Dialogue au Togo, Monseigneur Nicodème Barrigah, champion en remise de rapports.

5 06 2014

barigahLe dialogue Togotelecom 2 enregistre un cuisant échec comme c’était plus que prévisible. Mais en bon diplomate, le facilitateur du dialogue et président de la CVJR, Monseigneur Nicodème Barrigah, tout en révélant sa déception veut camoufler l’échec de ces pourparlers de plus en disant remettre un rapport des travaux au premier ministre. Un rapport signé par certains participants et qui ne contient aucun consensus autour des points de bon sens dans une république sensée évoluer selon les normes démocratiques. Il n’est un secret pour les citoyens de l’UEMOA que le Togo est le seul pays de l’espace monétaire qui continue d’organiser des scrutins à un tour et promeut avec son voisin le Burkina Faso la présidence à vie en refusant de limiter le mandat présidentiel.
Pour rappel, Monseigneur Barrigah après les travaux de la CVJR a remis à Faure Gnassingbé qui incarne le système cinquantenaire qui régente le Togo le rapport des travaux de cette commission. Hors les recommandations de la CVJR englobe les principes démocratiques contenus dans la constitution de 1992 et repris dans l’APG d’où Faure Gnassingbé tire son pseudo légitimité. En réalité la position de l’évêque d’Atakpamé au-delà de son rôle de facilitateur devrait être celle du rappel des normes démocratiques aux différents acteurs du dialogue. D’abord parce que c’est le bon sens et ensuite ses propres recommandations ont fait les mêmes suggestions. Mais le prélat donne l’impression comme si le principe de la limitation du mandat ne découle pas du bon sens et qu’il faille supplier à cet effet, le pouvoir qui bat déjà et contre tout bon sens un record de longévité. Pareil pour le retour au scrutin uninominal à deux tours qui n’est que normal dans une démocratie. Le contraire n’est concevable que dans une dictature monarchique.
Monsieur le prélat ne peut se dédire au nom de la facilitation puisque même dans les lois de dieu et du christ qu’il sert, le bien reste le bien et est encouragé et le mal est à combattre même si les méthodes doivent être douces pour un homme de l’église comme lui.
Comment comprendre que des gens qui sont au pouvoir depuis un demi-siècle au cours d’un dialogue pour sortir le pays de l’impasse n’ont daigné ouvert la bouche pendant deux semaines de discussions pour faire connaitre ne serait-ce que leur position sur des questions aussi importantes et essentielles pour un pays qui veut évoluer dans la modernité alors même que ses dirigeants disent lancer un programme dénomméTogo vision 2030. Une telle projection ne peut se faire dans une monarchie déguisée ni dans une dictature avérée. A moins que le facilitateur pense que c’est possible.
Monseigneur Barrigah au cours de ses pourparlers à adopter la posture d’un facilitateur qui sait ce que le parti au pouvoir veut alors même que ses représentants n’aient pas bronché. Sans doute parce que proche de dieu il a pu sonder le cœur de tous les protagonistes pour savoir leur désir, alors dans ce cas pourquoi certains doivent émettre leur avis et d’autres se taire et que le facilitateur dit remettre un rapport. Ce rapport va contenir aussi le silence des émissaires de l’UNIR?
Il n’est pas banal de rappeler que le rapport de la CVJR à ce jour est resté lettre morte sans que ses membres ne puissent veiller à son application. Si les recommandations de cette CVJR installée avec tambour et cymbale par le bénéficiaire des massacres qui ont exigé la mise sur pied d’une telle commission sont placées au placard quel sort peut être réservé à un dialogue non désiré par le pouvoir avec un rapport non consensuel donc incomplet ? Des discussions organisées uniquement sous la pression du corps diplomatique, un dialogue dont le régime lui-même dit n’avoir pas besoin puisqu’il est là pour l’éternité.
Monseigneur Barrigah gagnerait dorénavant à ne pas jouer à ce jeu s’il n’a pas le courage nécessaire de dire à ceux qui ne veulent pas d’une limitation de mandat et d’une élection à deux tours qu’ils n’ont pas le choix car c’est le prix que payent tous ceux qui veulent faire de leur pays des modèles démocratiques. Afficher une attitude contraire compromet sa personne et donne l’impression aux populations comme s’il se dédit puisque la CVJR qu’il a présidé préconise le retour à la constitution de 1992.
Aucune facilitation ne peut se faire dans l’hypocrisie en tentant toujours de couper la poire en deux pour faire plaisir aux protagonistes et au finish il n’y plus de poire à couper. Monseigneur Barrigah devrait se rendre compte qu’il n’y a pas de poire à couper dans la situation togolaise. Et cette propension à pondre des rapports comme pour dire que les travaux se sont bien déroulés avec des résultats qui régressent le peuple est une façon sibylline de fuir ses responsabilités.
Pour garder une certaine légitimité face à un régime décidé à s’éterniser au pouvoir contre la volonté du peuple et par ricochet celle de Dieu, que sert si bien Monseigneur l’Archevêque d’Atakpamé, puisque la voix du peuple est la voix de Dieu, Monseigneur Barrigah gagnerait dorénavant à prendre ses responsabilités en tenant un langage de vérité aux tenants du pouvoir ou à décliner de telles invitations destinées à le ridiculiser davantage.

 

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