Même avec une majorité taillée sur mesure au parlement, le pouvoir togolais a peur des élections locales.

6 01 2014

Il est paradoxal de remporter les législatives du 25 juillet 2013 à la manière togolaise comme de coutume avec la palme d’or en fraudes électorales grandeur nature comme savent le faire Gnassingbé 1er et 2 et manifester une peur bleue quand à l’organisation des élections locales. La tradition électorale au Togo depuis 1990, l’année du début des soubresauts démocratiques, le Togo  n’a jamais connu de scrutins transparents. En près de 24 ans de lutte pour l’avènement de la démocratie, c’est le seul et même parti au pouvoir depuis bientôt un demi siècle qui gagne les élections. A croire que le peuple  togolais est assez fou pour voter pour ceux qui l’oppriment à chaque mascarade électorale. Aux dernières législatives encore c’est le parti de Gnassingbé fils qui s’octroie 62 sièges sur 91 partageant le reste à l’opposition selon ses humeurs.

Les signes du refus d’organiser les élections locales de la part du régime en place sont visibles. D’abord la rencontre entre pouvoir et opposition dans la première quinzaine de décembre passé où le ministre de l’administration territoriale Gilbert Bawara a eu le toupet de proposer le partage des municipalités arguant le manque de moyens et d’infrastructures pouvant abriter les élus. Des raisons qui ne tiennent pas la route. Le Togo où un seul citoyen peut avoir dans son coffre fort à domicile au moins un milliard et où la présidence seule va consommer près d’un milliard trois cent millions en électricité n’a pas les moyens d’organiser les élections locales ? En plus les partenaires se plient presque en quatre pour que les locales puissent avoir lieu, à tout le moins les élections municipales comme le Bénin l’a fait.

Quelques jours après, vue le tollé médiatique d’une telle proposition farfelue, et face au silence plutôt suspect d’une opposition qui devrait fustiger une telle aberration, le Ministre Bawara monte au créneau pour ravaler ce qu’il a eu à dire. Le président du CAR, maître Paul Dodji Apévon révélera plus tard que dans tous les cas, le Ministre Bawara ne dit pas la vérité.

Ensuite, le même Gilbert Bawara, le 23 décembre 2013 sur une radio privée, soutenait que rien ne presse d’organiser les locales. Dans un pays qui chante a tue tête faire de la démocratie et où les élections locales n’ont eu lieu depuis bientôt trente ans, un ministre togolais estime que rien ne presse pour se contredire après en affirmant que les élections ne se feront jamais dans l’improvisation et  la précipitation. Finalement seul le ministre sait de quoi il parle.

Enfin lors de son discours de la Saint Sylvestre Faure Gnassingbé promet que les locales auront lieu sans avancer de dates ni de calendrier tout en précisant comme son ministre de l’administration que « les élections locales et la décentralisation nous ouvriront de nouvelles perspectives. Nous devons toutefois avancer de manière prudente mais résolue ». Avancer de manière prudente et résolue suppose ne pas se précipiter comme le dit son ministre Bawara.

Il est vrai que le pouvoir qui a mis tous les présidents des délégations spéciales dans sa poche ne trouve aucun intérêt à faire des locales qui comme pour toutes les autres élections étaient transparentes seraient synonymes de véritables fessées électorales pour la dictature héréditaire du Togo.

Mais pourquoi le pouvoir cinquantenaire qui est champion toute catégorie en fraude électorale ne peut travailler sur les combinaisons possibles pour empocher les municipalités qu’il veut et laisser le reste aux autres comme il a coutume à le faire et se cache derrière des arguments fallacieux pour gagner du temps pour ne jamais les organiser ?

Comment un parti qui estime avoir emporté les législatives hauts les mains peut-il avoir peur de simples élections locales ?

Pour l’instant les partenaires du Togo et tous les citoyens conscients de l’importance de ces élections les souhaitent pour notre pays qui se singularise avec cette trouvaille de présidents des délégations spéciales qui sont à la solde du régime cinquantenaire.

Le plus étonnant, l’opposition qui est plutôt friande des élections en parle du bout des lèvres sans poser des actions concrètes pour arracher ne serait-ce qu’un calendrier sur l’organisation de ces locales. Pour l’instant elle donne l’impression qu’elle s’intéresse à la présidentielle de 2015 et se livre entre elle une bataille sordide de leadership. La stratégie infructueuse de courir derrière les accessoires en laissant l’essentiel dans les placards depuis près de 24 ans n’a pas encore lassé ceux qui se réclament des forces démocratiques.

Il reviendra à la société civile de jouer sa partition par un  plaidoyer pour la tenue des élections locales au Togo.

 

Advertisements

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :