Togo, l’an deux des incendies des marchés de Kara et de Lomé, les pyromanes toujours libres, les victimes oubliées.

13 01 2015

incendiesDéjà deux ans que des mains criminelles ont mis le feu aux marchés de Kara et de Lomé réduisant à néant la vie de milliers de personnes traumatisées à vie. Impossible pour les sinistrés de rencontrer le chef de l’état depuis deux ans que le drame s’est produit. Les victimes sont rangées dans les placards dans un pays où les dirigeants n’ont que faire de la souffrance du peuple.

Le deuxième triste anniversaire des incendies est commémoré dans le recueillement. Une messe a été dite à la cathédrale de Lomé ce dimanche. Occasion pour lesvictimes de se rappeler de tous ceux qui sont décédés de chagrin à la suite de ces incendies. L’association des sinistrés des marchés du Togo (Assimat) qui a demandé cette messe n’a pas oublié les malades et toutes les victimes qui assistent impuissantes à leur descente aux enfers.

La procédure judiciaire reste suspendue. Les togolais connaîtront-ils un jour  la vérité sur les véritables auteurs de ces crimes dans un Togo où les enquêtes sont biaisées et menées dans un seul sens et où la justice totalement dépendante du pouvoir de Faure Gnassingbé n’existe que de nom ?

La question des dédommagements est un leurre, les petites enveloppes attribuées aux victimes ont contribué a exacerbé plus les malaises post drames. Une commerçante nous confie d’ailleurs avoir perdu plus de 10 millions de FCFA dans la tragédie mais le gouvernement du Togo ne lui a donné que 500.000 FCFA et depuis madame est comme surmenée. Sa vie complètement anéantie et ces exemples sont légions.

Les victimes continuent de réclamer à être remboursées jusqu’au dernier centime. Deux ans après le drame, les travaux du  nouveau marché dont la maquette a été présentée aux victimes n’ont  pas encore démarré, les commerçantes se demandent si ce fameux marché sortira un jour de terre ?

Le fameux téléthon organisé pour collecter des fonds à mettre à disposition des sinistrés reste un grand canular. Les fonds de cette opération sont comme confisqués par les initiateurs.

Seule une enquête internationale est à même de faire la lumière sur ce crime et établir les responsabilités.

Le pouvoir togolais est disqualifié pour mener en sérénité cette procédure.

Les interrogations les plus légitimes et élémentaires sont restées sans réponses et le procureur de la république ne semble pas intéresser par ces inquiétudes et ces questions que se pose une bonne frange de la population.

Les agents qui gardaient le marché le jour du drame étaient où ? ont-ils été interrogés ? La directrice du marché a-t-elle été écoutée, surtout qu’elle avait rassuré sur la chaîne nationale de télé que les dispositions étaient prises pour que le marché de Lomé ne soit incendié comme celui de Kara ? Comment  les pyromanes ont –ils pu entrer dans le bâtiment alors même que le marché est fermé de l’intérieur ? Pourquoi les agents de la brigade motorisée à quelques mètres  du lieu du drame sont restés silencieux face à cette tragédie ? Le ministre de la sécurité et de la protection civile a-t–il été écouté ? Ce sont là quelques interrogations que se posent plusieurs togolais et la justice à ce jour ne donne des signes de vouloir  orienter l’enquête de tous les côtés.

Par ailleurs, les incendies des marchés de Kara et de Lomé c’est beaucoup de milliards partis en fumés. Pour l’économiste togolais, Yves Ekoué Amaizo,  « selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut de l’économie togolaise était d’environ 1 556,5 milliards de FCFA en 2010 (3,2 milliards de dollars des Etats-Unis ($US)) et de 1 698,7 milliards de FCFA (3,49 milliards de $US) en 2011. Selon la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (Rapport annuel 2012), plus de 32,6 % du PIB togolais se réalisent dans les services, plus de 43,5 % dans l’agriculture et autour de 23,9 % dans l’industrie et les mines. Les activités des grands marchés sont à classer principalement dans le secteur des services même si les produits vendus peuvent provenir des autres secteurs et souvent des importations. Mais, en tant qu’économiste, on peut estimer la contribution de l’ensemble des marchés togolais à l’économie togolaise (secteurs formel et informel confondus) à environ 25 % du secteur des services, les deux marchés brulés, les plus importants dans le pays- portent sur environ la moitié (12,5 %). Au-delà des statistiques, il s’agit du poumon économique des classes pauvres et moyennes».

Les togolais ont droit de savoir la vérité et permettre aux victimes de retrouver une vie proche de la normale.

 

 

 


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