Togo, 60 ans d’indépendance, un bilan d’échec.

30 04 2020

le Togo commémore les 60 ans de son accession à la souveraineté internationale.

« Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? La nuit est longue mais le jour vient », c’est par cette formule d’espoir devenue légendaire et populaire que  le père de l’indépendance Sylvanus Olympio proclama l’indépendance du Togo, petit pays côtier d‘Afrique de l’ouest coincé entre le Bénin, le Burkina et le Ghana,  tour à tour condominium franco-britannique puis protectorat français.

Trois ans après, le 13 janvier 1963, Sylvanus Olympio fut assassiné dans un putsh commandité par la France. Son crime, vouloir doter le Togo de sa  monnaie.

60 ans après, le Togo reste plonger dans l’obscurité avec une même famille au pouvoir depuis 54 ans.

1960, reste l’année des indépendances pour la majorité des pays d’Afrique. Au plan de développement  social, économique, culturel, politique certains pays s’en sortent mieux que d’autres. Le Togo semble être à la traine et le combat pour la conquête des espaces  de liberté reste entier, les politiques de  développement sur tous les plans sont à repenser.

Ne serait-ce que dans l’espace Cedeao auquel le Togo est parti, aucune comparaison n’est possible d’avec le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigéria, trio qui constitue la locomotive dans l’espace communautaire. Même les pays moyennement avancés comme le Bénin, le Burkina-Faso sont bien en avance sur ce qui était censé devenir la Suisse de l’Afrique ou l’or de l’humanité comme l’ont rêvé et planifié les pères fondateurs.

L’objet de ces quelques lignes n’est pas de faire un procès au régime en place mais d’établir cet amer  constat. On peut vouloir se maintenir au pouvoir par tous  les moyens et aimer son pays ; nourrir des rêves et des projets pour le bien-être des citoyens.

Dans le cas du Togo de ces 54 dernières années, il n‘en est rien.

Violences d’états inouïes  contre les citoyens avec son cortège  de morts et de mutilés.

La dilapidation des ressources du pays pour le plaisir de la minorité au pouvoir. Faure Gnassingbé en remplacement de son père à la tête du Togo reconnait lui-même qu’une minorité s’est accaparée des richesses du pays sans prendre de dispositions pour une quelconque  redistribution équitable entre les filles et fils du pays et ce durant  trois  mandats consommés et consumés pour un bilan de désolation.

Pays pourtant riche entre autres, de son port en eau profonde, de son phosphate dont il est 3em producteur mondial, de son clinker, de son marbre, de son fer, de son or et de son pétrole à en croire certaines indiscrétions.  Mais  après 60 ans d‘indépendance pas un seul hôpital digne de nom, les infrastructures routières rafistolées, l’éducation délaissée, la culture oubliée, le tissu social en lambeaux.

Un pays aux commandes de dirigeants pour la plupart plus riches que l’Etat et qui se sont érigés en ennemi public numéro 1 de leurs propres concitoyens.

60 ans après, tout est à faire. La liberté, la justice. La réelle indépendance à reconquérir. Celle du Togo n’est que de façade. La France est toujours l’architecte du statuquo depuis plus d’un demi-siècle.

 


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