Les vérités de Nicolas Berlanga, chef de la délégation de l’UE au Togo.

9 04 2014

imagesDans un entretien exclusif qu’il a accordé à nos confrères du journal l’Alternative, Nicolas Berlanga Martinez, chef de délégation de l’Union Européenne au Togo, sans langue de bois se prononce sur l’essentiel et sur l’éternelle question des réformes et de comment les opérer. « C’est possible d’avoir un dialogue entre les forces politiques qui devra à la fin être entériné par l’Assemblée ». Nicolas Berlanga vient ainsi de se démarquer du langage diplomatique dont use et abuse à dessein ses collègues quand il s’agit du Togo. Toutes les grandes questions ont été abordées dans cette interview. Entre autres, Le processus de réconciliation, la décentralisation, les réformes, la situation politique du pays.

Soulignons que l’attitude de monsieur Nicolas Berlanga tranche radicalement avec celle de son prédécesseur Patrick Spirlet qui s’exprimait très peu et les rares fois de façon très diplomatique. Il a été taxé à tort ou a raison d’être proche du pouvoir togolais qu’il caressait souvent dans le sens du poil, un peu comme louis Michel qui n’a jamais caché son admiration pour la dictature en place. Quant à Filiberto Sébrégondi, un autre chef de la délégation de l’UE au Togo a essayé de faire un bon mandat. Mais de l’avis de la majorité et pour les six premiers mois qu’il passe au Togo, le nouvel ambassadeur de l’Union Européenne, Nicolas Berlanga, fait une diplomatie de proximité, et fait l’effort d’être proche de tous les acteurs qu’ils soient de la société civile, du monde culturel ou politique.

Dans le sens du président américain, Barack Obama, l’ambassadeur Berlanga, donne de l’importance à la force des institutions. Il dit à cet effet, « ce sont les institutions qui importent, pas les personnes ».
Sur le chapitre de la décentralisation, monsieur Berlanga affirme que « le Togo doit organiser les élections locales pour donner une légitimité aux élus, aux représentants de la population. Ces élections de proximité permettront de faire émerger des leaders locaux qui après, pourront devenir des leaders nationaux. Ça va aussi aider tous les partis, y compris ceux de l’opposition à entamer une démocratisation de leur structure interne ». Sur la question des locales le pouvoir continue de garder un silence coupable. Vont-elles se tenir ? Quand et dans quelles conditions ? Seuls les dieux du Togo au pouvoir depuis presque un demi-siècle peuvent y répondre. « Sans les élections locales, le Togo n’aura pas une démocratie complète ». Martèle l’ambassadeur de l’UE.

Sur la question de la réconciliation, Nicolas Berlanga n’a pas manqué de souligner la lenteur dans la mise en œuvre des recommandations deux ans après la remise des conclusions de la CVJR au chef de l’état togolais. « Mais nous disons que deux ans après la remise des rapports, une autre étape doit être franchie ; une étape où tous les volumes des rapports de la CVJR doivent être publiés. Une étape où on doit passer de la Vérité à la Justice, soit symbolique, soit réelle ». « Vous savez, dans tous les processus de justice, vérité et réconciliation dans le monde, une fois que les conclusions sont remises aux autorités (dans le cas du Togo, cela a été fait au Président de la République), la Commission n’a plus de responsabilité. Les institutions qui accompagnent la Commission, elles n’ont plus de responsabilité. La responsabilité de la publication et de la mise en œuvre des conclusions appartient au gouvernement. Il ne faut pas faire des amalgames. C’est le gouvernement à travers le ministère des Droits de l’Homme et de la mise en œuvre des recommandations de la CVJR qui a la responsabilité de la mise en œuvre des Recommandations, avec l’accompagnement bien sûr des partenaires ».

À la question de nos confrères de l’Alternative sur la présidentielle de 2015, nous en sommes à moins d’un an. Est-ce que vous êtes aujourd’hui certain que tout ce qui sera nécessaire à la transparence du processus sera mis en œuvre à temps ? L’ambassadeur Berlanga précise, « nous avons récemment salué par la voie d’un communiqué le dialogue politique en cours relatif aux réformes institutionnelles et constitutionnelles tant attendues. Nous ne cessons de passer des messages à nos interlocuteurs en faveur d’un accord et de dire qu’il y a une opportunité historique pour consolider ces réformes d’ici au mois de juillet 2014. Nous exprimons sans cesse que c’est possible d’avoir un dialogue entre les forces politiques qui devra à la fin être entériné par l’Assemblée parce que la Constitution dit que toute réforme doit être validée par l’Assemblée ».

Sur la question du troisième mandat de Faure Gnassingbé, tout en marchant sur les œufs, l’ambassadeur a eu le courage de rappeler que « la Constitution modifiée de 2002 est explicite sur la capacité des acteurs politiques à se présenter ou non. Tant que la Constitution ne sera pas modifiée, il sera difficile de se prononcer d’un côté ou d’un autre. Ce qu’il faut encourager, c’est que les accords des acteurs politiques consolident les réformes qui reflètent la position de la majorité de la société. Je ne cache pas qu’à mon avis la Constitution de 92 reflétait la majorité de la population togolaise et avait été faite avec le concours de toutes les forces politiques. C’est un fait historique. Et la modification de 2002 avait été faite par une partie.

Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent.

 

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