Les togolais peuvent-ils espérer un Jean Baptiste Ouédraogo ?

7 02 2014

imagesL’actualité au Burkina Faso ces derniers temps est très suivie par les togolais, pour la simple raison que le président du Faso, Blaise Compaoré est le facilitateur attitré et partial dans l’interminable crise que traverse le Togo, un facilitateur qui brille par son soutien à la dictature héréditaire. Depuis plus de 48 heures ils sont nombreux ces internautes qui ont salué la clairvoyance et la sincérité de l’ancien président  Jean Baptiste Ouédraogo. « Le médiateur réaffirme la position qui est celle du peuple burkinabè : on ne peut pas venir modifier la Constitution car quelqu’un veut rester 30 ans au pouvoir… » a balancé avec courage cet ancien chef d’état burkinabè. Depuis les années 1990, qui marquent l’ère du renouveau démocratique, la classe politique togolaise notamment ceux qui disent incarner les forces démocratiques ont plutôt fait preuve de trahison, de compromission, de manque de vision, de manque d’objectivité et de complicité sournoise ou flagrante avec un régime inhumain.

Blaise Compaoré  a toujours évolué presque sans une opposition, puisqu’elle n’existait que de nom et se contentait de quelques contestations post électorales pour garder silence dès l’instant d’après. Compaoré donc avait le loisir d’organiser ses propres joutes électorales pour les remporter avec des scores soviétiques. Il doit s’étonner de voir subitement cette opposition qui a pris le temps de murir et de s’organiser et lui faire la peur de sa vie.

Depuis plusieurs semaines ça chauffe pour cet assoiffé du pouvoir qui y est venu dans des conditions rocambolesques en assassinant son ami Thomas Sankara. Malgré les 26 ans de plaisirs au trône monsieur reste insatiable et veut y rester éternellement, le fameux syndrome du pouvoir éternel est là. Cette opposition burkinabé restée longtemps inactive  vient de faire une preuve de sa maturité et décidée visiblement à arracher l’alternance pour leur peuple.

Une modification de la constitution, notamment l’article 37 est hors de question, un nouveau mandat pour Blaise Compaoré est impossible, semble marteler Zéphirin Diabré et ses camarades de lutte. Et sur ce point au nom de l’intérêt du peuple, le président du Faso à assister sans doute éberlué aux démissions en cascade de pas moins de 75  personnalités de sa propre formation politique, le CDP. Un véritable choc pour cet autre ami de la France et fidèle de la France Afrique.

Quelle élégance de constater qu’en Afrique malgré les privilèges du pouvoir certains ont encore de la dignité et de la jugeote.

Mais celui qui force le plus l’admiration de ces togolais épris d’alternance c’est surtout le médiateur Jean Baptiste Ouédraogo qui a gardé toute sa lucidité et sans ambages a pris ses responsabilité pour respecter la volonté du peuple burkinabè contenue dans la loi fondamentale du pays. Il est contre toute modification de la constitution qui permettrait à Compaoré de rempiler.

Il ne s’est pas arrêter là, il propose aussi que la classe politique trouve une sortie honorable au Président de la République.

Le Burkina Faso vient donc de donner une grande leçon de lucidité et d’amour de la patrie aux togolais.

D’abord l’opposition burkinabé a démontré qu’il y a des limites à ne pas franchir au nom de l’intérêt de la nation et autour de cet idéal elle parle d’une même voix et fait trembler le dictateur du Faso. Pas comme au Togo où l’essentiel est souvent délaissé au profit des calculs mesquins à forte dose de trahison du peuple qui continue de payer un lourd tribut pour sa libération des griffes de la dynastie.

Ensuite le médiateur Jean Baptiste Ouédraogo qui travaille avec des autorités religieuses au dessus des chapelles politiques dans la résolution de la crise burkinabé vient de lancer un signal fort aux hommes de Dieu et aux intellectuels togolais. Malheureusement, les religieux au pays de Faure Gnassingbé ont perdu en crédibilité à force d’afficher une position mi figue mi raisin. Dans le cas togolais,  certains de ces intellectuels ou religieux dès l’instant où ils franchissent les portes du palais débitent des incongruités aux antipodes des aspirations du peuple et finissent par jouer le jeu  du pouvoir. Un pouvoir qui a la capacité de corrompre même le bon Dieu. Certains sont allés jusqu’à tronquer l’histoire du pays pour plaire à la dictature, une véritable escroquerie intellectuelle et morale et  d’autres encore surtout ceux qui se disent intellectuels gardent un silence sépulcral mais coupable face aux grands enjeux et se font ainsi complice de la dictature.

A quoi servent les intellectuels, s’ils optent d’être des  sourds muets et incapables de défendre des valeurs fondatrices de la société, de la république ?

Ces togolais intellos préfèrent dénoncer ce régime assassin au creux de la chambre et s’imposer la loi de l’omerta une fois dehors.

Aucun débat d’intérêt national ne fait sortir ses intellectuels de leurs bureaux comme on en voit dans certains pays. Les quelques uns qui jouent leur partition sont taxés d’opposants.

Comment ne pas l’être dans un pays où les richesses sont aux mains d’un clan, où l’armée est clanique et dévouée à la dynastie Gnassingbé, où les droits humains sont violés, où les crimes économiques sont encouragés, où une certaine communauté internationale roule pour la dictature. Comment dans ses conditions prendre position pour le bon sens ne supposerait pas être opposant ou en opposition avec la politique de non sens établie au Togo depuis près de 50 ans ?

Et pourtant le Togo à besoin des Jean-Baptiste Ouédraogo, des hommes et femmes capables de dire non aux mirobolants cadeaux empoisonnés du régime cinquantenaire. Des hommes et des femmes qui aiment tout simplement le Togo.

Le Burkina grâce à l’intégrité et l’honnêteté du président Jean Baptiste Ouédraogo, porte bien son nom de pays des hommes intègres.

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