John Kerry, contre la présidence à vie en Afrique, épingle Compaoré, N’Guesso, Kabila et oublie royalement Faure Gnassingbé.

5 08 2014


kerryA  l’occasion du sommet Etats-Unis-Afrique, le secrétaire d’état américain John Kerry devant les représentants africains de la société civile a fustigé les dirigeants africains qui veulent s’éterniser au pouvoir en s’appuyant sur des constitutions taillées sur mesure.

Se fondant sur les valeurs démocratiques et des droits humains, John Kerry a affirmé, « Nous presserons les dirigeants de ne pas modifier les constitutions pour leurs bénéfices personnels ou politiques ». Une position que le secrétaire d’état américain défend depuis plusieurs mois notamment dans le cas des deux Congo, du Burundi et du Burkina Faso.

Chose curieuse, les américains oublient souvent de mentionner le cas singulier du Togo où Faure Gnassingbé veut s’éterniser au pouvoir après près d’un demi-siècle de règne de la dynastie Gnassingbé. La modification de la constitution togolaise qui permet le mandat illimité est une réalité au Togo depuis décembre 2002 et John Kerry dans ses prises de positions devrait le dénoncer de façon à éviter un traitement sélectif.

En plus le département d’état américain qui se prononce très peu sur le cas du Togo ne devrait pas perdre de vue que ce rectangle pays reste un des plus atypiques et le premier à innover en matière d’idéologies anti démocratiques. Premier coup d’état sur le noir continent, l’initiative de la succession dynastique dans une république est une invention togolaise sans oublier le toilettage de la constitution qui décrète l’illimitation du mandat présidentiel.

La limitation du mandat présidentiel à deux reste un principe démocratique et devrait s’appliquer comme tel à tous les pays quels qu’ils soient.

Par ailleurs, le département d’état américain fait bien dans son dernier rapport sur l’évolution des droits de l’homme au Togo de reconnaitre que la situation n’est pas reluisante, le département d’état doit dorénavant être plus regardant sur l’évolution socio politique avec la nécessité des réformes politiques pour un environnement politique assaini tel que préconisé par l’accord politique global.

Si au Burkina aux Congo, au Burundi, il est question d’une course effrénée pour la modification constitutionnelle et entériner la pratique de la présidence à vie, au Togo le pouvoir éternel pour le clan dirigeant est une réalité et la parade reste le refus des réformes par le régime cinquantenaire dont les états unis contre tout bon sens applaudissent le cycle des élections truquées avec  les missions d’observations qui relèvent les énormes irrégularités tout en soutenant la dictature en place au Togo depuis plusieurs décennies.

La société civile africaine et togolaise à ce sommet à l’impérieux devoir de faire observer qu’outre Blaise Compaoré et ses homologues burundais et congolais, le togolais Faure Gnassingbé est en passe d’entériner une présidence à vie si la première puissance se refuse de l’interpeller au même titre que tous les autres malades du pouvoir éternel.

C’est aussi cela le rôle d’une société civile forte qui respecte, la démocratie, l’état de droit, les droits de l’homme qui sont des valeurs universelles comme le rappelle si bien monsieur Kerry.

 

 

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