Faure Gnassingbé prépare une guerre électorale.

13 10 2014

faure arméeRemaniement tous azimuts au sein des forces de défense et de sécurité du Togo à quelques mois de la présidentielle de 2015, Faure Gnassingbé qui a succédé à son père dans des conditions rocambolesques donne l’impression de préparer une guerre électorale avec ce jeu de chaises musicales au sein de la grande muette. Dans la foulée et pour la sécurisation de la fraude électorale en gestation, le chantre de la torture assuré d’une impunité hors norme, le Colonel Massina Yotrofei   est catapulté à la tête de la gendarmerie. Il  aura dorénavant  la charge de gérer entre autre le maintien  d’ordre. Ça promet !!!

Après le verrouillage de l’administration électorale par le biais du ministère de l’administration territoriale du très zélé Gilbert Bawara, il faut relever le verrouillage des  institutions taillées pour Faure, notamment la cour constitutionnelle et la haute autorité de l’audiovisuel et de la communication sans oublier la commission électorale qui malgré la présence des représentants de l’opposition  est aux bottes de Faure Gnassingbé. Tout est donc prêt pour consacrer le perdant vainqueur contre la volonté populaire. Malgré les multiples virées dans les garnisons tout au long de cette année pour graisser les pattes aux chefs corps, le fils du père fait un grand plongeon au sein de l’armée histoire de  placer ses pions, capables de lui assurer le mandat de trop et de la honte contre vents et marrées quitte à faire couler  de nouveau le sang des togolais comme ce fut le cas en 2005 ou près de 1000 togolais ont été trucidés.

La simple évocation du nom du colonel Massina Yotrofei donne des frissons à plus d’uns et à juste titre. ‘’Le tortionnaire agréé de la république’’ va chapeauter la gendarmerie nationale alors même que son nom est cité dans le rapport Kounté, du nom de l’ancien président de la commission nationale des droits de l’homme (cndh). Monsieur Massina alors directeur général de l’agence nationale des renseignements, qui est sous l’autorité directe du chef de l’état, a torturé pas mal de citoyens notamment les détenus dans l’affaire de complot contre la sureté intérieure de l’état ou l’affaire Kpatcha Gnassingbé. Le rapport de la CNDH préconise au titre des recommandations que ceux qui se sont livrés à des actes de tortures subissent la rigueur de la loi. Malgré le caractère grave des faits, surtout que la torture reste un crime, Faure Gnassingbé catapulte son colonel à la tête de la gendarmerie pour continuer sans doute à infliger des traitements cruels inhumains ou dégradants aux pauvres togolais. Dans le dossier Massina, ce n’est pas la première fois que Faure Gnassingbé balaye d’un revers de mains les cris des togolais. Au temps fort de la torture il décorait le colonel tortionnaire au rang de grande croix de mérite pour services rendus à la nation. Les togolais n’ont rien compris. Pour quels services rendus un chef d’état peut-il décorer un officier qui s’est donné le plaisir d’infliger des traitements cruels aux citoyens alors même que le Togo a signé la convention contre la torture ?

L’ancien président de la CNDH, Koffi Kounté dans un récent entretien à la  radio suisse Kanal k dans lequel il confirme l’intrusion du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de la justice constate que les recommandations formulées dans le rapport qui lui vaut l’exil sont restée lettres mortes.

Le journal panafricain la lettre du continent généralement bien introduit dans les milieux politiques et les palais présidentiels dans son dernier numéro, le 691 d’octobre 2014, balance en titre : « Faure Gnassingbé peaufine son armée électorale ». « Dans la perspective du prochain scrutin présidentiel, Faure Gnassingbé annoncera également une réforme  en profondeur de la police avec la création de deux directions régionales nord-sud. Ce chantier est actuellement préparé par le colonel Yark Damehane actuel ministre de la sécurité et de la protection civile et par le général Raymond Germanos, embauché par le palais de Lomé comme conseiller militaire », écrit la lettre du continent qui soutient que la réforme dans l’armée bat son plein entraînant son lot de victimes.

Il est donc clair que ce que Faure Gnassingbé appelle pompeusement réformes de l’armée n’est que la mise en place d’un dispositif capable de lui assurer un pouvoir no limit comme il en fait le rêve.

Pour cela le conseil des ministres qui se réunit au gré de l’éclipse solaire a pu retrouver sa place pour avaliser des nominations fantaisistes de criminels et d’officiers soumis à la dictature de la dynastie Gnassingbé.

Une réforme augure un certain renouveau. Pour  Faure Gnassingbé  réforme suppose le changement de postes aux individus et le tour est joué. Ainsi le colonel Massina Yotrofei est le nouveau directeur de la gendarmerie en remplacement du colonel Panassa qui devient chef d’état-major particulier du président. Le colonel Panassa a déjà fait l’objet d’un de nos articles dans lequel nous  rappelions son éloquent parcours avec comme handicap du point de vue des apparatchiks  qu’il ne peut « mater » les togolais comme le voudrait le prince du fait de sa foi chrétienne. De plus il est regardé avec une certaine méfiance car réputé être l’un des proches du chef d’escadron François Boko en exil depuis 2005, quand ce dernier était aux affaires.

Le colonel Panassa remplace le colonel Takougnadi qui prend le commandement de la base marine de Lomé. Le lieutenant-colonel Akpovi est nommé commandant de la première  légion de la gendarmerie à Lomé et le lieutenant-colonel Amana  est commandant de la deuxième légion de gendarmerie à Kara. En principe de par sa formation d’administrateur selon le cursus militaire calqué sur le modèle français,  le lieutenant-colonel Amana ne devrait être à la tête d’aucun commandement mais comme il a un passé de « trucideur » notamment en 2005 et capable de servir la cause de Faure en 2015, le voilà en pleine promotion.  Le lieutenant-colonel kegnon, est le nouveau commandant de la première région militaire à Lomé et le colonel Kpakpabia va commander la deuxième région  à Kara. Le commandant Allaharé devient chef sécurité à l’aéroport en lieu et place du colonel Panassa.

Pour l’instant aucune mesure significative n’est prise pour faire de l’armée togolaise, une républicaine mais Faure Gnassingbé le premier chef de cette institution se livre à un jeu de placement de pions dans le seul objectif de se pérenniser au pouvoir par la force des armes s’il le faut.

La présidentielle c’est dans environ 05 mois et ce remaniement au sein des forces armées inquiète plus que ne rassure les togolais traumatisés par le syndrome de 2005.

 

 

 

 


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