Togo, David Kpelly : « Je compte mettre sur pied dans l’avenir un Prix « Anselme Sinandaré » qui récompensera les meilleurs élèves des collèges togolais chaque année ».

28 05 2015

davidDavid Kpelly à cœur ouvert après la sortie de son livre hommage « Pour que dorme Anselme ». En attendant la sortie officielle du livre au Togo dans quelques semaines, l’auteur nous livre le pourquoi de cet hommage, la suite du combat pour Anselme, les indiscrétions du côté de la primature depuis la publication des lettres ouvertes à l’endroit du premier ministre togolais, la dernière mascarade électorale, dans  cet entretien succinct et précis. Bonne lecture !

Fabbi Kouassi : Interpeller le Premier ministre par correspondances, pas une mais plusieurs et tous les mois durant un an n’est pas courant, pourquoi une telle démarche ?

David Kpelly : Merci chère Fabbi pour cette opportunité. Il faut dire que l’affaire Anselme m’a particulièrement touché pour plusieurs raisons que j’ai évoquées dans le livre. Donc j’étais prêt à aller loin pour immortaliser l’assassinat de cet enfant. J’ai aussi été beaucoup encouragé par les lecteurs depuis la publication de la première lettre, ce qui m’a fait comprendre que les Togolais ont plus que jamais besoin de porte-voix pour leurs drames. C’était ma grande source de motivation et j’y suis allé. Je pouvais faire un livre normal sous forme d’essai sur le sujet, mais je me suis dit que la forme de lettres ouvertes est beaucoup plus active, plus expressive, plus directe. Et cela a marché, vu le succès des lettres sur Internet et celui du livre depuis sa parution.

  1. FK : Avez-vous eu des échos que le Premier ministre est informé de votre initiative au final ?

D.K : Officiellement non. Mais j’ai eu quelques messages privés qui m’ont informé que les lettres se lisaient à la Primature. Ce qui est probable puisqu’elles étaient publiées dans les sites web les plus lus du Togo et reprises par plusieurs autres sites et blogs.

F.K : A-t-il eu le livre de votre part ?

D.K : J’ai promis dans une des lettres que je lui dédicacerai le livre dès la sortie. Le livre est sorti depuis le 15 avril passé mais je ne suis pas encore passé à Lomé pour la sortie officielle. Mais je compte y aller bientôt, et je chercherai une adresse où lui donner son exemplaire, comme il n’est plus à la Primature.

F.K : Comment la famille d’Anselme a accueilli l’édition de ce livre ?

D.K : Quand je publiais les lettres, un internaute togolais m’avait écrit, se présentant comme l’oncle d’Anselme à Dapaong. Il m’avait dit être très ému par ma démarche et avait promis de faire lire les lettres à tous les membres de sa famille. Depuis la sortie du livre, il y a beaucoup d’internautes de Dapaong qui m’ont écrit pour me signifier leur gratitude. C’est très encourageant. Mais j’irai sur les traces de la famille d’Anselme quand je serai au Togo, parce que mon projet avec ce jeune martyr ne va pas s’arrêter au livre. Je compte mettre sur pied dans l’avenir un Prix « Anselme Sinandaré » qui récompensera les meilleurs élèves des collèges togolais chaque année. Je le ferai donc en collaboration avec sa famille.

  1. K : Vous saviez que le Premier ministre n’allait pas réagir, alors quels objectifs poursuivez-vous à travers une telle action ?

D.K : Disons que je n’écrivais pas les lettres pour que le Premier ministre réagisse. Je l’ai écrit dans le livre, j’étais même presque convaincu qu’il ne lirait même pas une seule de ces lettres. Mais je les ai écrites et publiées comme moyen de preuve pour montrer que quand nous parlons d’impunité au Togo, ce n’est pas une vaine digression. Ces lettres sont la preuve même de l’impunité qui a toujours régné au Togo.

F.K : Avec cet hommage que vous rendez à votre frère togolais Anselme comment vous sentez-vous ?

D.K : Ce sont les réactions qui me viennent des Togolais sur le livre qui me rendent très fier et satisfait. J’ai eu des centaines de messages pour me féliciter et demander à ce que cette action continue pour d’autres cas. Vous savez très bien, chère Fabbi, que nous avons enregistré des milliers de martyrs dans ce pays, mais personne n’écrit sur eux. Même notre plus grand martyr, le seul président démocratiquement élu du Togo, Sylvanus Olympio, des livres sur lui sont inexistants. C’est si déplorable. Je salue par cette occasion le récent livre du journaliste Zeus Aziadouvo qui porte sur Sylvanus Olympio.

  1. K : Où trouver le livre ?

D.K : Chez l’éditeur AWOUDY à Adidogomé, au centre culturel Mytro Nunya, Adidogomé à 1 500 FCFA, et dans les librairies du Togo à 2000 FCFA. Il atteindra bientôt les autres pays et continents et sera disponible sur Internet.

F.K : Quelle lecture faites-vous de la dernière élection présidentielle et quel avenir pour le Togo ?

D.K : Une honte, cette élection. C’est tout ce que j’ai à dire. Une honte. Rien ne leur reste plus maintenant, à ces goujats et leur soldatesque brute ayant confisqué le Togo. Rien, même une petite trace de dignité et d’honneur ne leur reste, sinon, la honte d’eux-mêmes les aurait déjà forcés à rentrer sous terre, mais bof… Pour l’avenir de notre pays, nous n’avons pas le choix, nous restons optimistes et continuons la lutte chacun dans la mesure de ses moyens. Nous réussirons. Parce que nous devons sauver notre pays de cette honteuse dictature, l’une des plus hideuses en Afrique, au monde.

 

 

 


Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :