Le franco algérien Mabrouk décédé à la prison civile de Lomé, enfin inhumé. Sa famille veut la vérité sur ce décès tragique.

9 07 2014
le cercueil de Mabrouk le 13 juin à Tullins

le cercueil de Mabrouk le 13 juin à Tullins

Le 22 mai 2014 décédait de façon tragique et dans des conditions troubles, monsieur Mabrouk, un franco algérien, envoyé le 07 mai 2014, à la très surpeuplée prison de Lomé pour escroquerie sur plainte d’un autre français. Après plusieurs tractations liées au rapatriement de la dépouille, Mabrouk est finalement enterré le vendredi 13 juin dernier selon les coutumes propres à la famille au cimetière de Tullins (38210 France), sa ville natale.

La famille de Mabrouk ne compte pas digérer cette version officielle qui soutien que le détenu serait décédé des suites d’une crise cardiaque. Puisque dès le départ, les protocoles qui doivent être suivis à la mort d’un ressortissant français à l’étranger n’ont pas été respectés.
Plus grave, la famille de Mabrouk a été informée par le biais d’une connaissance, gérant d’hôtel à Lomé qui est du même village que le défunt. En principe ce sont les autorités togolaises qui devraient informer l’ambassade de France au Togo et c’est cette dernière qui devrait prévenir dans les meilleurs délais la famille du défunt mais rien de tout cela n’a été fait.
Pour rappel, contrairement aux détenus togolais devenus des « tarzans » pour avoir développé des capacités à supporter l’insupportable, Mabrouk normalement et humainement bien constitué n’a cessé de se plaindre des conditions inhumaines de détention notamment les odeurs pestilentielles, la promiscuité et la chaleur caniculaire qui l’empêchait de respirer et de dormir.
La prison civile de Lomé reste aussi un haut lieu de corruption surtout pour certains détenus non ordinaires qui ont certain moyens financiers. Ainsi Mabrouk a dû débourser environ 100.000 FCFA juste pour se voir changer de cellule.
Toutes ses journées, Mabrouk les passait dehors dans l’enceinte du « Guantanamo » de Lomé. Le jeudi 22 mai vers 12H30, il est retourné en cellule pour récupérer un document, il fait une crise, perd connaissance et ne reviendra plus jamais.
C’est donc à juste titre que la famille de Mabrouk se pose certaines questions. Pourquoi était-il incarcéré à la prison de Lomé ? On parle d’escroquerie qu’en est-il exactement ? Quelles étaient les conditions de sa détention ? Était-il maltraité ? Violenté ? A-t-il subit des sévices ? Mangeait-il à sa faim ? De quoi est-il mort exactement ? S’il n’était pas décédé quelle peine de prison la justice togolaise devrait lui infliger ? Voilà les questions que la famille nous a posées et continue de se poser. L’une des raisons pour lesquelles elle compte élucider ce décès intervenu dans des conditions plus que troubles.
« Nous savons pertinemment que nos interrogations ne feront pas revenir notre frère mais il est important pour nous de connaitre ses derniers moments de vie, car avant d’être incarcéré à Lomé, il était venu en France passer deux mois avec nous et il nous disait que c’était fini avec le Togo et qu’il reviendrait sous les 15 jours. Mabrouk aimait les togolaises et les togolais ». Nous a confié ému un proche du défunt.

Bientôt un mois après l’inhumation Mabrouk, l’ambassade de France n’a toujours donné aucune explication claire à la famille. Celle qui était chargée de ce dossier au niveau de l’ambassade de France au Togo et qui est restée en contact permanent avec la famille pour els formalités de rapatriement de la dépouille a brillé par une incompétence notoire à en croire la famille du détenu qui soutien par ailleurs que seul l’aspect financier avait l’air de la motivée. Cette dame a réclamé quatre fois les mêmes papiers nécessaires, comme les actes de naissance de chaque membre de la famille, ainsi que celle de l’épouse du défunt. Mabrouk était encore mariée légalement. Plus cocasse et anormal l’ambassade de France et la famille apprenaient au même moment la nouvelle du décès de Mabrouk.

A ce jour aucune information ni de l’ambassade, ni du médecin légiste n’est communiquée à la famille sur les causes réelles de la mort du détenu. La famille dispose à ce jour des certificats de décès du médecin légiste et celui du tribunal de Lomé et pour la petite histoire, le médecin s’est même trompé sur la date de naissance du défunt et sur la date d’établissement de l’acte. En effet si on lit cet acte, on remarque qu’il était établit avant même la mort constaté de Mabrouk.
Le rapatriement de Mabrouk a coûté plus de 10 000 euros, ce qui fait que la famille n’a pu faire une autopsie qui devrait couter 3000 euros de plus. La venue d’un imam ainsi que le lavement du corps avec le linceul ont été facturés à 1000 euros toujours par le biais de la dame de l’ambassade qui s’est occupée de ce dossier. « Je trouve que c’est vraiment cher surtout pour le Togo. On a aussi été déçu, car on a compris que nous étions des français de seconde zone, les autorités françaises ont vraiment été minables pour ce coup là ». nous a confié un frère de Mabrouk.
Nous sommes au Togo de Faure Gnassingbé où le laxisme et le mépris sont de mise. Curieux comportement aussi de l’ambassade de France qui devrait traiter ses citoyens sans aucune distinction surtout que la France n’a cessé de chanter qu’il est le pays du respect des droits humains et de l’égalité pour tous.
Par ailleurs, nos investigations ces derniers jours ont révélé que Mabrouk avait un téléphone portable de marque Galaxy qui contiendrait des informations importantes pour le défunt. A son décès un des responsables du Guantanamo de Lomé aurait revendu l’appareil. Pourquoi ? A combien ? Mystère. En plus Mabrouk aurait près de 400.000 FCFA sur lui au moment de son transfèrement à la prison mais seulement 80.000 FCFA auraient été déclarés par certains responsables. Autant dire qu’il y a une certaine omerta autour de cette affaire et nos sources ont vraiment peur pour leur vie. Plus grave, certaines indiscrétions soutiennent qu’il ne faut pas non plus négliger la piste d’un possible empoisonnement vues les conditions du décès.
Aux dernières nouvelles la famille de Mabrouk compte saisir le ministère des affaires étrangères et surtout la cour de justice de la CEDEAO pour que la lumière soit faite sur les circonstances de la disparition de Mabrouk.

 

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