Togo, Awa nana récompensée pour services rendus à Faure Gnassingbé.

27 12 2014

nanaPar décret pris en conseil des ministres le 24 décembre dernier, la juge à la retraite, madame  Awa Nana Daboya bénéficie d’une double nomination.  D’abord comme médiateur de la république ensuite comme présidente du Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’Unité nationale (HCRUN). Si les milieux proches du pouvoir se réjouissent d’une telle nomination, il est utile de rappeler qu’elle est perçue par une partie de l’opinion comme une récompense de Faure Gnassingbé à celle qui a rendu des décisions de justice sujettes  à commentaires et polémiques notamment dans le dossier Kpatcha Gnassingbé pour faire plaisir au pouvoir togolais. Un double cadeau de noël  pour l’ancienne présidente de la cour de justice de la CEDEAO. Comme quoi,  Faure Gnassingbé sait jouer au papa noël en fonction de ses intérêts.

Le médiateur de la république dans les pays de tradition francophone, ‘’est une autorité indépendante personnalisée au service du citoyen. Il est chargé de résoudre à l’amiable les différends individuels opposant un administré à une administration de l’État, une collectivité territoriale, un établissement public ou tout autre organisme investi d’une mission de service public’’. Il va s’en dire qu’Awa nana, dans la peau de  médiateur de la république a ces différentes charges à accomplir. Aura-t-elle les mains libres pour être à la hauteur de cette mission ?  S’interroge un ancien dignitaire du régime.

Sur l’aspect de l’indépendance, Awa nana a toujours été proche du régime togolais. Le grief récent qu’avancent les défenseurs de cette thèse,  ses prestations en tant que présidente de la cour de justice de la CEDEAO où les différentes décisions rendues dans les dossiers togolais sont restées les plus floues possibles, à la demande du pouvoir togolais, soutiennent certaines sources. Les mêmes confirment deux déplacements de la présidente à Lomé où elle a rencontré les tenants du pouvoir qui lui auraient donné des consignes conformément aux désirs du prince. Il faut rappeler que de véritables soupçons de corruption ont pesé sur les juges de la cour sous régionale  peu avant la publication de l’arrêt dans le dossier Kpatcha Gnassingbé.

Et pourtant, la même cour dans le dossier du président Mamadou Tandja contre l’état du Niger a ordonné de façon explicite la libération de l’ancien président nigérien. Sous la présidence de   miss Awa nana, toutes les décisions rendues du moins dans les dossiers du Togo ont souffert d’ambiguïtés sources d’inutiles polémiques et à chaque fois les requérants sont obligés de saisir de nouveau la cour pour qu’elle clarifie ses décisions. Pour preuve, dans le dossier des députés révoqués, elle a reconnu la violation de leur droit confirmant la nullité du mandat impératif sans ordonner explicitement que les élus du peuple puissent réintégrer le parlement. Les députés ont saisi de nouveau la cour aux fins de clarifications sans mais elle a préféré se répéter jusqu’à la fin de la législature sans que les députés ne regagnent l’assemblée nationale.

Dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé, elle récidive,  reconnait que le procès est inéquitable, demande la cessation des violations qui induit la libération des prévenus. Mais le régime togolais soutien qu’à aucun moment la cour n’a ordonné la relaxe des prévenus et ceci grâce à madame Awa nana qui a rendu subtilement service au prince national qui joue au chrono dans ce dossier se régalant de la lenteur de la procédure judiciaire. Là encore la cour est de nouveau saisit pour se prononcer clairement sur l’arrêt et les requérants doivent attendre jusqu’au 16 février 2015 voire plus avant d’être fixé sur leur sort.

En plus Awa nana, n’est pas l‘exemple d’une dame courage. En 1998, elle présidait la commission électorale pour le compte des élections présidentielles, mais elle n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de sa mission en  proclamer et  a préféré prendre la poudre d’escampette.

Que peut Awa nana, médiateur de la République, dans une république où la justice est aux bottes de Faure Gnassingbé qui en fait son joujou ? Comment peut-elle concilier les citoyens d’avec les services de l’état en cas de conflits dans un pays où la séparation des pouvoirs est une comédie ?

Awa nana, médiateur de la république pour faire de la pure figuration et permettre à  Faure de soutenir que des progrès sont faits alors qu’il n’en est rien. De la politique de saupoudrage.

Madame Awa nana hérite en plus du portefeuille de Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’Unité nationale (HCRRUN) qui a pour mission d’assurer la mise en œuvre des recommandations et du programme de réparations élaborés par la Commission Vérité, justice et réconciliation (CVJR).  Cet organe devra contribuer à l’instauration d’un climat social et politique apaisé nécessaire à la réconciliation nationale au Togo.

Madame le magistrat restera un pantin de Faure Gnassingbé qui se contentera dans le meilleur des cas de faire des semblants d’indemnisations des victimes identifiées par la commission vérité justice et réconciliation dont les recommandations peinent à être appliquées.

 

 

 

 


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