Jean Claude Abalo expose l’Afrique.

17 09 2014
JC Abalo

JC Abalo

Le photojournaliste togolais, Jean Claude Abalo fait parler de l’Afrique à travers ses œuvres photographiques. Un talent salué par près de 500 personnes invitées au vernissage de ce chef d’œuvre qui décrit l’Afrique en miniature, l’Afrique et ses mille facettes. L’Afrique au pluriel est le titre de cette exposition qui n’a pas fini d’émerveiller le public belge. Le maire de la ville de La Louvière qui était absent du fait d’une mission, a adressé toutes ses excuses à l’artiste togolais qui fait bouger la Belgique à travers cette exposition photos. Au détour d’une interview, jean Claude Abalo nous dit tout sur l’Afrique au pluriel.

  • Le 12 septembre de cette année vous étiez en exposition photo en Belgique, comment l’idée a-t-elle germé et pourquoi avoir baptisé cette exposition l’Afrique au pluriel?

Je nourrissais depuis ce rêve. Mais, il faut dire que je n’ai rien forcé. Tout s’est fait tout seul. J’ai eu la chance de croiser sur mon chemin des gens qui pensent qu’il faut faire voir autrement l’Afrique et les africains. Ils ont visionné mes œuvres, et ils les ont trouvés intéressantes. Ensemble, ils m’ont poussé et vous connaissez le résultat.

L’Afrique est multiforme. Je montre les visages moins glorieuses (pour dénoncer mon agacement par rapport à certaines pratiques: crise de l’éducation, les sanglantes répressions…) et glorieuses du continent (la débrouillardise, comment chacun s’invente son bonheur, nos richesses…).JC photo

Je peux me contenter des clichés où l’on voit des gens jubiler ou montrer que nous avons aussi des gratte-ciels en Afrique. Cependant, en montrant juste ce qui fait notre fierté, je  me fais du tort. Je n’aide pas les gens à voir nos vraies réalités; pas celles des medias occidentaux. Voilà ce qui a suscité le nom « l’Afrique au pluriel ».

 

  • Quels sont vos thèmes de prédilection dans cette exposition pour combien de photos ?

Je me suis concentré sur quatre thématiques à savoir : le quotidien, l’enfance et l’éducation, les rites et traditions et les colères (manifestations et revendications). C’est une approche qui selon moi, permet de mieux raconter notre vécu en Afrique.

  • Décrivez nous l’ambiance qui a prévalu au cours de ce vernissage, quel public était là ?

Au départ, on s’attendait à un maximum de 120 invités. Par surprise, on s’est retrouvé à environ 500 personnes dans une bonne ambiance. Tous sont curieux de comprendre l’esprit qui a guidé chaque photo. Devant certaines photos, c’est soit l’étonnement, soit des discussions ou des compliments.

On notait la présence des personnalités politiques, administratives…Malgré l’absence du Bourgmestre (le maire), les représentants communaux (de la ville de La Louvière, lieu de l’expo), des critiques d’art, des photographes, amis, invités et anonymes étaient présents.

 

  • Vous avez transporté les Afriques en Belgique et à travers cette exposition vous faites connaitre votre continent, quelles ont été les réactions, les commentaires ou les témoignages ?

 

Cette exposition m’a permis de me faire une idée précise des clichés et préjugés qui sont véhiculés sur l’Afrique et les africains. Ca fait froid au dos.

« Je ne savais pas qu’on manifeste aussi en Afrique où qu’il y a des enfants qui pratiquent le rollers. Cette exposition me donne l’occasion de voir autrement l’Afrique. Pas celle de la télé », Martin Lefebvre, Chirurgien.

« Ce ne sont pas des photos pour des photos. C’est un travail de qualité que j’apprécie beaucoup. Derrière chaque photo se cache une problématique ou un art de vivre. », Professeur de photographie

 

 

« M. Abalo pouvait se contenter de nous montrer une face glorieuse de l’Afrique. Par soucis d’équilibre comme tout bon journaliste ou photojournaliste, il a opposé les bons et le moins bon. C’est une démarche d’un photojournaliste accompli », Hubert Ponet, Critique d’art.

« Je ne connaissais pas M. Abalo, mais, quand on me l’a présenté, j’ai constaté qu’il a un parcours et du talent. C’est pour ça nous avons misé sur lui; et la présence de tout ce monde nous prouve à suffisance que nous avons raison de croire en ses potentialités », Bertrand Tréfois, Directeur de la maison de la Laïcité.

 

  • Votre actualité en plus de cette exposition à succès, est que depuis le 15 septembre jusqu’au 09 octobre ensemble avec l’écrivain Maximilien Atangana, vous allez co animé des conférences sur votre exposition, expliquez-nous davantage le but et le contenu de ces séances.

Max est écrivain et poète. Avec lui, nous animons des ateliers avec des étudiants de différents établissements et groupes de personnes qui en font la demande. Et je peux vous dire qu’ils y trouvent un grand intérêt.

Mon rôle est de leur expliquer l’esprit de chaque photo, la problématique qu’elle suscite et les conditions dans lesquelles elles ont été prises. Max se charge d’aller au-delà des photos et de faire une étude comparée de la thématique de chaque photo avec celle de l’Europe. Une manière de donner vie à chaque photo et d’expliquer davantage l’Afrique telle qu’elle est. L’objectif est de susciter de la réflexion, de leur faire voir autrement l’Afrique et les africains. Et nous avons raison car nombreux sont ceux qui connaissent l’Afrique de la télévision.

  • Jean Claude Abalo, un talent du Togo, malheureusement reconnu et célébré en occident et pas dans son pays comme c’est le cas malheureusement pour beaucoup, quel est votre sentiment au regard du succès que rencontre cette exposition pour le photojournaliste que vous êtes et qui a travaillé pendant de longues  années dans son cher pays ?

Beaucoup de gens se retrouvent malheureusement dans ma situation. Mais, cela ne m’émeut pas, dans la mesure où je connais bien le milieu culturel de mon pays. Je serai au Togo que cette exposition ne verra jamais le jour (quand bien même ce ne serait forcément pas les mêmes thématiques qui seront abordées). Même si cela se réalisait, je suis sûr que ca ne connaitra pas un tel succès. Je me retrouverai le jour du vernissage avec quelques proches à boire une ou deux bières. Et enfin de compte, ils me souhaiteront « du courage », et nous allons nous séparer. Rires…

A vrai dire, les honneurs ne m’intéressent pas. Que quelqu’un reconnaisse ou pas ma valeur, ce n’est pas ça l’important. L’important, c’est que je prends du plaisir à faire ce que j’aime. Je m’éclate en le faisant. Ceux qui me connaissent vous le diront.

Seulement, je suis attristé du fait que nous africains ne sommes pas curieux. Ce n’est pas le cas ici. Chez nous, on nous méprise, on ne nous prend pas au sérieux. Et cela tue aussi le talent. C’est très dommage.

 

  • Un mot de fin ?

Juste dire que ça fait plaisir de savoir que mon exposition suscite beaucoup d’intérêt. Et pour ca, je n’en reviens pas.

Maintenant, je peux me concentrer sur d’autres projets photographiques qui se pointent déjà à l’horizon, notamment à Perpignan (Visa pour l’Image), Amiens (France) et à Barcelone (Espagne).

Jean Claude Abalo c’est aussi un parcours

Entre autres : Début au Magazine Kyrielle en 1999, Secrétaire de Rédaction et Photographe à TogoMag, Night Life, Perspectives Industries Magazine, Jeune Afrique (Photo + Textes), Enjeux Africains, Afrik.com, APANEWS, Planète Jeunes, A+ Mag…AFP TV, Netinfo.tv, Tootogo.tv… Stage : Radio Deutsche Welle.

 

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