L’enfer carcéral reste une réalité dans le Togo « moderne » de Faure Gnassingbé.

2 05 2014

IMAG0032Il y a quelques jours nous avons publié de choquantes photos et une vidéo de 15 secondes sur la situation du détenu au cabanon (à l’hôpital). Elle reste la même que celle qu’il vit dans nos prisons à savoir dans des conditions qu’on peut réserver à la limite à des animaux. Là encore certains animaux sont mieux traités ; quand des êtres humains sont entassés comme des sardines, quand des personnes restent debout ou accroupies toute la nuit dans les prisons au Togo, les mots manquent pour décrire et qualifier une telle situation. Malgré les cris des associations des droits humains au plan national et international la réalité est tout autre et ce n’est pas la libération des 484 détenus à qui il ne reste que moins de six mois à passer dans les « Guantanamo » togolais qui est la solution face à la criarde préoccupation de la surpopulation carcérale.

Le serment d’Hippocrate est considéré comme le principe de base de la déontologie médicale. Quand des médecins togolais font fi de ce serment et laissent mourir les détenus, il y a de quoi se poser des questions.
Au-delà des photos et vidéos qui font le tour de la toile ces derniers jours, petit détail sur comment les choses se passent au cabanon du CHU Tokoin pour les détenus.

Quand un détenu fait une crise, ce qui est plus que courant, puisqu’il n’est jamais soigné quand la situation peut être maîtrisée, il faut toujours que le cas du détenu soit préoccupant voire dramatique avant que l’administration pénitentiaire ne juge nécessaire de le faire évacuer et souvent le détenu est transporté au cabanon via les services d’urgences du CHU. Quand la prescription d’urgence est faite, on demande au détenu si lui ou sa famille a les moyens de faire face aux soins. Dans ce cas, il bénéficie des soins au cas contraire une fiche d’hospitalisation lui est délivrée et direction le Cabanon.

Au Cabanon, les détenus sont laissés a eux mêmes et à la limite, sous la supervision de la garde malade. Il est connu que dans les centres hospitaliers les patients reçoivent la visite des médecins mais au Cabanon aucun médecin ne vient voir comment ces détenus dont les cas sont souvent graves se sentent. Ainsi il est fréquent qu’un détenu hospitalisé fasse des mois sans jamais voir un médecin entrer au Cabanon. Seuls les détenus qui ont de la famille arrivent à voir un médecin mais là encore la famille doit faire des pieds et des mains pour obtenir un rendez vous auprès du médecin à leur frère ou sœur malade, mais il est courant de rater 5 à 10 fois le rendez vous avant d’avoir la chance ou la malchance de se voir accompagner par les services sécuritaires de l’administration pénitentiaire.
A ce niveau aussi, soit il n’y aucun agent de la sécurité pour amener le malade voir son médecin soit le détenu n’est pas « généreux » et on l’ignore.

En somme un détenu malade évacué au Cabanon peut en moyenne faire un mois avant de pouvoir faire une simple analyse. Le professeur chargé de consulter les détenus au CHU n’y rentre presque pas sauf quand il s’agit d’ordonner le retour d’un détenu vers la prison. Il arrive qu’il fasse cesser un traitement en cours juste pour faire regagner les détenus en prison et souvent de retour dans l’enfer carcéral c’est la mort assuré, ce qui explique ce taux élevé de décès en milieu carcéral. Ces médecins qui laissent les détenus à leur triste sort sans soin adéquat ni même approximatif sont tout aussi coupables de non assistance à personne en danger comme les autorités togolaises qui appliquent une politique avilissante, en deçà des standards requis en la matière. Pour les soins, les seringues et compresses sont à la charge du détenu, la prise en charge n’existe pas et aussi paradoxal que cela puisse paraître, le pouvoir a le toupet assez souvent d’injecter de faux détenus dans les prisons. Pour jouer aux faux malades. Ces faux détenus sont en réalité des espions au service.

Une situation inhumaine qui mérite la mise en place d’une politique carcérale bien élaborée, mieux structurée et plus humanisante tenant compte du respect minimum du droit des détenus loin des artifices politiciens dont Faure Gnassingbé raffole, comme la libération de 484 détenus que le ministre « opium du peuple », koffi esaw, a annoncé telle une providence.

En prenant l’unique exemple de la prison de Lomé qui a une capacité de contenir au plus 660 détenus mais en compte plus du double à ce jour, en quoi la libération de plus de 400 détenus de toutes les prisons du pays règle l’épineuse question du désengorgement?

En ce siècle de modernité où des humains, sous Faure Gnassingbé, vont en prison pour des menus fretins ; vol de portable, de poule, de pagne, de denrées alimentaires pourquoi se contenter des mesurettes trompe œil au lieu de faire de la justice un véritable instrument au service du droit et opter pour une politique carcérale exempte de toutes velléités d’en faire voir de toutes les couleurs aux paisibles citoyens ?
« Le président Faure Gnassingbé a accordé la liberté conditionnelle à 484 condamnés définitifs, dont le restant de la peine à purger n’excède pas six mois », s’est fendu le ministre de la justice Koffi Esaw qui pense faire une annonce « papa bonheur ».
Que dit-on de ces personnes qui se retrouvent en prison au nom d’une justice sous coupe réglée du plus « Faure » des Gnassingbé ? Tous ceux qui se retrouvent en prison par le biais d’un faux jugement ou qu’on refuse de juger pour des raisons obscures ? que peut-on dire si ce n’est que sous le règne des Gnassingbé il y aura toujours une justice des forts contre les faibles.
Le communiqué, précise plus loin, « sont exclus les condamnés pour crimes de sang, crimes contre les mœurs, crimes relatifs aux stupéfiants et pour infractions contre l’Etat ». Il est de notoriété publique que les vrais criminels, les vrais délinquants, qui tuent de paisibles citoyens dilapident les richesses du pays et sont de sacrés champions en holdup électoral et de multiples coups de force contre l’état, sont pour la plupart en liberté et jouissent d’une impunité no limit au nom de la politique de la pensée unique et du pouvoir « éternel ».

 


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