Togo, élection au Conseil National de la Jeunesse, la ministre Victoire Dogbè « aussi », crie à la fraude électorale !

4 03 2014

imagesLe Conseil National de la Jeunesse (CNJ), version Togo,  est secoué par une crise née de l’élection du nouveau bureau qui a élu à sa tête monsieur Kolani Gartieb depuis le 20 janvier 2014. Le processus électoral ayant conduit au renouvellement du bureau a été pourtant suivi par les services du ministère à tout faire, le ministère de tutelle, celui de dame Victoire Tomégah Dogbè,  qui n’a pas trouvé matière à contestation mais, patatras, un mois après cette élection,  dans un communiqué scandaleux remet en cause l’élection de monsieur Kolani Gartieb qui selon les indiscrétions n’est pas le candidat idéal aux yeux de l’autre « maman de la république ». Il est tout à fait curieux qu’un produit du régime, champion en holdup électoral, crie à la fraude. Le Togo est vraiment le pays du tout est possible.

L’objectif de ce présent article n’est pas de s’intéresser au Conseil National de la Jeunesse, qui est une initiative de l’Organisation Internationale de le Francophonie (OIF) à l’endroit des jeunesses africaines pour leur épanouissement et pour qu’elles puissent impacter sur les différentes politiques de développement au niveau des Etats francophones. C’est ainsi que ces jeunes sont impliqués dans les différentes célébrations de la francophonie avec des thématiques liées à la démocratie, la bonne gouvernance, l’état de droit, l’environnement, etc. Le Conseil National de la Jeunesse est donc l’organe officiel d’avis et porte-parole des jeunes. Il n’est pas propre au Togo même si au Togo le pouvoir dynastique veut en faire une caisse de résonance de sa politique monolithique  basée sur des règles anti démocratiques.

Le CNJ dans tous les pays où il existe est un organe indépendant et détaché des chapelles politiques même si les Etats doivent leur apporter soutien et appui logistique. Aucune interférence politicienne ne peut être tolérée au sein de cet organe comme on en voit au Togo.

Dans son essence donc, le CNJ, est une entité démocratique et ne doit être sous l’influence d’aucun téléguidage politicien, mais au Togo les gouvernants comprennent toujours tout de travers et tout ce qui respire doit avoir la couleur de la dynastie régnante.

En effet, l’objet de cet article n’est pas consacré au CNJ en tant que structure, ou même de dépoussiérer les dessous d’une guerre entre clans rivaux autour de Gnassingbé 2, notamment le clan Ingrid Awadé contre celle de Victoire Dogbè comme certaines informations le révèlent.  La plupart des togolais savent que le pouvoir sous Gnassingbé fils est émietté avec des petits Mussolinis qui font leur loi dans leur compartiment respectif. Nous sommes plutôt interpellés par  la position surprenante de la ministre à portefeuilles illimités qui subitement retrouve les vertus de la démocratie et parle de morale, d’éthique,  d’élections frauduleuses et patati et patata.

Madame victoire Tomegah Dogbè est la ministre  du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, au total quatre ministères en un, auxquels il faut ajouter le titre de directrice de cabinet de la présidence de la république, avec des milliards à n’en plus finir quand on se réfère au budget exercice 2014.  Au moment où les jeunes sont à la recherche de l’emploi et où les règles de bonne gouvernance sont les choses les mieux partagées dans les Etats normaux, où le cumul de fonction est proscrit dans la gestion des affaires de la cité, le Togo excelle dans les travers. Les multiples dénonciations ne font ni chaud ni froid à la petite clique dirigeante.

La toute puissante ministre Victoire Dogbè, annule par un simple communiqué l’élection du 20 janvier au niveau du Conseil National de la Jeunesse alors même que sur le site du ministère au lendemain du scrutin il est écrit : « Gartieb Kolani est le nouveau président du Conseil National de la Jeunesse. Il a été élu ce lundi 20 janvier pour un mandat de trois ans à l’issue du deuxième congrès ordinaire du CNJ. Le congrès a été ouvert à Notsè par Yawotse Vovor, Directeur de Cabinet du ministère du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes ». Alors quelle mouche pique madame la ministre qui crie subitement un mois après cette élection, que son ministère a effectivement suivi de bout en bout,  à la fraude électorale ? À un fichier électoral vicié avec des associations fictives ? C’est tout simplement ridicule un voleur qui crie au voleur.

Sur le champ politique, l’opposition togolaise aurait crié au holdup électoral, surtout un  mois après, qu’un disciple du clan la traitera de « badaud » ou « d’amnésique »,  comme il a eu le faire en l’endroit du Collectif Sauvons le Togo et de Gilchrist Olympio version « lucide ».

Le communiqué qui annule les élections au CNJ dit en substance, « Les différentes phases de renouvellement ont été émaillées de graves irrégularités et de cas de fraudes. Face à cette situation qui remet en cause la crédibilité de tous les organes issus de ce processus et pose un problème moral et éthique, le ministère décide d’annuler purement et simplement tout le processus. Les dispositions sont prises pour rendre le processus de renouvellement dans des conditions plus transparentes», l’indétrônable Victoire Dogbè a parlé.

Mais il est surprenant que la ministre victoire Dogbè qui est à la tête d’un ministère de propagande, un ministère en campagne à plein temps puisse réagir de la sorte.

Que le pays soit en période  électorale ou non, le développement à la base travaille pour la pérennisation de la dictature. Les distributions de houes, dabas, machines à coudre, et autres articles à l’effigie du jeune monarque du Togo sont son job de prédilection.  Comment peut-elle parler de fraudes et d’irrégularités contre le CNJ quand elle-même n’est pas un parangon de vertu en la matière ?

Comment une personne  qui se livre aux achats de conscience 24/24 au nom de la dynastie, peut elle parler d’éthique et de morale ? Le ridicule ne tue vraiment pas au royaume des Gnassingbé.

Quand il s’agit d’avaliser les holdups  électoraux qui lui garantissent ses privilèges, la minorité se tait sur les infamies pour retrouver subitement les vertus démocratiques quand leur intérêt est en jeu. Un vrai n’importe quoi ce Togo. Des gens qui se comportent de la sorte, quels vertus peuvent ils transmettre à leur progéniture et incarner au niveau de l’Etat ?

Victoire Dogbé qui crie à la fraude électorale, sous un Faure Gnassingbé et dans un régime cinquantenaire, champion toute catégorie des cirques électoraux, faut –il en rire ou pleurer ?

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