Togo, l’Office Togolais des Recettes, une preuve supplémentaire que sous Faure Gnassingbé nul n’est intouchable.

25 01 2014

Avec l’installation de l’Office Togolais des Recettes (OTR), dont la mission est entre autre d’aboutir à plus de transparence dans la gestion des recettes douanières et fiscales du pays, la Direction Générale des Impôts (DGI) se trouve amputée de ses prérogatives. L’office est dirigé par un commissaire général avec deux autres commissaires dont l’un se chargera de la douane, l’autre des impôts. Il est clair que la direction des impôts qui est la chasse gardée de Madame Ingrid Awadé l’une des indéboulonnables dans le cercle restreint de Faure Gnassingbé se retrouve avec une coquille vide.

« Si à l’OTR un commissaire va s’occuper des impôts elle n’a plus grand chose à faire constate ébahi un agent de ce service, avant de renchérir que Madame Ingrid Awadé aurait dû postuler au poste de commissaire ». Il est donc évident que la direction des impôts si elle doit exister encore ne servira que de décor.

Faure Gnassingbé qui sait sans doute ce qu’il fait, place des pions qu’il veut, jette certains dans les mailles de la justice, d’autres en prison, d’autres encore aux oubliettes.

Le constat est clair, aucune personnalité ne peut plus bomber le torse pour se dire intouchable ou dans les bonnes grâces du prince de façon éternelle. Pour ne citer que quelques uns qui ont goûté à l’ingratitude de Monsieur le Président ;

Kpatcha Gnassingbé, l’un des artisans de l’accession sanglante de Faure Gnassingbé au pouvoir est aujourd’hui au chaud dans une cellule de la prison civile de Lomé pour au moins 20 ans à la faveur  d’un ténébreux dossier de coup d’état. Avec lui beaucoup d’officiers, des civils, des membres de la famille Gnassingbé ont passé de sales moments victimes des pires formes de tortures. Le rapport de la CNDH qui a valu l’exil forcé à son président d’alors, Koffi Kounté reste  une illustration parfaite du Togo champion des traitements cruels inhumains ou dégradants.

Pascal  Bodjona, cet autre faiseur de roi a été remercié en monnaies de singe. Le fils du père lui fait coudre un habit de complicité d’escroquerie internationale aux côtés d’un Bertin Sow Agba, cousin de l’ex ministre de l’administration et du  français Loïc le Floch Prigent, ancien PDG d’Elf aquitaine. Résultat des courses, plus de 7 mois de détention arbitraire pour le ministre grand format et une bataille judiciaire sans merci qui est loin de finir.

Didier Bakali, ancien directeur de la douane et aide de camp du numéro un togolais s’est vu garé un beau matin à un poste de préfet à Kara.

L’un des derniers exemples en date, le tout puissant Général Atcha Titikpina qui se croyait certainement l’indispensable gardien du temple et l’incontournable aux yeux du prince  a quitté la gorge noué la tête des Forces Armées Togolaises (FAT) sans que le ciel ne soit tombé comme certains l’ont pensé

Et plus patent, sans doute  que les togolais n’ont pas imaginé la facile éviction  de la « maman de la République » Ingrid Awadé, même si des indiscrétions soutiennent qu’elle a eu le temps de se préparer à cette éventualité pour mieux orienter ses pions.

Au finish le prince maîtrise son pouvoir, il prend son temps et arrive à prouver à la face du monde qu’il est le seul maître à bord. Gare donc aux zélés qui continuent de narguer les citoyens ordinaires pensant avoir une immunité à vie sous Gnassingbé fils.

Cette réalité vaut également pour le nouveau patron de l’OTR, le rwandais-canadien Henry Byakapery Kanyesiim. Soit il fait la volonté du fils du père ou la bande des mafiosi qui régente le Togo foulant aux pieds les règles de la bonne gouvernance qui semblent si chères au FMI et qui  contraint le Togo à cette trouvaille de l’OTR  lui fait sa fête. Ce n’est pas parce que cette formule a marché au Rwanda et en île Maurice que le Togo qui a opté depuis 50 ans pour une gestion clanique et de pillage systématique des ressources du pays va faire figure de bonne élève. Les institutions financières internationales sont pourtant bien placées pour le savoir.

l’OTR a juste permis à Faure de se débarrasser d’un pion essentiel qui pourtant ne lésine sur les moyens surtout financiers pour lui garantir une présidence à vie. Pourquoi s’en débarrasser ? Seul le prince peut répondre à cette question qui intéresse bon nombre de togolais.

Au finish, le fils du père est arrivé à prouver que personne ne lui fera de l’ombre et que nul n’est au-dessus de lui, mais il semble ignorer que c’est une question de responsabilité.

Faure Gnassingbé est donc le  seul maître à bord. Le maitre qui chante des discours mielleux, les bienfaits de la démocratie, la justice pour tous, la force de la loi sur la loi de la force, un homme nouveau avec  l’esprit nouveau, la bonne gouvernance avec le partage équitable des richesses du pays et patati et patata. Mais diable, qu’est ce qui peut empêcher Gnassingbé 2 a lancé le Togo sur la voie de la démocratie et de la bonne gouvernance ? Avec les précédents exemples il est donc avéré que personne ne peut empêcher le plus Faure des togolais à bien faire  son job a la tête du pays, alors pourquoi choisit t-il de conduire la chère partie dans l’impasse ? 

En presque 09 ans d’exercice du pouvoir, le jeune monarque du Togo a fini par dévoiler sa vraie face et démontrer finalement qu’il est l’alpha et l’oméga à bord du navire Togo et le seul qui imprime le rythme qu’il veut quand il veut aux affaires de la cité. Mais alors, si le Togo reste un pays de violations massives et récurrentes des droits de l’homme c’est de sa responsabilité. Si une minorité continue par s’accaparer des richesses du pays comme il l’a reconnu il y a quelques années sans pour autant donner les instructions qu’il faut pour rétrécir le fossé entre cette minorité et la grande majorité c’est encore lui. Si les fronts social et politique restent en ébullition alors que le Togo a les moyens de faire face aux revendications légitimes des travailleurs et d’ouvrir les discussions sur les réformes pour apaiser le pays mais rien n’est fait pour faire baisser cette tension latente c’est toujours lui. Si au moins un milliard se trouve dans le coffre fort de maman Faure pendant que les togolais sont dans une misère indicible c’est la faute au fils. Si l’Etat consacre le pillage avec une trouvaille de voler par le budget où la Présidence seule va consommer de l’électricité en terme de milliard n’étant pas une entreprise industrielle c’est Faure Gnassingbé le responsable. Si la torture reste un crime contre l’humanité mais érigée en  mode de gouvernance au Togo c’est le plus Faure qu’il faut indexer. Si la justice s’aplati devant les humeurs d’une poignée qui se croit intouchable c’est le numéro un togolais qu’il faut interroger. Si les holdups électoraux sont devenus la norme démocratique au Togo le premier qui en profite c’est bien évidemment le plus Faure.

« Voir ce qui est juste et ne pas le faire est un manque de courage », confirme  Confucius dans les Analectes.

 


Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :