Le plus Faure des togolais est plutôt italien.

17 12 2013

1470355_494892800625259_1496873871_nLes images du numéro un togolais en fiesta en Italie font le buzz sur la toile en ce moment. Il n’est un secret pour aucun togolais que Faure Gnassingbé est plus en Italie que dans son pays le Togo. Images à l’appui cette fois-ci nul ne peut nier que le « Berlusconi togolais » se la coule douce en terre italienne, bien sapé, dans l’air du temps, en smoking,  l’air juvénile et hébété à la fois dans des théâtres mondains, l’un des plus célèbres en terre italienne la scala. Ce n’est donc pas de l’imagination fertile de la presse taxée de critique à l’endroit du prince togolais que sort cette information maintenant avérée que le Chef de l’Etat togolais est en terre italienne très souvent pour s’offrir une vie de sultan pendant que son peuple broie la misère noire.

Des images de Faure Gnassingbé qui sillonnent en boucle les réseaux sociaux célébrant la vie et ses plaisirs que des journaux maison n’ont encore eu le toupet de démentir.  Même si cela ne  serait pas une surprise que « le fan club presse du président fondateur » sorte des arguties du genre les images  sont tronquées. Un argument qui ne tiendrait pas la route, car cette fois-ci le numéro un togolais a été bien filmé plutôt en très bonne posture.  Mais au Togo tout est possible et des extra terrestres sont capables de soutenir que c’est l’image du sosie du Chef de l’Etat togolais qui circule en boucle sur internet.

Il n’est néanmoins pas interdit à Faure Gnassingbé de « manger la vie », comme disent les africains ou de la croquer à pleines dents ;  mais le train de vie sultanesque de Gnassingbé 2 contraste avec la situation plutôt catastrophique du Togo à tous égards.

Au plan politique,  c’est le même régime dynastique et dictatorial depuis bientôt un demi-siècle où les règles  démocratiques ne sont que des incantations pour faire plaisir à une communauté internationale qui laisse une dynastie évoluer dans une République  où les holdups électoraux sont la norme pour s’éterniser au pouvoir. Une aberration en ce siècle de modernité.

Au plan économique, comme le confirment les images du Président togolais en Italie, c’est la belle vie pour la minorité qui s’accapare des richesses du pays et la misère la plus effroyable pour la majorité, comme d’ailleurs paradoxalement Faure Gnassingbé lui-même l’a reconnu. La gabegie, la corruption, le pillage à ciel ouvert des ressources du pays par une poignée de personnes dans les bonnes grâces du système. Aucune de ces personnalités n’a été poursuivie pour crimes économiques au nom de la politique de l’impunité érigée en mode de gouvernance.

Au plan du respect des droits humains, c’est la catastrophe, aucun respect de la vie ni  des droits les plus élémentaires de l’homme. Le Togo sous les Gnassingbé n’a que faire des instruments internationaux des droits humains pourtant bien ratifiés sans doute pour faire figure de bon élève aux yeux toujours de cette même communauté internationale. La torture, crime imprescriptible à pignon sur rue dans ce petit rectangle de pays,  l’instrumentalisation de la justice et de toutes les institutions de la République aux fins de conservation éternelle d’un pouvoir totalement usé.

Il est à noter que ces images de Faure Gnassingbé en Italie choquent à raison le commun des togolais qui peine a se loger, a se nourrir, à s’offrir une bonne éducation et des soins de santé. Des images qui interviennent alors même que le front social reste en ébullition. Les praticiens de la santé en grève, les enseignants qui n’en démordent pas  avec l’incertitude pour les élèves qu’ils vont passer une année académique dans les standards requis. Sans oublier le front politique et les multiples manifestations de rues.

Dans un pays où le citoyen peut mourir d’un mal de tête faute d’un paracétamol mais où les dirigeants s’offrent des soins dans les hôpitaux européens pour le même mal de tête et de surcroit des soirées théâtrales bien arrosées,  il y a de quoi se poser des questions sur les intentions réelles de ceux qui prétendent diriger le Togo jusqu’à la fin des temps. Comment peut-on laisser mourir son peuple et vivre heureux ?

Par ailleurs, le numéro un togolais aurait-il choisi la bamboula que de participer aux obsèques de Nelson Mandela ? Toutes les tentatives pour retrouver les images du Chef de l’Etat togolais sur les écrans du monde comme la centaine de ses pairs qui ont fait le déplacement de l’Afrique du sud ont été vaines. Et pourtant dans des propos trop mielleux  Gnassingbé 2 a rendu hommage à ce grand homme. Une attitude qui confirme ce que disait Barack Obama en fustigeant ces indétrônables présidents omnipotents qui hypocritement  ose se réclamer  du combat de Madiba. « Beaucoup ont assumé cet héritage de Madiba, beaucoup prétendent être solidaires de sa lutte mais ne tolèrent pourtant pas d’opposition ». Une allusion qui colle bien au cas togolais où c’est le règne du système unique et de la pensée unique pour un pouvoir éternel de père en fils et en petits fils.

En attendant son prochain retour pour régler à sa manière et avec ses méthodes les problèmes du Togo, bon séjour au plus italien des togolais.

 

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