Les victimes de la torture exigent l’exécution de l’arrêt de la cour de justice de la CEDEAO dans le dossier Kpatcha Gnassingbé.

13 03 2014

asvittoL’Association des Victimes de la Torture au Togo,  (ASVITTO)  du Commandant Olivier Amah Poko, malgré les manœuvres d’intimidations a tenu son sit in ce jour pour exiger l’exécution de l’arrêt de la cour de justice de la CEDEAO dans le dossier de complot contre la sûreté intérieure de l’état, arrêt rendu  depuis le 03 juillet 2013 et qui reconnait clairement que le droit des requérants à un procès équitable à été violé. En plus de condamner l’état togolais à dédommager les victimes de traitements cruels inhumains ou dégradants, la cour ordonna que cessent les violations sur les détenus.

Ils étaient près de 200 personnes à observer le sit in de  ce 13 mars 2014 qui a duré près de deux heures d’horloge, devant l’esplanade du palais des congrès de Lomé. « Seuls les téméraires ont pu faire le déplacement », nous a confié le commandant Olivier Amah Poko, tout le secteur étant fortement bouclé.

Le pouvoir comme à son habitude a joué encore à la diversion. D’abord en rencontrant à pas de charges les avocats des victimes pour les informer de leur intention de délivrer des bordereaux du trésor public aux victimes pour qu’elles aillent chercher directement l’argent. Une trouvaille malhonnête dénuée de tout bon sens quand on sait que les fonds,  près de cinq cent (500) millions de FCFA ne peuvent circuler n’importe comment mais doivent être virés sur le compte des avocats  au nom des victimes, comme cela se fait dans les procédures judiciaires dans les tous les pays normaux.

Il faut rappeler que le régime togolais a toujours une manie hors pair d’exécuter les décisions clairement énoncées de la cour de la CEDEAO, décisions qui sont un sérieux camouflet pour ce régime de non droit qui devrait se faire en principe tout petit.

Dans le cas du dossier des députés révoqués de l’ANC,  c’est le virement direct sur le compte des bénéficiaires qui continue de créer pas mal de polémiques et d’incompréhensions comme le régime l’a fignolé à dessein. Dans un pays où le pouvoir est champion de  la corruption ces genres de pratiques ne peuvent que laisser libre court aux supputations. Et pourtant l’état togolais sait pertinemment que dans ce genre de procédure le transfert se fait sur le compte des avocats. Une manœuvre  pour chercher à discréditer ceux à qui sont destinés de droit ces fonds.

Cette fois ci les avocats ont dit niet au ministre des finances et lui ont tout simplement demandé de se référer à la procédure habituelle, à savoir le virement sur leur compte.

Démarche réitérer par le président d’ASVITTO, le Commandant Olivier Amah avant d’ajouter « heureusement que nous n’avons pas tous des comptes individuels sinon ce pouvoir va nous faire le coup des députés ANC ».

Le sit in a pris fin avec la lecture de la déclaration dont les grandes lignes exigent la libération des 07 autres détenus dans le dossier d’atteinte contre la sureté intérieure de l’état dont Kpatcha Gnassingbé demi frère du Chef de l’Etat togolais,  le transfèrement dans les plus brefs délais des fonds au titre des dommages et intérêts  conformément  à l’arrêt de la cour de justice de la CEDEAO, la prise en charge socio-économique et sanitaire et l’ouverture des enquêtes sur les autres allégations de tortures pour toutes les autres victimes. Notamment dans les dossiers des militants de Sursaut Togo, des victimes de 2005 avec l’accession sanglante de Faure Gnassingbé au pouvoir et autres.

Prévu pour se tenir devant le ministère des finances, les autorités municipales ont tout fait pour faire annuler ce sit in qui a finalement eu lieu grâce à la témérité des responsables d’ASVITTO devant le palais des congrès avec une forte présence policière.

Bonne nouvelle pour ASVITTO,  les autres victimes de ce dossier qui ont été retournées entre temps par le régime en place marquent leur retour dans l’association. « Nous avons voulu faire l’âne pour obtenir le foin que nous n’avons jamais obtenu. Nous lançons un appel à toute la jeunesse togolaise de se hisser sur le chemin de ce régime de tricheurs », a lancé très déterminé monsieur Pali Afeignidou, qui s’exprimait en kabyè. Ils sont onze (11) au total à réintégrer de nouveau l’association.

L’association du Commandant Olivier Amah qui sortait lui-même de prison il y a seulement quelques jours  promet de nouvelles manifestations si le régime togolais ne s’exécute dans les meilleurs délais.

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