Togo, la plateforme contre la vie chère appelle à un nouveau sit-in le 26 décembre 2014.

20 12 2014
E.Sogadji au milieu de ses collègues de la plateforme contre la vie chère.

E.Sogadji au milieu de ses collègues de la plateforme contre la vie chère.

Dans une interview qu’il nous a accordé pour faire le bilan de leurs actions, monsieur Emmanuel Sogadji, le coordonnateur de la plateforme contre la vie chère dresse un bilan positif des actions menées et lance un nouveau sit-in au lendemain de la célébration de la Noel. Bonne lecture.

Quel bilan faites-vous au niveau de la plateforme contre la vie chère du mot d’ordre de boycott que vous avez lancé les 16 et 17 décembre sur la communication téléphonique et l’achat du carburant
dans les stations d’essence?

Nous dressons un bilan positif de ces actions. Dans la foulé de ces actions, nous avons constatés que la plupart des sociétés pétrolières ont refusé délibérément de vendre aux consommateurs le 15 au soir pour les contraindre de revenir les 16 et 17 décembre. Ceci était le plus remarqué dans les stations Total où moi-même j’ai été victime. Mais nous estimons que ceci a permit à la plupart des consommateurs de se rendre compte de la réalité des problèmes du secteur pétrolier que nous ne cesserons de dénoncer. Ce faisant, ces sociétés ont violé l’article 17 de la loi sur la concurrence qui interdit à tout vendeur de refuser délibérément de vendre à un consommateur puisqu’aucune communication n’a été faite par les sociétés pétrolières à ce sujet.

La direction des approvisionnements par les consommateurs dans ces deux jours nous montre à suffisance que le boycott a réussie. De plus, nous avons vu la plupart des consommateurs changer leur mode de transport.

Nos investigations auprès de certains pompistes nous attestent de la réussite de cette action de boycott. Ils déclarent : «  nos chiffres d’affaires ont chuté ces deux jours et même présentement »

Pour le boycott des services de communications, nous estimons que la réussite de cette action est devenue une affaire de tous les jours. Les consommateurs communiquent de plus en plus peu et les vendeurs affirment enregistrer des chiffres d’affaire en dessous des habituels.
Que s’est-il passé avec le sit-in devant le ministère du commerce? Pourquoi avez-vous été dispersé?

Le sit-in prévu ce 18 décembre devant le ministère du commerce avait été renvoyé par le président de la délégation spéciale de la ville de Lomé à la plage. Pour nous, il n’est pas question d’aller à la plage, un endroit où on saurait retrouver le ministère du commerce sujet de notre manifestation.

Nous avons constaté sur le lieu que déjà à 4h00 du matin l’endroit était militarisé dans un souci de décourager les manifestants.

Mais la détermination des uns et des autres nous a permis de résister un temps soit peu à la force spéciale du président de la délégation spéciale avec ses décisions spéciales qui sortent toujours du commun des mortels. Nous avons manifesté avec la plupart des conducteurs de taxi moto et tenons à leur dire merci pour leur courage au côté de la lutte sociale.

Le gouvernement a procédé à une légère baisse sur les produits pétroliers depuis le 15 décembre dernier quelle est votre appréciation d’une telle décision?

Nous pensons que cette réduction est fantaisiste et c’est ce qui explique le maintient de nos actions de boycott et de sit in. Actuellement, nous venons de déposer une nouvelle déclaration préalable sur la table du président de la délégation spéciale de la ville de Lomé. Dans cette lettre, nous avons fait part au président de s’abstenir de nous proposer un quelconque lieu qui n’aurait aucun lien avec l’objet de la manifestation. Ce faisant, il viole l’esprit de la loi sur la liberté de manifestation pacifique aux lieux publics.
Comment se présente la situation du baril du pétrole sur le marché international et quel devrait être ses répercussions sur les produits pétroliers?

La tendance du prix du baril est toujours baissière. Le prix du baril aujourd’hui tourne autour de 57 USD. Si nous sommes dans un pays où le social préoccupe vraiment tous les politiciens et notamment les gouvernants, les prix à la pompe devraient être ajusté automatiquement et d’une manière transparente. Mais, comme les centres d’intérêts de notre gouvernement actuel sont ailleurs, on laisse saigner les consommateurs pour assouvir des besoins gourmands.
Quelle est la situation sur les produits pétroliers et la communication dans certains pays et qui vous interpelle sur la cherté de la vie au Togo?

On dirait que le dieu de la bonne volonté politique, de la gestion transparente et efficace  de la gestion publique a prix siège dans certains pays notamment au Ghana et au Benin sur certains plans. Les prix des produits pétroliers à la pompe sont à chaque fois que le besoin se fait sentir ajustés automatiquement sans un moindre geste des associations de consommateurs. Vous achèterez actuellement le super sans plomb au Benin à 515FCFA et à moins de 400 FCFA au Ghana.

La pluralité des opérateurs de téléphonie a permis aux consommateurs de ces deux pays de bénéficier de l’effet du jeu de la concurrence parfaite. Au Togo, les sociétés s’entendent pour maintenir les prix à la hausse.
N’avez-vous pas l’impression de prêcher dans le désert quand on voit l’attitude du gouvernement vis à vis de la plateforme. Les ministres qui rechignent à vous recevoir, les autorités qui vous
renvoi à la plage pour votre sit in alors que le ministre du commerce ne s’y trouve pas?

On risque de dire qu’on prêche dans le dessert. Mais tout évangéliste qui prêche dans un dessert, se rendra compte un jour qu’il est écouté. Ils seront obligés de nous recevoir ou de nous écouter à un moment où ils sentiront tout le peuple mobilisé contre la vie chère.

Dans le cadre de nos actions, le pétrole est géré par des personnes qu’on ne voit pas. Ce qui fait que nos interpellations ne disent rien au ministère du commerce.

C’est ici le lieu de dire publiquement que nous sommes menacés par des individus qui nous envoie  des messages difficiles à déchiffrés à tout bout de champ. Pour le lieu de la plage, il ne sera jamais question de manifester à la plage. Pour dire quoi ? À qui ? Aux poissons ? La mairie même peut nous servir si on continue de nous envoyer à la plage.
La suite c’est quoi? Sentez-vous les togolais, les consommateurs être prêts à vous accompagner dans ce combat contre la vie chère?

La plupart des consommateurs nous suivent. Mais il faut reconnaitre que les togolais veulent aller au paradis et refusent au même moment de mourir, c’est-à-dire, qu’ils veullent la réduction des prix des produits pétroliers sans être forcément disposés à manifester. Ils nous envoient des mots de soutien.

Pour parler sans tabou, je dirais que les centrales syndicales sont coupables du maintien du prix à la pompe. Depuis que nous avons commencé les actions, elles n’ont donné aucun avis public. « Qui ne dit rien consent. »

Nous allons maintenir la pression. Le vendredi 26 décembre 2014, un autre sit-in sera organisé devant le ministère du commerce. Si nos actions ne leur disent rien, nous ne perdons rien en le faisant. On dira alors GO-ON.

 


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