Faure Gnassingbé dans sa réponse à Jean Pierre Fabre, confirme qu’il est resté dans son monde.

1 03 2014

images« Rester dans son monde » veut dire ne penser qu’à soi-même. Cette attitude est caractérisée par une tendance à ramener tout à soi, à se focaliser principalement sur son intérêt propre et à considérer son opinion comme la plus importante. Ces genres de personnes sont tellement dans leur monde qu’ils ne peuvent pas comprendre les avis de leur entourage ce qui est perçu comme du » je – me – moi « . La marque des égocentristes en somme. Les togolais se  retrouvent face un tableau similaire qui confirme davantage que la minorité qui dirige de force le pays est dans un égocentrisme pathologique. Un petit retour sur cette correspondance entre Jean Pierre Fabre le président de l’ANC et Faure Gnassingbé le Chef de l’Etat. Le premier demande grosso modo au second de prendre des dispositions pour que des discussions s’ouvrent dans les meilleurs délais sur la question des éternelles réformes à faire avant l’échéance de 2015. Dans sa réponse le plus « Faure » des togolais demande  plutôt à la classe politique de mener ses réformes au sein du parlement. Le drible de Faure qui révèle ses réelles intentions et qui insulte l’intelligence des togolais.

Qui ne connait pas le Togo comme étant une dynastie penserait naïvement que ce pays fonctionne selon le crédo démocratique.

Qui ne connait pas le Togo penserait que les élections se font de façon civilisée où les vaincus félicitent les vainqueurs, alors que le Togo est en mode holdup  électoral à chaque scrutin.

Qui ne connait pas le Togo penserait que la composition de l’actuel parlement reflète véritablement la volonté du peuple souverain.

Qui ne connait pas le Togo penserait que Faure Gnassingbé et Eyadema Gnassingbé n’ont aucun lien de parenté, et même si tel était le cas,  le fils aurait dû succéder au père dans les conditions normales d’accession au pouvoir, or il s’est retrouvé Chef de l’Etat, grâce au braquage des institutions par l’armée. Une attitude anti républicaine.

Qui ne connait pas le Togo, en analysant la réponse de monsieur Faure Gnassingbé à Monsieur Jean Pierre Fabre penserait que c’est un homme d’état moderne qui laisse chaque institution jouée pleinement son rôle comme la démocratie le recommande.

Détrompez-vous, le Togo est bien loin d’être un pays moderne avec des institutions fortes comme l’a souhaité le président américain Barack Obama pour ces pays africains à la traîne.

Au Togo, les élections sont vidées depuis belle lurette de leur sens et quintessence. Elles sont devenues une promenade de santé et une trouvaille pour les plus « Faure » armés jusqu’aux dents et assis sur un trésor de guerre, d’être des éternels vainqueurs frauduleux.

Revenons à la petite histoire de cette chanson, réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Voila, un Faure Gnassingbé qui capte le fauteuil présidentiel à la mort de son dictateur de père dans un torrent de sang. Pour se faire un visage humain et avoir une once de crédibilité, il était contraint d’accepter des discussions avec ses adversaires politiques, discussions qui devront permettre de redonner force à certains fondamentaux de la République bien atypiquement Gnassingbé.

A l’issue de ces houleuses discussions, est né l’Accord Politique Global (APG) signé en aout 2006 qui contient le minimum de tout ce que ce régime bien têtu peut néanmoins faire pour donner une image plus humaine et fréquentable du petit Togo après les presque 40 ans de règne de Gnassingbé père.

En effet, depuis aout 2006 que Faure Gnassingbé et ses acolytes sont tenus d’appliquer les décisions de l’APG notamment conduire progressivement le pays aux réformes histoire de baliser le terrain pour une possible alternance, le rêve de la majorité des togolais, le fils du père conformément aux habitudes de la  maison tourne et la très docile opposition togolaise et la très complice communauté internationale en bourrique.

Le gouvernement d’union qu’a dirigé dans le temps maitre Yaovi Agboyibo qui devrait servir d’application à l’APG, est devenu un gouvernement de mission chargé d’organiser des législatives de 2007 tout aussi frauduleuses comme d’ailleurs tout rendez vous électoral sous les Gnassingbé.

Après le fils d’Eyadema crée le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC),  multiplie ce machin en plusieurs versions pour jouer le chrono, dont la rénovée qui aurait travaillé sur ces fameuses réformes. Au temps du CPDC toutes versions, le parlement même décapité des députés ANC était bien en place et en ce temps Faure Gnassingbé sous la pression de l’opposition n’a pas réussi à y emmener la question des réformes puisque la fameuse assemblée nationale dominée par les députés « de la race arienne du Togo » ferait tout pour aboutir à  des conclusions à la gloire du fils et du parti.

C’est une escroquerie morale quand Faure Gnassingbé écrit dans sa correspondance  que «  le peuple togolais a aujourd’hui l’avantage de disposer d’une Assemblée nationale où les principaux courants politiques sont représentés. » avant d’ajouter qu’elle est, «  le cadre le plus indiqué pour débattre utilement des réformes envisagées  conformément à l’esprit de l’Accord Politique global».

Même avec une nouvelle législature la donne n’a pas changé puisque l’actuelle assemblée est issue de la fraude grandeur nature du 25 juillet 2013, où le parti de Faure Gnassingbé dans le truquage hors série a failli se retrouver au dessus même de la large majorité. C’est dans cette bouillabaisse que le numéro un togolais en toute malhonnêteté veut renvoyer dans un parlement bien taillé les discussions sur des réformes qu’il a refusé intentionnellement d’opérer depuis bientôt 10 ans et depuis son triple putsch, constitutionnel, institutionnel et électoral  à la tête du pays.

En plus à la veille des dernières législatives, la classe politique à discuter des conditions minimas avant d’aller aux élections. Ces discussions présidées par Monseigneur Nicodème Barrigah de la CVJR devraient être poursuivies juste après les joutes électorales. Presque huit mois après, aucune suite n’est donné à ce cadre d’avant élection. Le bon sens voudrait qu’on interpella Monseigneur pour sauver les meubles au lieu de brandir la cadre pacotille du parlement pour narguer davantage les togolais.

L’ivoirien rétorquerait on est où là ?

L’opinion togolaise ne devrait guère s’étonner de la réponse égocentriste réservée à la lettre de monsieur Fabre puisqu’elle confirme que le régime togolais reste irrécupérable et imperturbable quant au refus catégorique et systématique de s’ouvrir à la modernité, à la transparence et à l’élégance.

Le président sénégalais Macky Sall ramènerait le mandat présidentiel même à trois ans renouvelable une seule fois que son homologue du Togo, userait de tout  pour le réviser à dix ans renouvelable une énième de fois. Ainsi va le gnassingbéland, un pays totalement unique et nocif à l’Afrique.

En ce siècle de clairvoyance s’obstiner dans une stratégie du pouvoir éternel reste suicidaire pour Faure, sa suite et tout le peuple togolais. Tant que ce régime ne va pas intégrer qu’un jour il doit quitter le pouvoir, le Togo n’est pas à l’abri des syndromes ivoirien, centrafricain ou même rwandais. La fameuse communauté internationale soutien de la dictature cinquantenaire habituée à jouer les médecins après la mort et les pompiers est de nouveau avertie.

Le refus de l’alternance conduit toujours les peuples vers des lendemains incertains mais seuls les leaders éclairés et justes arrivent à éviter le pire à leurs concitoyens. Sur ce registre les togolais sont bien mal barrés.

Le positif dans tout ce cirque est que les lettres de messieurs Fabre et Gnassingbé  ont le mérite de situer de nouveau l’opinion nationale sur les réelles intentions de ce régime qui préfère se cacher derrière des institutions taillées sur mesure, des élections truquées pour se donner une carapace de démocratie et un profil de pays normal.

Voilà l’opposition de nouveau face à ses responsabilités. Cette opposition dont certains acteurs continuent de rêver que le régime parce qu’il aurait un « homme nouveau, un esprit nouveau » aux commandes comprenne dorénavant que le siècle de modernité dans lequel nous évoluons est antinomique aux  régimes sans foi ni loi. Une véritable  fausse lecture, Faure Gnassingbé vient de le prouver avec sa  lettre du 25 février 2014 à Jean Pierre Fabre. Ces leaders politiques qui s’accrochent à une stratégie électoraliste qui est un échec cuisant à l’avance doivent se raviser s’ils aiment le peuple togolais pour qui et au nom de qui ils prétendent lutter.

Continuer à accompagner un tel régime, dans ses folies destructrices pour toute la nation,  avec des méthodes inappropriées, des stratégies à l’a peu près est tout aussi un crime contre l’humanité que la désolation que sème le régime togolais.

Monsieur Jean Pierre Fabre dans son « manteau encombrant » de leader de l’opposition au regard même de la complexité de ce conglomérat, doit comprendre davantage qu’il faut tout repenser face à ce « Galbatorix », ce personnage tyrannique de fiction dans les livres de Christopher Paolini, dans une dictature féroce vieille de 50 ans qui a tout et qui a le soutien de tous les réseaux mafieux du monde. Certains togolais ont sans doute raison de penser que même le soutien du bon Dieu  est acquis à la monarchie.

Mais au finish ce régime héréditaire fait beaucoup plus pitié. Vraiment malheureux et dommage que le bien, le bon, le beau ne soit pas l’apanage,  des gens qui s’imposent la charge de diriger un pays. Hérodote ne croit pas si bien dire en affirmant, « qu’il vaut mieux donner envie que pitié».

 

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