Les bobards de Robert Dussey devant la commission des affaires étrangères du parlement français.

1 02 2015

rbToutes les grandes questions ont été abordées à cette audition du ministre togolais des affaires étrangères, le terrorisme, la sécurité maritime, l’économie, l’épineuse question des réformes liées au prochain scrutin présidentiel etc. Ce que le ministre de Faure Gnassingbé appelle, selon certaines indiscrétions,  avoir réussi avec brio son oral, dans un satisfecit béat n’est qu’un déni des réalités et un oral truffé de mensonges où un Togo qui n’existe que dans l’univers des dirigeants cinquantenaire a une fois de plus été peint.

Plus besoin de s’attarder sur des théories chères à Faure Gnassingbé pour endormir les âmes sensibles, notamment une certaine communauté internationale et ceux qui ne maîtrisent pas grand-chose de la situation socio politique du pays. Les théories autour de la paix, de la réconciliation, de la cohésion nationale, du développement, de la démocratie, du respect des droits humains sont devenues des incantations pour le pouvoir togolais qui ne respecte rien ni personne.

Sur la question des réformes, le ministre de la diplomatie togolaise a cru bon l’esquiver en annonçant la mise sur pied de la fameuse commission que son mentor a annoncé lors de son discours du 31 décembre 2014.

« Pour ce qui est de la poursuite des réformes, le Président de la République a réaffirmé le 31 décembre 2014, à l’occasion de son message à la nation, sa ferme détermination à y veiller. Se fondant sur la huitième recommandation du rapport de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), qui souligne la nécessité de régler la question des réformes institutionnelles dans le cadre d’une réflexion approfondie sur l’adaptation à nos réalités sociologiques du modèle en vigueur dans notre pays, le Chef de l’État a annoncé la mise en place d’une Commission de réflexion sur les réformes politiques. Composée d’historiens, de personnalités politiques, de juristes, de sociologues et de représentants de la société civile, cette commission est appelée à proposer, dans un bref délai, un texte de réforme politique, institutionnelle et constitutionnelle qui tienne compte de   notre histoire et reflète nos réalités afin de répondre aux aspirations les plus profondes du peuple togolais, a-t-il balancé  et de soutenir avec une ferté bluffante que tout le processus électoral se déroule dans le plus grand consensus avec l’opposition et la société civile, ce qui augure selon lui « des élections équitables, transparentes, crédibles et démocratiques ». Vaut mieux en rire

C’est sans compter avec la clairvoyance des députés français qui sont revenus sur la question des réformes que monsieur Dussey a de nouveau feinté, en ces termes, « Pour voter cette loi, il faut donc une discussion et un consensus entre l’opposition et le pouvoir. Ce consensus, nous pouvons l’obtenir. En effet, nous approuvons la limitation du nombre de mandats. Nous souhaitons simplement que celui qui sera élu en avril 2015 ait la possibilité d’effectuer deux mandats à partir de son élection. Vous qui êtes députés, politiciens, vous savez comment les choses se passent : dans cette affaire, des arrière-pensées sont évidemment à l’œuvre. Demander la rétroactivité de la loi est un moyen politicien d’empêcher le Président de la République de se présenter aux prochaines élections. L’absence de consensus n’est pas de la responsabilité du pouvoir, il résulte du refus de l’opposition. Si l’opposition, et plus précisément l’Alliance nationale pour le changement (ANC) dont émane ce refus, accepte le consensus, la loi pourra être votée sans problème ».

Avant de poursuivre et de dévoiler que la dictature cinquantenaire n’a aucune envie de libérer le plancher. Morceaux choisis : « À la différence de ce qui se passe au Burkina Faso, nous ne cherchons pas à modifier la Constitution pour permettre au Président de se présenter ad vitam aeternam. Nous respectons la Constitution et nous sommes, je le répète, ouverts à la demande d’une limitation du nombre de mandats présidentiels. Nous espérons que l’Assemblée nationale, actuellement convoquée en session extraordinaire, pourra poursuivre ses discussions et parvenir au consensus nécessaire à l’adoption de la loi. J’en viens au second point : le mode de scrutin. Le Togo fait partie des pays de la région où le processus électoral est totalement transparent. Je vous l’ai dit, nous avons même introduit la biométrie dans le recensement des électeurs. Ce processus est en cours depuis 2007. La CENI, commission inclusive composée de membres de la majorité, de l’opposition et de la société civile, est au travail. Du point de vue technique, il n’y a donc absolument aucun problème ».

Le ministre de Faure a aussi vanté les exploits de la biométrie pour tranquilliser les parlementaires quant à la fiabilité du ficher que conteste la classe politique de l’opposition notamment Alberto Olympio du Parti des Togolais. Monsieur Dussey a certainement oublié à dessein de préciser que grâce à leur fausse biométrie le président de la commission électorale, Taffa Tabiou a pu s’inscrire deux fois. Robert Dussey parle de transparence ? Le ministre de la diplomatie togolaise  ne sait apparemment  grand-chose de la biométrie.

Robert Dussey sur le mode de scrutin se l’ai  joué snobe vis à l’endroit des députés de France : « Au Gouvernement, cependant, nous assumons notre préférence pour le mode de scrutin actuel. Je vais vous chahuter un peu, veuillez m’en excuser : je crois que le fondement de la démocratie, ce n’est pas la limitation du nombre de mandats ni le mode de scrutin. Je n’entrerai pas dans les détails juridiques. Nous acceptons cette nouveauté, mais nous sommes conscients du fait que là n’est pas le fondement de la démocratie. Ici, en France, c’est très récemment que les honorables députés que vous êtes ont bien voulu inscrire dans la Constitution la limitation du nombre de mandats présidentiels. On sait que cette limitation est à la mode, comme les élections à deux tours. Si c’est la condition pour que l’on reconnaisse que la démocratie togolaise est vivace et dynamique, nous y sommes prêts. Mais nous souhaitons un consensus, pour éviter toute frustration. Car nous ne voulons ni vainqueurs ni vaincus : le vainqueur des élections, le vainqueur des réformes politiques, institutionnelles, constitutionnelles, ce doit être le peuple togolais. Telle est la position du Gouvernement ». A-t-il dardé.

Bon à savoir, pour le pouvoir togolais, les élections se tendront en avril 2015 et non plus en mars. Point important à relever, Faure sera bel et bien candidat sans surprise aucune. Pour preuve, Quand madame la présidente de cette session a soutenu que Faure Gnassingbé sera candidat, le ministre Dussey n’a rien infirmé ni précisé. ‘’Qui ne dit mot consent’’.

Seule certitude après le passage de Robert Dussey au parlement, la dictature héréditaire ne veut pas offrir une chance à l’alternance. Les togolais sont  de nouveau prévenus.

 

 


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