Togo, A la découverte du village de Sotikoé , un enfer en miniature.

12 08 2014
Past Edoh Komi

Past Edoh Komi

Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix poursuit sa mission  de respect et de défense de la dignité humaine et de l’injustice sociale au Togo. Aucun cas d’injustice, d’oppression  et de violations de droits humains  n’échappe à son attention. Les populations prenant conscience de cette noble tache, ne cesse de solliciter son intervention  pour faire entendre leur voix. Il devient à n’en point douter l’interlocuteur incontesté et incontestable dans la perspective de l’éveil de conscience afin de réduire au maximum les maux et les inégalités qui minent la société Togolaise dont la majorité est exposée à la pauvreté, à la misère, au désespoir et aux lois du plus fort.

Le besoin pressant et légitime des populations à se sentir citoyen au même titre que les autres les pousse à  chercher à se faire entendre leur cri de détresse.

C’est ainsi que sur la demande des populations de Sotikoe, le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix a répondu favorablement à leur requête en s’y rendant le 02 août 2014. C’est une découverte réelle d’un  village dont personne ne s’est jamais soucié il des milliers d’années.

A la découverte du village de SOTIKOE, un enfer en miniature, est révélateur et convient pour assez de raisons. Il suffit de considérer notre arrivée dans la localité comme si nous venions en libérateur et sauveur.

Le village de Sotikoe  est localisé dans le canton de Glito dans la préfecture d’Anié et est situé à 75 km d’Atakpame au coté Est.  Crée en 1901 avec une population de 700 habitants, il est  finalement englouti et est entouré par les eaux du fameux barrage de Nangbéto  en 1987 dont les milliers de leurs terres et plantations n’ont jamais été indemnisés par la Communauté Electrique du Bénin (CEB) .Ils  vivent  essentiellement de l’agriculture et de l’élevage.

Ce village a toujours échappé à l’administration et au contrôle du ministère de l’administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales dont actuellement Gilbert BAWARA le le  locataire. C’est dire que ni lui, ni ses prédécesseurs et les fonctionnaires dudit ministère ne connaissent pas ce village. Aucun préfet ne s’y est jamais rendu et ils n’ont jamais reçu une autorité administrative. C’est seulement pendant les élections que le parti au pouvoir et l’opposition y vont pour solliciter leur suffrage. N’ayant aucune structure  socio-administrative, les populations votent dans le local d’une église dans le milieu. L’urne est  transportée à vélo ou à moto, à défaut à pieds. Au soir du scrutin, tout est bourré avant d’être convoyée vers le canton de Glito.  Les politiciens leur promettent ciel et terre mais jamais aucune promesse de campagne n’est  tenue.

  II/ LES CONDITIONS DE VIE

 Les deux voies  d’accès  sont toujours impraticables  même la saison sèche surtout quand les eaux du barrage  de Nangbeto débordent. C’est un parcours du combattant et sauf qui peut ! Parsemées des ravins, des contorsions zig zag, avec des descentes et des montées, des courbes anormales et bouchées d’eau, ces voies ne diffèrent en rien des vallées de l’ombre de la mort du psalmiste dans la Bible (Psaumes 23). Le tout forme qu’à même un paysage touristique admirable.  L’état des routes est un présage  à des conditions de vie déplorables, difficiles et inhumaines.

En matière des infrastructures  qui définissent le niveau de vie des populations, il n’y a rien à signaler.

Il n’y a pas un poste de santé ni une boite à pharmacie pour assister les malades au moins dans les soins primaires. Les femmes et les enfants sont les plus vulnérables.  Ils sont exposés à toutes les maladies, en  souffrent cruellement et trépassent souvent pendant l’accouchement.

L’éducation des jeunes est l’autre paire de manches avec défaut d’une école primaire. Soit, ils vont à l’école dans le canton de Glito à une quinzaine de kilomètres dont l’accès est conditionné au passage d’une rivière, un grand obstacle et danger pour les enfants ; soit, ils traversent la frontière du Bénin distancée de 25 Km.  Vaut mieux de ne pas aller à l’école, disent les parents qui n’ont pas de moyens financiers et la majorité n’en ont pas du tout .Les conséquences sont dramatiques avec  un taux  nul de scolarisation.

Leurs produits agricoles sont écoulés et commercialisés difficilement parce  aucun marché n’est à la proximité et sans compter l’état périlleux et dégradable des sentiers.  Etant défavorisés par les circonstances, certains produits sont décomposés et pourris. La plupart du temps, ils ont les vivres mais il leur arrive de  ne pas trouver  des condiments notamment du sel, du cube, de l’oignon, de la potasse et des oléagineux comme l’huile.  Dans ce cas, ils ne vivent que des fruits et des céréales torréfiés.

Il serait une plaisanterie de parler de  l’eau à boire dans cette localité. Ils se servent des eaux de ruissèlement et de stagnation et pendant certains moments ils vont chercher de l’eau de puits dans les villages en faisant des kilomètres.

Il n’est d’aucun doute que les gouvernants n’ont jamais posé une pierre sur une autre dans cette partie Sud-Est du pays. Ce village est un no man’s land, abandonné et isolé, propice pour les maquisards et les criminels  de toutes sortes. L’insécurité est  criarde ; les coupeurs de route et les braqueurs en font leur domicile.

   Les populations préfèrent être rattachées au Bénin et si l’on n’y prend pas garde, le drapeau Béninois y flotterait bientôt. Car selon elles, les villages de l’autre côté sont au paradis alors qu’elles autres sont en enfer.

«  Nous sommes abandonnés par les autorités, nous ne savons rien de notre pays ; pourquoi sommes –nous livrés et exposés à  ce triste sort ? On ne se souvient de nous que quand il y a les élections et après cela, il n’y a rien.  Voyez de l’autre côté au Bénin, les villages frontaliers sont bien choyés et entretenus, il ya de l’électricité, de l’eau et toutes sortes d’infrastructures sociales même les écoles sont construites mais pas assez d’élèves pour les occuper. Sommes-nous Togolais ou Béninois ? Nous voulons savoir dès maintenant et c’est l’appel que nous lançons aux autorités Togolaises qui ont pourtant la vocation d’administrer l’intégrité du territoire. Au quel cas, notre choix sera clair et le drapeau Béninois va bientôt  flotter » nous ont –ils déclaré ensemble en sanglots dans une amertume inégalable.

 III/ PREOCCUPATIONS ET OBSERVATIONS DU MMLK

   Au regard de tout ce qui précède, le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix se préoccupe réellement du rôle qu’ont joué toutes les autorités préfectorales depuis notre indépendance jusqu’à nos jours ? Qu’ont –ils  fait exactement ? Ne pas s’efforcer à connaître le ressort territorial qu’ils sont appelés à administrer, est l’une des graves carences professionnelles. Une localité des centaines de personnes, jamais visitée par le pouvoir public dont elle relève ?

Et les élus du peuple communément appelés les députés ? Où sont –ils passés ? Et les acteurs politiques ? Tous ne sont pas concernés par les intérêts des populations.

 L’autre préoccupation est d’ordre  sécuritaire. Cela amène le MMLK à savoir la tache qui est dévolue aux milliers des agents de renseignements au service des renseignements intérieurs. Quelles sont leurs attributions ? N’est ce pas pour renseigner les autorités publiques sur la sécurité des fils ou des filles de la nation ? Ou au cas d’insécurité pour que des mesures appropriées soient prises pour restaurer l’ordre ? Ou sont-ils seulement au service sécuritaire exclusif et personnel du Chef de l’Etat et des membres du gouvernement ? Comment peut –on investir des budgets faramineux pour les services de renseignements intérieurs sans qu’ils ne soient au service du peuple ? Dans ce cas, c’est du gâchis, du nul et la République est en danger .Considérons le village de Sotikoe, totalement voué à l’interdit dans une insécurité inouïe et dont les services de renseignements  n’en savent rien. Voilà que le village de Sotikoe vit dans l’insécurité et constitue une source d’insécurité pour le pays.

La découverte du village de Sotikoe plonge le Mouvement Martin Luther KING  dans la  consternation  et dans l’indignation confirmant l’incapacité et l’irresponsabilité des dirigeants Togolais dans la gestion des affaires du pays.

IV/ RECOMMANDATIONS DU MMLK

  Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix recommande aux gouvernements présent et futur d’investir  dans le village de Sotikoe, réputé de par la richesse de son sol, donc favorable à l’agriculture et aux bois dans le but de réparer les torts et les inégalités dont ces populations ont été victimes il y a une centaine d’années.

Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix recommande aux acteurs politiques aspirant à accéder à la fonction de magistrature suprême à s’employer à connaître tous les hameaux mêmes les plus isolés comme Sotikoe afin de pouvoir concevoir leur programme de société en fonction de ces données.

Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix recommande aux organisations de la société civile  et aux organisations de défense des droits de l’homme de couvrir toute l’étendue du territoire pour apporter concrètement et efficacement leur appui à des collectivités souvent opprimées et marginalisées.

Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix recommande aux organisations  internationales et aux ambassades accréditées au Togo à visiter le village de Sotikoe pour se rendre compte à l’évidence des réalités dans les localités de la profondeur du pays.

Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix recommande aux acteurs du Fond National de Finance Inclusive à s’y  rendre pour constater la pauvreté et la misère des populations.

Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix recommande à la Communauté Electrique du Bénin (CEB) de s’engager  spécialement dans la situation périlleuse du village de Sotikoe dont la plupart des terres fertiles sont englouties par les eaux du  barrage de Nangbéto  alors que  la mascarade d’indemnisation de 2010 n’en a  pas tenu compte.

Le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix recommande aux médias à entreprendre  davantage des reportages dans les localités affectées par le barrage de Nangbéto dont Sotikoe  en vue de témoigner de leurs  conditions de vie.

Enfin, le Mouvement Martin Luther KING –la Voix des Sans Voix  appelle à la solidarité nationale avec ce village en vue d’insérer et d’intégrer ses populations dans la société Togolaise.

Le Président,

Pasteur EDOH KKOMI

 

 

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