Aimée Abra Tenu : « Notre rêve, dans 5 ans c’est de voir zéro sachet plastique trainer dans les rues »…

5 07 2015
photo Andréa Magnim

photo Andréa Magnim

Aimée Tenu

Aimée Tenu

Fabbi kouassi : Comment est née l’idée de recycler les sachets de pure water ?

Aimée Abra Tenu : Nous avons été inspirés par la coopérative Gafreh du Burkina Faso. Ce sont des femmes qui tissent des sachets fins en mélangeant avec du fil de coton pour fabriquer des pagnes et par suite créer des objets de la vie courante. C’est fabuleux ce qu’elles font ! J’ai découvert cette initiative pendant un voyage au Burkina et à mon retour au Togo j’ai eu envie de contribuer à ma façon au recyclage mais je savais que ça allait être difficile de mobiliser des femmes pour faire ça car ici au Togo et surtout dans le sud nous ne sommes pas des tisserands. Alors j’ai décidé d’utiliser des sachets de Pure Water que j’ai cousu ensemble avec la machine à coudre de ma mère. J’ai par la suite demandé à un tapissier du quartier de m’aider et il a cousu un sac à dos. Zam-Ké était né ! 

 

Fabbi Kouassi : Décrivez-nous le processus de recyclage de ces sachets ou Zam-Ké?

Aimée Abra Tenu : Nous travaillons avec un groupe de femmes que nous avons sélectionnées au préalable  qui récoltent les sachets Pure Water, les lavent, les sèchent  et les découpent avant de nous les apporter. Nous rachetons les sachets pour 4f CFA l’unité, elles doivent nous en apporter 2 000 pour avoir 8 000f CFA. Si elles nous en ramènent 5 fois dans le mois elles peuvent gagner 40 000f CFA.

 

Fabbi Kouassi : Sur le podium du T des médias  4èm édition, les journalistes ont défilé avec vos produits : habits, gilets, sacs, valises  tout ceci à base des sachets d’eau, quels objectifs poursuivez-vous par ces créations et ces recyclages ?

Aimée Abra Tenu : C’était un réel challenge, nous voulons montrer à la population Togolaise qu’il est possible de créer, fabriquer des choses formidables et utiles dans la vie courante à partir de « ces déchets ». Notre rêve, dans 5 ans c’est de voir 0 sachet plastique trainer dans les rues parce que les Togolais auront compris qu’il y a une initiative locale  à encourager et eux même ils accepteront de nous apporter directement les sachets.

 

Fabbi Kouassi : Une façon pour vous de contribuer à la lutte pour un environnement sain ?

 

Aimée Abra Tenu : Oui exactement, Zam-Ké est une initiative pour lutter pour un environnement sain et sur le long terme nous voulons changer les comportements des Togolais face aux déchets et les sensibiliser à la protection de l’environnement.

 

Fabbi Kouassi : En plus des sachets d’eau recyclez-vous d’autres objets ?

 

Aimée Abra Tenu : Zam-Ké signifie « utilise-moi encore » en mina. Pour l’instant nous recyclons les sachets Pure Water et aussi des bâches publicitaires mais nous restons ouvert à d’autres idées. Il y a encore beaucoup d’autres types de plastiques qui polluent et qui mériteraient d’être réutilisés. Egalement dans notre ViViFruits Bar qui est basé à Kpalimé toute la décoration a été faite à partir de matériel récupéré. Par exemple nos sièges sont faits en palettes et les tables en pneus récupérés …

 

Fabbi Kouassi : Aimée vous êtes la présidente de l’association STEJ comment se porte-t-elle et quels sont vos différents programmes novateurs ?

 

Aimée Abra Tenu : Nous sommes dans la quinzième année de l’ONG Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (STEJ Togo) ! Que d’années parcourues ! STEJ Togo se porte bien, cependant, elle peut aller mieux si nous arrivons à mobiliser plus de togolais à nos côtés. Cette année particulièrement, nous avons besoin de bénévoles, de matériels scolaires pour les enfants dont nous nous occupons. Nous avons également besoin d’argent pour payer les salaires des enseignants volontaires de l’Ecole Primaire Publique de Kouvé (Préfecture de l’AVE). STEJ Togo réussi à financer 40% de ses frais de fonctionnement grâce à Zam-Ké, ViViFruits (Jus, Cocktails et Sorbets aux fruits frais et Naturels du Togo) et Pomédi (savonnerie artisanale aux huiles végétales). Le budget s’élève à 150 000 frs CFA par mois. Nous espérons toucher le cœur de 20 togolais qui acceptent de parrainer le salaire des enseignants volontaires de Kouvé à 7500 frs CFA par mois. Nous espérons rencontrer un togolais qui accepte de parrainer la bourse vélo d’une fille de Kouvé qui doit se rendre à son collège qui est situé à 12km à pied de son village avec (5 000 frs CFA par mois)…  Nous espérons aussi qu’un lecteur de votre article acceptera de convaincre trois de ses amis et ensemble, ils parraineront la sortie de bibliothèque de rue pour les enfants à 4000 frs CFA par mois chacun. Pour les 15 ans de STEJ Togo, nous espérons vivement vous avoir tous à nos côtés.

 

Fabbi Kouassi : Vous avez été l’ambassadrice Vlisco, que retenir de votre mandat ?

Aimée Abra Tenu : Mon mandat d’Ambassadrice VLISCO m’a permis de concrétiser 4 projets de STEJ Togo ! VAC Togo a financé pour nous les démarches administratives pour l’obtention de cartes Nationales d’Identité pour 100 femmes ; quatre bourses universitaires Alodo à hauteur de 500 000 francs CFA chacune pour 3 étudiantes de L’UL et 1 de UK lauréates après sélection ; 400 prix Kits scolaires pour les élèves méritants des plateaux et a offert pour l’atelier Zam-Ké d’Agoè, une machine de maroquinerie professionnelle qui nous permet de faire de meilleures finitions à nos produits.

J’ai aussi découvert un monde de femme exceptionnelle, toutes engagées dans leurs diverses activités ! Toutes inspirantes ! Puis évidemment le monde la beauté de la femme africaine…je suis de nature pas « très chichi » cependant, je garde de beaux souvenirs des belles tenues en VLISCO lors de shoot photo !

 

Fabbi Kouassi : Comment se porte le programme de bourse,  Alodo ?

Aimée Abra Tenu : Le Programme de Bourse Alodo a offert 6 bourses cette année académique dont les 4 bourses du Mois de la Femme. Les boursières suivent 1 fois par semaine des formations diverses en leadership, développement personnels etc. L’équipe du programme Alodo est en négociation avec les partenaires pour l’obtention des stages pour les boursières. Les candidatures pour l’année académique 2015 2016 va être lancée dès la fin de l’année en cours. Comme toute initiative togolaise, le programme de Bourse Alodo a besoin d’autres togolais pour prêter mains fortes à sa réussite.


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