophétique DASIKO dans laquelle elle disait aux ennemis de cesser de s’en prendre à elle. Bella Bellow avait aussi des ennemis  avérés ou non.

Déjà sur  l’accident, elle aurait été prévenue et certains proches lui auraient déconseillé d’effectuer ce voyage. Elle a tenu à  aller à Atakpamé au nom de l’art. Atakpamé qui est aussi sa  ville natale sans oublier le rapport très étroit des Bellow d’avec le Nigéria originellement. Il n’est un secret pour personne que certains membres de cette famille sont encrés dans le christianisme céleste et c’est de cette congrégation que la prédiction a été faite que le voyage de la diva pouvait lui être mortel.

Par ailleurs, de nos recoupements certains témoignages font froid dans le dos. Pour l’instant nous avons sursoit à leur publication. Néanmoins  il est important que les lecteurs sachent que Bella Bellow n’était pas très aimée de Gnassingbé père.

Selon nos informations avec la renommée qui fut la sienne, le « dieu du Togo » n’a pas digéré cette popularité et surtout la bonne presse qu’elle avait. Autant le rappeler, Bella malgré les dérives souvent inhérentes au monde du showbizz Madame Jamier était une femme respectée et respectable. Elle n’était pas une proie facile comme certains hommes et surtout certains dirigeants aimaient les avoir. Une forte personnalité qui n’était pas du goût de certains qui en plus du talent hors pair et ce principe à dire non, gentiment et poliment à certaines démarches qui heurtaient sa conscience.

Un complot aurait donc été ourdi contre elle. Par qui ? L’opinion togolaise est en droit 40 ans après cette disparition de demander des vérités sur cette mort tragique.

En effet, certaines sources dignes de foi révèlent que Bella Bellow  a été appelée par Gnassingbé Eyadema qui voulait qu’elle lui composa une chanson. C’était l’époque où venu au pouvoir dans des conditions rocambolesques et au fait de « sa gloire » le « dieu Eyadema » avait le droit à tout et sur tout. C’était l’époque où il fallait chanter  à la gloire du « maître ».

A cette proposition, la diva très sagement aurait répondu que ses compositions lui viennent en songes et dès que dans ses rêves elle aura des propositions dans ce sens elle n’hésiterait pas à lui faire une belle mélodie.

Une réponse qui n’a pas été du goût du timonier national. En ces temps oser dire non, même de façon subtile et polie à Gnassingbé 1er  était passible de peine.

Une carrière fulgurante pour une si jeune artiste qui ironie du sort trouva la mort dans un accident de circulation à Lilikopé à quelques encablures de Tsévié la ville qui l’a vu naître.

Une chose est sûre des zones d’ombres subsistent dans cette tragique disparition qu’il va falloir élucider un des ces jours surtout que de tous les occupants du véhicule notamment son chauffeur et sa domestique, l’un s’en était  sorti indemne et  l’autre avec seulement quelques égratignures, Bella fut la seule à trouver la mort et son corps éjecté hors du véhicule sera récupéré à quelques distances du drame.

40 ans après au-delà des hommages, et des soirées bien arrosées comme celles de ses 40 ans qui aura lieu ce samedi à la salle des banquets de la nouvelle présidence, les togolais doivent chercher la vérité sur cette disparition qui reste une incommensurable perte pour le Togo artistique.

Vive Bella Bellow, Paix à son âme.

 

 

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