Assassinat de l’historien togolais Atsutse Agbobli, 06 ans après, les auteurs assurés d’une totale impunité.

15 08 2014
A. Agbobli

A. Agbobli

Le 15 aout 2008, le corps sans vie de l’historien politologue Atsutsè Agbobli a été retrouvé sur les plages de Lomé dans un piteux état. La dépouille selon la famille présentait en effet des blessures qui attestaient que l’illustre disparu a subi des sévices avant d’avoir rendu l’âme. Connu pour ses prises de positions contre le régime togolais qu’il combattait avec la vivacité de ses pensées, la mort tragique du politologue Agbobli reste mystérieuse et  non élucidée.

Les  déclarations  toutes contradictoires du régime togolais  à l’époque réfutaient la piste d’un odieux assassinat pour soutenir  plutôt celle d’une mort accidentelle. Pour une grande partie de l’opinion nationale surtout, cet homme politique comme d’autres a été froidement exécuté. Curieux, coupable mais prévisible  silence  du côté de Faure Gnassingbé et sbires qui ont pourtant promis toute la lumière sur cette tragique disparition.

Six ans après les togolais ne savent toujours pas ce qui est arrivé avec précision à ce politique aux analyses pointues.

La mort d’Atsutsè Agbobli reste une preuve tangible du règne de l’impunité sous Gnassingbé fils en dépit de rares discours mielleux dont le numéro un togolais se targue pour donner une nature humaine à son pouvoir qui en réalité n’éprouve aucune pitié à réduire en silence et souvent pour toujours les empêcheurs de tourner en rond et les contestataires du règne unique ainsi que de la pensée unique.

Le régime togolais qui a toujours fait montre d’une mythomanie hors pair face aux assassinats et crimes crapuleux dont il est responsable à garder la même tactique et récidiver dès l’annonce  de la mort d’Atsutsè Agbobli. Le pouvoir togolais n’a trouvé mieux que de faire croire sans aucune démonstration sérieuse  que le décès du président du mouvement pour le développement national (Modena), est accidentel.

Les gymnastiques cérébrales du  gouvernement  n’ont convaincu aucun togolais ‘’normal’’ sur  la thèse de  mort par noyade raison pour laquelle  le corps du défunt a été rejeté par la mer. Le professeur Napo Koura commis par le procureur de la république  pour faire la lumière sur cette disparition, parlera d’intoxication médicamenteuse pour récuser la piste d’un assassinat. Ce qui fait ressortir beaucoup de contradictions de la part d’un gouvernement  sur un décès tragique.

Une déclaration gouvernementale incohérente et d’une légèreté intolérable dénoncée à l’époque par l’ensemble de l’opposition, des associations de défense des droits humains et la famille de l’illustre disparu.

En effet, la dépouille de Atsutsè Agbobli révélait elle-même les causes d’une mort douloureuse, commanditée et exécutée par des professionnels pour des mobiles que les togolais ne sauront pas de sitôt.

« La dépouille n’avait aucun effet personnel sauf ses mocassins et chaussettes. Elle était plaquée à terre, le front altéré par des ecchymoses, les yeux injectés de sang et les lèvres sanguinolentes » affirme en gros sa famille. Une description qui bat en brèche la thèse d’une intoxication médicamenteuse et d’une mort par noyade ou toute autre élucubration sortie des officines du pouvoir togolais. Ces détails observés sur le corps sans vie du journaliste Atsutsè  laisse deviner qu’il  a subit des séances de tortures, pratiques  dont le Togo s’est révélé champion toute catégorie ces dernières années. Les témoignages des nombreuses victimes et le comité des nations unies pour l’abolition des traitements cruels inhumains ou dégradants peuvent l’attester.

Il est clair que le régime en place, qui a fait de l’impunité son mode de gouvernance ne fera pas la lumière sur l’assassinat d’Atsutsè Agbobli dont la disparition demeure une immense perte pour le Togo. Il a rejoint il y a 6 ans les martyrs pour un Togo libre au nom de la politique « d’extermination » du régime cinquantenaire des Gnassingbé.

En attendant une véritable enquête, sous un pouvoir démocratique, si le rêve de l’alternance arrive à se réaliser, pour l’heure,  les assassins d’AKA (Atsutsè Kokouvi Agbobli) et ceux de milliers de togolais continuent de jouir pleinement de la vie qu’ils ont le culot d’ôter à de paisibles citoyens.

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