Réveil tardif du pouvoir togolais autour de la commémoration du 13 janvier.

18 01 2014

sylvanus_olympio_togoLe 13 janvier 1963, restera une date et un évènement tragique dans l’histoire de la nation togolaise. Cette date marque en effet l’assassinat de Sylvanus Olympio, père de l’indépendance du Togo par un groupe de soldats démobilisés avec à leur tête un certain Etienne Eyadema qui a eu le toupet de revendiquer l’assassinat du premier président démocratiquement élu du petit rectangle de pays. Non seulement avec cet assassinat le Togo inaugure l’ère des coups d’états sur le noir continent mais cette date fut  célébrée en grande pompe par l’assassin de feu Sylvanus Olympio qui régna sur le Togo pendant près de quarante ans. Son fils qui le succéda tel dans un royaume a continué la célébration du 13 janvier avec moins de faste. Après huit ans de succession dynastique Faure Gnassingbé décide de ranger aux oubliettes la célébration festive  du lâche assassinat dont a été victime Sylvanus Olympio.

Le 13 janvier sera dorénavant placé sous le signe  du recueillement. Ce qu’il était depuis pour les togolais normaux qui ont compris qu’on ne peut se réjouir de la mort d’un individu surtout de celui qui est allé jusqu’au sacrifice suprême pour l’indépendance de la chère patrie le Togo.

Il n’est pas superflu de rappeler que si Gnassingbé Eyadema a revendiqué avec une certaine fierté scandaleuse cet assassinat, tué Sylvanus Olympio reste l’œuvre de l’occident notamment de le France qui a tout planifié pour le liquider au regard de sa vision, de son rêve de faire du Togo un pays émergent, par l’indépendance économique. Que Sylva ait pensé doter le Togo de sa propre monnaie est un  crime de  lèse majesté vis-à-vis de cette France qui a juré maintenir les pays africains sous coupe réglée. La France n’est toujours pas prête de voir l’Afrique prendre son envol et s’affirmer comme tel.

 « La célébration chaque année de cette journée permettra aux Togolais de renouveler leur engagement à vivre ensemble dans la paix, la compréhension mutuelle et la cohésion », peut on lire dans le communiqué du gouvernement togolais. Un réveil bien tardif de la part d’un pouvoir cinquantenaire bidouilleur de l’histoire de tout un peuple. Combien de fois le régime de Gnassingbé premier n’a pas tenté de tronquer l’histoire du Togo en peignant en noir les artisans de l’Ablodé ? Sous le fils le tripatouillage a continué avec la mise en place de la commission de réhabilitation qui a eu le culot de  distribuer tel des trophées des titres aux personnalités qu’elle estime avoir joué un rôle dans la vie politique du Togo. Pour cette commission Gnassingbé père est le père de la nation et Sylvanus Olympio celui de l’indépendance comme si l’objectif de cette commission c’est d’attribuer les rôles de père à tout va. Ce tripatouillage est intervenu en connivence avec des personnalités du monde religieux, membre de cette commission  et même du fils de Sylvanus Olympio, Gilchrist Olympio, qui depuis est en noces avec le fils de l’assassin de son père. Certains  diront certainement que la réconciliation est en marche.

Même tentative toujours sous Gnassingbé second avec la commission vérité justice et réconciliation  qui a permis à des pépés qui disent avoir vécu l’époque de la lutte pour l’indépendance, venir donner une version totalement fabriquée de ce pan de l’histoire. La supercherie dans le cas de la CVJR  n’a pas marché. Certains togolais, notamment feu Atsutsè Agbobli et Godwin Tété ont pris sur eux  d’écrire l’histoire du Togo, pour éviter que des individus mal intentionnés n’enterrent  la mémoire de tout un peuple. Les togolais l’ont échappé bel, tout était mis en œuvre pour, car sous Gnassingbé premier l’hymne nationale la terre de nos aïeux est rangé aux placards de même que la devise du Togo. Des symboles forts pour toute nation digne ont été mis entre parenthèse juste par caprice et méchanceté de l’auteur du putsch de janvier 1963.

L’initiative de supprimer enfin la célébration dans la joie d’un triste évènement qui inaugura l’ère de l’impunité érigée en mode de gouvernance depuis près de 50 ans est bonne. Mais le gouvernement n’a pas eu le courage de nous situer sur les pratiques occultes que Gnassingbé 1er et 2 ont toujours fait la nuit du 12 au 13 qui constituent l’un des rituels primordiaux pour ce régime aussi sadique que maléfique.

La célébration est supprimée pour répondre à un aspect des recommandations de la CVJR. Qu’en est-il des pratiques occultes qui auraient permis d’anéantir « Sylva » spirituellement avant de l’atteindre physiquement ? Sans doute une vérité que les togolais ne sauront jamais.

Le peuple togolais  a l’impérieux devoir de  s’approprier son histoire et travailler à la réhabilitation de tous ceux qui se sont sacrifiés pour un Togo libre et digne.

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