Projet Sun plazza, entretien exclusif avec l’ancien député Tchagnao Ouro Akpo, conseiller municipal à la mairie de Sokodé.

23 10 2020

Pour rappel, le Sun Plazza, est un projet d’un ensemble commercial à Sokodé (en région centrale du Togo), avec trois petites et moyennes agro-industries, un centre d’incubateur pour les Start up, une micro clinique ambulatoire dotée d’un laboratoire modulaire d’analyses médicales comprenant une Radiologie avec Scanner, Echographie, RX, Ophtalmologie, et Dentaire, ainsi qu’un data center de 300 baies de niveau de sécurité.

Un riche et édifiant entretien. Bonne lecture.

Aviez-vous entendu parler du projet Sun Plazza en votre qualité de conseiller municipal à la mairie de Sokodé, région qui va abriter le projet ?

Tchagnao Ouro Akpo (TOA) : J’ai eu connaissance du projet par un hasard, en ce sens qu’un jour c’était au cours d’une séance à la mairie après la prise de service du nouveau maire. Le premier étant décédé. Lorsque le second a pris fonction on était en séance de la préparation de la deuxième session quand il a reçu un coup de fil de la part de l’ancien président de la délégation spéciale monsieur Tchapkédéou qui était venu à Lomé dans le cadre du suivi de ce projet qui selon lui, il avait lancé quand il était encore président de la délégation spéciale.

Juste après le coup de fil il nous rendait compte et tout le monde était surpris que le président de la délégation spéciale qui a été déchargé de ses fonctions de maire après les élections locales se trouve encore être celui-là qui doit faire le suivi d’un dossier qu’il avait parrainé. C’était une surprise et on voulait savoir concrètement ce qui se passe, malheureusement le nouveau maire monsieur Ahini Makana Korodowou ne savait pratiquement rien. Il n’avait aucune information. Donc, nous lui avons dit de chercher à avoir plus d’information et à la prochaine session il va nous donner les détails. Malheureusement l’affaire a été rendue publique par voie de presse avant notre deuxième session qui a eu lieu la semaine dernière.

Ce qui pose un problème de gestion ou de fonctionnement au niveau de la mairie ?

TOA : oui effectivement, parce que le nouveau maire même a été surpris et ahuri de savoir qu’il y a quelqu’un d’autre qui n’est même plus en fonction qui fait le suivi d’un dossier qui a été déposé il y a de cela deux ou trois ans. C’est vraiment ahurissant mais on a cherché à comprendre au juste de quoi il s’agit. Lui aussi sincèrement sans vous mentir il n’avait pas d’informations et on a senti qu’il était sincère et tout ce qu’on attendait de lui c’est de chercher des informations mais nous avions compris qu’il ne savait pas concrètement ce qui se passait. Parce qu’un dossier de cette envergure ne peut pas être traité sous silence, à travers un groupe qui semble être un peu mafieux. Excusez-moi le terme parce qu’un dossier pareil ne peut pas être traité de cette façon. Donc ça avait l’air de quelque chose de mafieux et il avait peur et nous savions qu’il ne s’est pas passé quelque chose avec l’ancien maire qui est décédé, je ne voudrais pas aller dans certains détails mais le nouveau maire était un peu perplexe.

Vous l’auriez su que vous auriez pu interroger le maire défunt ?

TOA : Si on avait su on aurait posé la question au maire défunt. parce que notre rôle de conseiller qui se trouve être les représentants de la localité c’est notre devoir de savoir ce qui se passe, ce qui se trame dans l’intérêt de la population malheureusement il n’est plus , on suppose qu’on ne peut plus se permettre de le juger, qu’est ce qui s’est passé réellement, personne ne peut savoir sauf que ceux qui sont encore vivants  ne se prêtent pas au jeu de la clarté, au jeu de la reddition des comptes au jeu de la transparence, malheureusement et nous sommes tous dans l’embarras.

Après avoir parcouru l’interview de monsieur Sylvain Sasse, le promoteur du projet quelles sont vos impressions ?

TOA : En réalité je suis impressionné par la témérité, l’engagement et surtout la détermination du promoteur parce qu’il a été clair par rapport à tout ce qu’il a fait pour que ce projet puisse aboutir dans un laps de temps pour l’intérêt du peuple togolais. Il y avait une question insidieuse du préfet qui voulait créer un problème qui n’existait pas en lui demandant pourquoi lui il est du sud, il vient faire un projet dans la région centrale ou du nord, j’ai été vraiment ahuri. J’ai compris, comme on le dit dans notre langage que le chien ne change jamais sa façon de s’asseoir.  Mais j’ai été impressionné par son engagement, sa capacité à réaliser un objectif qu’il s’est donné. Je tiens sincèrement à le féliciter à le remercier mais par la suite je n’ai pas été surpris. Comme le chien ne change pas sa manière de s’asseoir ça veut dire que ceux-là qui sont à la tête de nos institutions, de nos localités, de notre pays, ne sont  pas mus par la volonté de réaliser des choses pour l’intérêt général ça veut dire qu’ils sont là pour défendre le pouvoir coute que coute. L’intérêt général ce n’est pas leur problème et c’est ce qui transcende le travail des uns et des autres c’est pour ça qu’au départ je n’ai pas été surpris lorsque j’ai entendu cela mais j’ai reçu un choc. Malheureusement c’est ça la réalité au Togo.

Qui aurait intérêt à ce que ce projet aux multiples avantages ne puisse voir le jour ?

TOA : Vous savez, c’est ce que je disais que le dossier est traité comme si le groupe qui traitait le dossier est un groupe mafieux. A partir de cet instant les intérêts sont multiformes et j’ai cru entendre selon l’interview du promoteur du projet, monsieur Sasse que des gens attendaient la nomination d’un ambassadeur pour que le dossier soit financé par des qatariens ou d’autres, donc, ça sent un double financement ça sent de l’escroquerie. On veut détourner le projet, le faire financer par d’autres. Je ne veux pas prêter des intentions aux gens parce que jusqu’ici ils n’ont pas encore parlé mais cela semble vraiment difficile à comprendre. Surtout que c’est des gens pendant longtemps qu’on a cru ou qu’on a supposé qu’ils défendent les intérêts de la population de Tchaoudjo.

Comment expliquer de telles postures devenues de fâcheuses habitudes ?

TOA : Moi-même j’ai été victime. Je vais vous faire une confidence. Quand l’ancien maire, le maire défunt, était allé au Vietnam ou je ne sais où en ce moment j’étais au Maroc. Quand j’étais député j’ai eu la chance de rencontrer certaines personnalités marocaines donc je leur ai vanté un certain nombre d’atouts par rapport à Sokodé, la région centrale, une région à 90, 95% islamisée et musulmane qui présente beaucoup d’avantages. Donc j’étais entrain de négocier un projet mais malheureusement quand tu veux approcher nos frères qu’on appelle les cadres tout de suite vous sentez qu’il y a une barrière et vous êtes abandonnés à vous-même. c’était l’une des raisons pour  laquelle je me battais sérieusement pour avoir ne serait-ce que la majorité aux élections locales, municipales pourquoi pas avoir l’honneur de prendre la mairie de Sokodé parce qu’il y a certains de nos frères qui sont aussi à l’étranger qui ont des projets pareils mais vous avez dit, l’habitude de la maison fait que toute personne qui n’est pas togolais à part entière par rapport à ces engagements politiques, par rapport à l’idéologie qu’ils défendent c’est que la porte n’est pas ouverte et ça fait partie des habitudes c’est pour ça que nous nous battons pour que cette situation un jour finisse pour permettre à tous les togolais de bénéficier des avantages et tous les atouts socio-économiques de notre pays

Quelles analyses faites-vous des attitudes du commissaire Adoyi et sa suite qui ont fait feu de tout bois pour bloquer l’évolution du dossier ?

TOA : Vous me posez une question difficile à laquelle je ne suis pas sûr d’avoir la réponse. Sincèrement je n’arrive pas à comprendre parce que le commissaire Adoyi nonobstant tout ce qu’on a dit sur lui c’est quelqu’un qui me paraissait honnête. Quand j’étais étudiant jusqu’à un certain moment c’étaient des personnalités de référence et dans beaucoup de choses j’ai eu à l’approcher et j’ai eu à discuter avec lui, j’avais un ami qui travaillait aux impôts, un certain Affoh qui était son collaborateur et chaque fois que je rendais visite à cet ami on échangeait, je n’ai jamais pensé que c’est quelqu’un qui n’est pas prêt à défendre les intérêts de la population de Tchaoudjo je n’ai jamais eu cette idée et c’est pour ça que je me pose des questions je voudrais savoir concrètement qu’est ce qui s’est passé était-il sous pression sincèrement c’est très difficile pour moi de porter un jugement sur sa personnalité.

Seriez-vous disposé à apporter votre pierre pour la mise en œuvre dudit projet une fois la voie balisée ?

TOA : C’est avec honneur et c’est avec beaucoup de volonté que je vais le faire, d’ailleurs lorsque le projet sera ramené dans les escarcelles de la mairie étant donné que je suis conseiller municipal de la localité ce sera avec beaucoup d’audace que nous allons chercher à comprendre et même à pousser ce projet parce que c’est un projet futuriste, c’est un projet qui rentre dans la vision que nous défendons par rapport au développement socioéconomique du Togo et ça vous ne pouvez pas imaginer parce que quand j’ai lu l’interview et par rapport à la vision de la chose que j’ai et par rapport au projet que je suis entrain de défendre avec la mairie de Casablanca au Maroc je pense que ce serait avec beaucoup d’honneur, beaucoup de bonheur et beaucoup de patriotisme que nous allons le faire.


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